C’était en plein confinement et il y avait urgence à permettre à tous les magasins fermés de continuer leur activité. Alors la Chambre de commerce Nantes Saint-Nazaire opte pour la l’option la plus simple, rapide et efficace à mettre en œuvre : celle de « Ma ville mon shopping », plateforme filiale de La Poste. Une solution clé en main, la même pour tous les territoires, prête à accueillir les commerçants qui le souhaitent pour y vendre leurs produits en click & collect ou en livraison. Pour eux, c’est à peu près gratuit : pas d’abonnement, une simple commission de 5,5 % sur leurs ventes. Dérisoire, comparé aux 15 % à 20 % prélevés sur Amazon.

D’un territoire à l’autre, la méthode de « Ma ville mon shopping » est souvent la même : « La collectivité prend en charge l’abonnement pour le commerçant, paye l’hébergement et la maintenance, le SAV, la mise en œuvre du service logistique et l’accompagnement du commerçant, détaille son fondateur Thierry Chardy. Pour une ville de 20 000 habitants, cela coûte 10 000 euros environ. » En Loire-Atlantique, chacun met la main à la poche : Nantes métropole surtout (300 000 euros), mais aussi la ville de Nantes (100 000 euros), le conseil régional, le conseil départemental et l’agglo de Saint-Nazaire (Carene). Au total, 635 000 euros.

La CCI crée cinq postes d’animateurs pour inciter les commerçants à s’inscrire et les aider à mettre en ligne leurs articles sur la plateforme. Elle organise aussi des formations par internet, lance une newsletter et une vaste campagne téléphonique. « Les 100 000 euros de la ville de Nantes versés l’automne dernier ont financé un plan de communication ambitieux qui a débouché sur 70% d’inscriptions de boutiques supplémentaires sur la plateforme », fait valoir l’adjoint au commerce, Gildas Salaün. Au final, pas moins de 2 200 enseignes référencées à ce jour - soit près du quart des commerces de Loire-Atlantique. Mais pour y faire quoi ? Pas grand-chose, en réalité.
« Aucun retour, ça ne sert à rien »
Six mois après le lancement de la plateforme, chaque commerçant y avait vendu en moyenne seulement 1,3 article. Aujourd’hui, « Ma ville mon shopping » ne communique plus sur ses chiffres de vente : « Ils relèvent du secret des affaires », justifie la direction de la communication de La Poste. Parmi la quinzaine . . .

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