A l’approche de Saint-Vulbas, dans l’Ain, impossible de manquer ces gros nuages de fumée blanche qui s’échappent des quatre cheminées de la centrale nucléaire du Bugey. Elles crachent à nouveau la vapeur d’eau générée par le réacteur 5, après presque deux ans d’arrêt et un manque à gagner monumental pour EDF : un million d’euros par jour, soit près de 700 millions au total !

Tout commence en 2011 lors de la troisième visite décennale de la très sérieuse Autorité de sûreté nucléaire (ASN) : le débit de fuite d’eau radioactive (tritium, produits de fission, bore…) mesuré lors de l'épreuve d'étanchéité de l'enceinte de confinement (un imposant bloc de béton qui renferme le cœur du réacteur) frôle la valeur maximale admissible. Le gendarme du nucléaire décide d'imposer à l’exploitant, EDF, une épreuve d'étanchéité intermédiaire. Autrement dit de ne pas attendre 10 ans de plus pour tester de nouveau l’équipement. Elle est réalisée en août 2015, lors d'un arrêt programmé du réacteur. Mauvaise surprise : le taux de fuite a encore augmenté [voir le document ci-dessous].

 

EDF doit proposer un plan d’action, sinon son réacteur ne redémarrera pas. Mais trouver l’origine du trou, de la taille d’une tête d’aiguille, s’avère complexe : « Les premières investigations n’allaient pas dans le sens que l’on souhaitait », indique Olivier Veyret, adjoint au chef de la division de Lyon de l'ASN. Plusieurs mois s’écoulent avant que le défaut d’étanchéité soit localisé (dans « le radier », la dalle de béton située sous le . . .

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