«Comment les pesticides empoisonnent la Loire-Atlantique »... Il y a maintenant trois ans, c'est ainsi que nous avions titré le premier de nos articles consacrés à l'usage des produits phytosanitaires dans l'agriculture départementale. Et à leurs dangers pour l'environnement comme la santé humaine. Nous y révélions alors des chiffres inédits et étions restés abasourdis par le silence régnant autour du sujet. Depuis, les choses ont incontestablement changé.

Glyphosate, néo-nicotinoïdes, métam-sodium, folpel... Les Français se sont désormais familiarisés avec ces termes techniques et les produits qu'ils désignent. Leur dangerosité, réelle ou supposée, fait l'objet de débats politiques, aussi bien au niveau local que national. Tout comme les pratiques agricoles qui, bon an mal an, connaissent des évolutions majeures.

Bref, trois ans après notre première enquête, nous avons décidé de retourner sur le terrain pour observer ce qui avait changé, ou non, dans l'un des départements les plus consommateurs en produits chimiques : de l'évolution des mentalités à celle de la consommation de pesticides, en passant par le débat sur les zones d'épandage, le réveil des élus ou le tabou des maladies professionnelles. Une plongée en cinq épisodes, dont nous publions cette semaine les deux premiers volets.

 
ÉPISODE 1 : La fin explosive d'une longue omerta
 

- « Arrêtez de parler, vous ne connaissez rien au monde agricole ! »
- « Mais arrêtez de nous prendre pour des idiots ! On a Internet, on sait lire vous savez ! »
- « Un tweet, ce n’est pas de la science… »
- « Vous dites que vous nous nourrissez mais vous êtes en train de nous tuer ! »
- « Ce sont des incantations apocalyptiques qui alimentent l’agri-bashing. »
- « J’ai cru à un système qui nous a détruit. Aujourd’hui j’ai honte. Les pesticides ont écrabouillé ma vie. »
- « On ne peut rien prouver ! »

Voici, en très raccourci, un petit florilège des propos échangés pendant un débat des Coquelicots
« Nous voulons des Coquelicots »
Deux ans après sa création, le mouvement Coquelicot, lancé par le journaliste de Charlie-Hebdo, Fabrice Nicolino, s’est officiellement éteint le 12 septembre. Comme prévu. Une tentative de fédérer les groupes de Loire-Atlantique serait en train de naître. Mais entre-temps, les enthousiasmes locaux ont été quelque peu refroidis par le confinement et… les municipales. La « vague verte » a semble-t-il embarqué quelques militants Coquelicots - impossible de dire combien, aujourd’hui éparpillés dans les conseils municipaux.

C’est le cas, par exemple, de Nathalie Roussiès, ex-Coquelicot, décroissante, et désormais élue de la minorité au conseil municipal de Saint-Julien-de-Concelles. « Le soir du débat, explique-t-elle, j’ai compris que le problème va encore plus loin que l’omerta : c’est du déni. Les maraîchers remettent en cause l’id . . .

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