Saint-Nazaire : l’eau qu’on croyait si pure polluée aux pesticides

Dans l'aggomération de Saint-Nazaire, l’eau du robinet provient pour moitié de la nappe de Campbon. Cette nappe phréatique est réputée si pure que l’eau est à peine filtrée et que la marque Cristaline l’utilise pour remplir ses bouteilles. Mais des données nouvelles, que dévoile Mediacités, montrent qu’on y trouve pourtant de nombreuses traces de pesticides.

Camion Cristaline
Un camion de livraison de la marque Cristaline, qui puise une partie de l’eau qu’elle embouteille dans la nappe de Campbon. / Photo : Julie Reux

Entre Nantes et Saint-Nazaire, sous les prés bucoliques se cache l’un des trésors naturels du territoire : la nappe de Campbon, une réserve d’eau souterraine qui alimente en eau potable l’agglomération de Saint-Nazaire et au-delà. Une source à laquelle puise la marque Cristaline pour remplir une – petite – partie de ses millions de bouteilles vendues en France. 100 millions de mètres cubes d’une eau réputée pure. Jusque là, en tout cas.                       

Car les données publiques, décortiquées par l’antenne vannetaise de l'association Eau et Rivières de Bretagne (ERB), démontrent que l’eau de Campbon est loin d’être aussi préservée qu’on le croyait jusqu’alors. Certes, la nappe conserve son point fort : son absence de nitrates, liée à la présence de pyrite, une roche qui filtre naturellement cette substance ce qui, vu de Bretagne, est déjà extraordinaire. Mais ce que l’on ignorait jusqu’alors, c’est que l’eau de Campbon regorge de pesticides.

Les résultats sont sans appel : 534 substances

Notre survie dépend de vous

Un journalisme local indépendant, sans publicité, avec chaque semaine des enquêtes introuvables ailleurs : voilà ce que vous propose Mediacités. Aujourd’hui, plus de 5 300 abonnés soutiennent notre travail. Mais ce n’est pas suffisant : nous recherchons 2 000 abonnés d’ici la fin 2022 pour continuer à enquêter. En vous abonnant aujourd’hui, dès 7 euros par mois, vous pouvez faire la différence.
Je m’abonne

  • Accès aux 4 éditions de Mediacités (Lille, Lyon, Nantes et Toulouse)
  • 100 % indépendant, avec 0 % de publicité
  • Résiliation facile à tout moment

Publié le

Modifié le

Temps de lecture : 6 minutes

Par Julie Reux