Dans les CHU, le lobbying agressif des labos pharmaceutiques

En France, plus des trois-quarts des médecins d’hôpitaux entretiennent des liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique ! Si le CHU d'Angers a pris de très timides engagements, celui de Toulouse est l'un des seuls de France à agir pour mieux prévenir les conflits d’intérêts.

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Le CHU de Toulouse. Photo: Frédéric Scheiber/ANDIA

Que cela soit au CHU de Nantes, Lille, Lyon ou Toulouse : vous avez au moins trois chances sur quatre pour que le docteur qui vous examine entretienne des liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique. C’est ce que révèlent les données inédites extraites du site transparence.sante.gouv.fr par le magazine Alternatives économiques. Depuis 2014, les laboratoires doivent mentionner sur ce site les « avantages », c’est-à-dire les « cadeaux » - comme le matériel, les repas, le financement des transports, hébergements et inscriptions à des colloques - offerts aux professionnels de santé, ainsi que les « conventions » et les contrats - recherches, rédaction d’articles scientifiques, formation - passés avec eux.
 

Liens d'intérêts des médecins d'hôpitaux
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Le CHU d’Amiens et celui d’Angers comptent parmi les plus concernés par cette proximité entre médecins et industrie pharmaceutique : plus de huit sur dix sont en contact avec les laboratoires ! Les hôpitaux de Nantes (77,68%), Montpellier (79,57%), Clermont-Ferrand (78,57%) et Saint-Etienne (78,18%) jouent aussi les cancres avec une proportion de médecins concernés supérieure à la moyenne nationale (77,5%). Grenoble (77,1%), Toulouse (76,4%), Lyon (75,39%) et Lille (75,38%) ou Nîmes (73,9%) se situent juste en dessous, mais ne sont pas épargnés pour autant, selon la base de données publiques.

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Temps de lecture : 5 minutes

Par Rozenn Le Saint