« Qu'on se figure un biscuit de forme carrée, longue, aux bords découpés en festons arrondis, qui croque sous la dent sans s'émietter, qui fond dans la bouche en y laissant un goût exquis sans être trop prononcé » Vous l'avez ? C'est en ces mots que Louis Lefèvre-Utile, fils du fondateur de la biscuiterie nantaise LU, décrit son Petit Beurre qu’il crée en 1886. Un biscuit « vraiment français, vraiment breton, avec une pointe de sucre, un nuage de lait, un doigt de ce beurre succulent qui a valu à nos départements armoricains une renommée universelle ».

Cette popularité en France et à l’étranger, le Petit beurre la doit pourtant… aux Britanniques. Car il tire en fait son inspiration des biscuits secs anglais en vogue à la fin du XIXe siècle, vendus dans la boutique familiale des Lefèvre-Utile de la rue Boileau. Lorsqu’il prend la succession de ses parents, en 1883, Louis en vient à se dire qu'il vaudrait mieux fabriquer ce type de biscuit à domicile. LU, installé deux ans plus tard dans une ancienne filature le long de la Loire, met un point d'honneur à favoriser la production locale quand c'est possible, quitte à être plus cher que la concurrence.

Le lait et le beurre employés par l'entreprise arrivent alors de Bretagne, quand le sel provient principalement des bords de l’Atlantique. La farine est issue autant que possible de blé produit dans la région et moulu dans les Grands Moulins de la Loire. Le sucre, en revanche, est de canne. À deux pas de l’ancien port négrier de Nantes, LU s’approvisionnait encore dans les colonies françaises des Antilles. Ces ingrédients embaument les quartiers environnants de l'usine nantaise et réveillent les estomacs lorsqu'ils sont cuits dans les fours. En 1897, douze ans après le passage au . . .

L’info indépendante a une valeur

Les journalistes de Mediacités proposent chaque jour des enquêtes et analyses locales exclusives. Sans pub, seuls les abonnements financent notre travail. Aidez nous à renforcer notre indépendance.

Profitez de 24h d'accès gratuit pour lire cet article et tous les autres !

  • Lisez chaque semaine nos nouvelles enquêtes
  • Participez à nos investigations
  • Sans engagement. 60€/an ou 7€/mois

Avatar de Mathilde Doiezie
Originaire du coin rural des Mauges, croqué en BD par Étienne Davodeau, je suis installée à Nantes depuis 2021 en tant que journaliste pigiste, après un détour de plusieurs années à Paris. Journaliste depuis 2014, j'ai travaillé notamment pendant quatre ans pour Brief.me, un média qui cherche à rendre compréhensible au plus grand nombre l'information nationale ou internationale. Mais l'envie est venue d'enquêter sur un temps plus long, de recueillir des témoignages et de revenir dans les Pays de la Loire. Depuis, j'écris principalement sur des thématiques écologiques et sociales, notamment pour Mediacités.