Près de Saint-Nazaire, l’usine Yara pollue impunément depuis une décennie

A Montoir-de-Bretagne, l’usine chimique de la multinationale norvégienne Yara rejette depuis au moins douze ans des effluents d’azote et de phosphore directement dans l’estuaire de la Loire. Sans que les nombreux rappels à l’ordre de la préfecture ne soient suivis de sanctions.

Dessin Yara ok
Malgré les mises en demeure de l’Etat, l’usine Yara de Montoir-de-Bretagne pollue la Loire impunément depuis une décennie. / Illustration : Jean-Paul Van Der Elst

Le hasard a parfois de ces pirouettes… Jeudi dernier, au moment précis où nous bouclions cette enquête, un incident survenait dans une usine de Montoir-de-Bretagne, d’où s’échappait, cinq minutes durant, un inquiétant nuage rouge d’oxyde d’azote. Jusqu’à présent, cette installation n’avait que rarement fait parler d’elle publiquement. Son nom, d’ailleurs, ne vous dira peut-être rien. Yara, pour qui ne parle pas le vieux norrois des Vikings, provient de « Jardar », qui signifie « bonne moisson ».    

Née en Norvège, la multinationale, présente dans 60 pays aux quatre coins du globe, est l’un des leaders mondiaux de la production de fertilisants agricoles. En 2017, elle a réalisé un chiffre d’affaire de près de 10 milliards d’euros pour un résultat net de 410 millions d’euros. En France, elle compte trois usines, dont une, donc, à Montoir-de-Bretagne, juste à côté de Saint-Nazaire, à une cinquantaine de kilomètres de Nantes.           

Là, à l’embouchure de . . .

Notre survie dépend de vous

Un journalisme local indépendant, sans publicité, avec chaque semaine des enquêtes introuvables ailleurs : voilà ce que vous propose Mediacités. Aujourd’hui, plus de 5 300 abonnés soutiennent notre travail. Mais ce n’est pas suffisant : nous recherchons 2 000 abonnés d’ici la fin 2022 pour continuer à enquêter. En vous abonnant aujourd’hui, dès 3 euros par mois, vous pouvez faire la différence.
Je m’abonne

  • Accès aux 4 éditions de Mediacités (Lille, Lyon, Nantes et Toulouse)
  • 100 % indépendant, avec 0 % de publicité
  • Résiliation facile à tout moment

Publié le

Temps de lecture : 8 minutes

Par David Prochasson