La holding familiale des Baylet, Occitane de Communication, poursuit sa montée en puissance progressive dans le capital du groupe La Dépêche du Midi. En 2000, les Baylet possèdent 67,3% des parts, le groupe Lagardère 11,8%, le groupe Pierre Fabre 6%, des petits actionnaires (SBCIC, IRDI, Tofinso, SFM) se partageant les 14,9 % restants. En 2010, Lagardère vend ses parts à la famille, et le fonds Tofinso cède ses 4 % aux Baylet et à la Mutuelle Dépêche du Midi. Il y a quelques jours, la reprise de 6,5% des parts de petits actionnaires par l'Occitane de Communication a été annoncée en conseil d'administration.

L'Occitane de communication est détenue à 52,5 % par Jean-Michel Baylet (qui est le PDG de la société) et à 47,5 % en commun par sa sœur, Martine Baylet et le fils de celle-ci, Eric Laffont. La famille Baylet possède donc désormais un peu plus de 90% des parts de La Dépêche du Midi. Contacté par Mediacités, Jean-Nicolas Baylet, directeur général du groupe, a confirmé l'information.

Le rachat du groupe Midi Libre par La Dépêche du Midi en 2015 a été suivi par un plan de restructuration qui a provoqué le départ de 157 salariés, selon les comptes arrêtés du Midi Libre au 31 décembre 2016.  « Une casse sociale » alors dénoncée par le Syndicat national des journalistes (SNJ). Les Baylet, eux, ont profité de cette acquisition pour s'octroyer de copieuses redevances : 400 000 € en 2015, 800 000 € en 2016. L'an passé, la holding familiale, Occitane de Communication, a réalisé un chiffre d'affaires de 2 197 500 €, pour un bénéfice de 697 070 €.

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Comptes annuels de la SAS Occitane de Communication

Les Baylet veulent « ubériser » Toulouse

Le groupe La Dépêche du Midi a pour sa part réalisé un chiffre d'affaires de 98 200 566 € en 2016, pour un bénéfice de 198 946 €, en baisse de 4,65 % par rapport à 2015. Alors que la presse écrite est en crise, et que les ventes de journaux ne cessent de baisser, la société a fait le choix de diversifier ses activités. « C'est un élément fondamental de notre stratégie, car nos revenus diminuent dans notre métier historique », indique le directeur général adjoint, Jean-Benoît Baylet. Nouvel Eldorado du groupe : l'économie collaborative, ce business reposant sur l'échange de biens et de connaissances par l'intermédiaire de plateformes numériques, dont les champions sont Uber, Airbnb ou encore Deliveroo.

« Avec l'ubérisation, il y a un marché en plein essor, sur lequel nous pouvons prendre des parts de marché au niveau local », reprend Jean-Benoît Baylet. Via sa filiale La Dépêche Interactive, le groupe a récemment lancé Toulouse à Domicile, service de livraison de repas, et la plateforme de recherche de photographes Photogo. Reste à voir si la stratégie sera payante au long terme. Olivier Cimpello, délégué syndical SNJ, en doute : « ces projets de développement sont mortifères ! » La Dépêche Interactive a réalisé un chiffre d'affaires de 2,45 millions d'euros en 2016, pour un déficit de 47 961 €.