Une étendue de terre et de sable, dans un horizon mouvant constitué de trouées et autres talus. Par endroit, quelques portions de voies routières se dessinent déjà, recouvertes d’un bitume parfaitement lisse. Au sud-ouest de l'Île de Nantes, les travaux de terrassement du futur CHU de la ville apparaissent bien lancés. Malgré cette réalité qui se dessine sous leurs yeux, les opposants au transfert ne désarment pas. Et la découverte sous quelques mètres de sable, de deux bombes non explosées datant de la Seconde Guerre mondiale ne fait que renforcer leurs convictions. Comme leurs inquiétudes. 

« Dans ce sol potentiellement jonché d’engins explosifs, il est quand-même question de forer 2 600 pieux pour y poser les fondations du CHU », alerte Jean-Marie Ravier, représentant de l’association Gaéla, membre du collectif Stop au transfert du CHU de Nantes... Précisément 2 200 pieux, mesurant un mètre de diamètre, ancrés à une profondeur moyenne de 20 mètres. A ce stade, « seule la région Pays-de-La-Loire compte faire sonder le sol, notamment sur le plan pyrotechnique, pour la construction qui la concerne, à savoir le volet formation en santé du quartier hospitalo-universitaire (QHI) », s'étonne le chef d’entreprise à la retraite. Il s’en est d’ailleurs ouvert par écrit à Johanna Rolland, présidente de la métropole, et même au Premier ministre Jean Castex.

Un chantier pharaonique
Au-delà de cet épisode détonnant, le chantier du futur ensemble hospitalier ressemble à un défi à haut risque pour ses promoteurs : la métropole, qui a décidé de l’emplacement et cédé les terres ; mais aussi le CHU, en tant que maître d’ouvrage. Un risque lié tout d’abord à l’ampleur de la tâche. Ce transfert sur l'Île de Nantes s’annonce comme le plus important chantier hospitalier de France des prochaines années. Même si l’architecte-urbaniste Michel Cantal-Dupart lui confère plutôt « une envergure de clinique », le futur CHU se posera sur un terrain de 10,1 hectares. Sa surface totale de plancher est évaluée à 220 000 mètres carrés, répartis dans 13 bâtiments.

En phase de pointe, les travaux devraient mobiliser près de 1 . . .

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