«Nous y sommes ! Nous vivons dans les hôpitaux de province les difficultés vécues depuis plusieurs années dans les hôpitaux parisiens », constate Olivier Terrien, aide-soignant et secrétaire général CGT au CHU de Nantes. La semaine dernière, deux lits ont fermé en réanimation pédiatrique (sur les douze que compte la région entière), dix en neurochirurgie fin septembre, 24 à l’EHPAD de Pirmil (fermés entre fin 2019 et septembre 2020) et encore 66 autres à l'EHPAD de La Seilleraye en 2019. « Les 66 chambres doubles y ont été transformées en chambres simples pour donner plus de confort aux personnes âgées hospitalisées. Ok. Mais où met-on les autres ? », interroge Stéphane Naulleau, infirmier de bloc et secrétaire général FO.

A chaque fois, le scénario est le même : ces fermetures sont rendues inéluctables à cause de sous-effectifs importants en personnel, qu’il s’agisse d’infirmiers (IDE), d’aides-soignants (AS) ou d’agents de services hospitaliers (ASH) chargés de l’entretien. « Annoncer qu’on ferme des lits, c’est impopulaire, donc la direction organise les choses de façon à justifier ces fermetures par des problèmes de recrutement de personnels », lâche Olivier Terrien.

Cette pression constante rend les conditions de travail de ceux qui restent encore plus difficiles. Et conduit à un cercle vicieux. En 2019, l’absentéisme a atteint le record de 240 000 jours au CHU de Nantes, soit plus d’un mois d’arrêt par agent. « Globalement, il manque 1 400 postes d’IDE, AS et ASH sur l’ensemble du CHU », a calculé l'élu CGT. Aux arrêts de travail impondérables (maladie, maternité, Covid…), il faut ajouter les nombreux arrêts évitables pour burn-out et maladies professionnelles, impossibles à chiffrer.
« On n’arrive même plus à recruter ! »
Plannings refaits du jour au lendemain, rappel de personnels pendant leurs congés d’été, transferts inopinés . . .

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