Au marché de gros de Toulouse, le bio progresse, mais pas au bénéfice des petits producteurs

Au Grand Marché de Toulouse, les circuits courts et les produits de qualité sont encouragés par la direction, mais les producteurs bio peinent à trouver leur place face aux grossistes.

MIN-TOULOUSE-BIO
Le carreau des producteurs au MIN de Toulouse. Crédit Gael Cerez.

Il nourrit un million de bouches chaque jour via l’approvisionnement des primeurs, maraîchers et des restaurateurs de la Ville rose. Avec 180 000 tonnes de marchandise commercialisée, 272 producteurs et 4 600 acheteurs, le Grand Marché de Toulouse, géré par une délégation de service public pour la Métropole depuis 2017, est le deuxième plus important de France, derrière Rungis. Mais quelle place accorde-t-il au bio, alors que l’Occitanie est la première région productrice d’agriculture biologique de France ?          

La réponse est surprenante : sur le carreau des producteurs, ils sont à peine six à afficher les couleurs du bio ! Soit moins de 2 % des 272 maraîchers et arboriculteurs présents. Pourtant, en 2019, 32 % des légumes frais du département de Haute-Garonne étaient produits sous le label Agriculture biologique.
Très peu de producteurs bio sur le carreau
Plusieurs maraîchers et arboriculteurs s’y sont cassé les dents. C’est le cas d’Alain Gatti, qui exploite neuf hectares à Saint-Jory, dans le nord de Toulouse. Lorsqu’il est passé à la vente directe via la création d’une Amap en 2006, le maraîcher a d’abord cessé de fréquenter le Marché d'intérêt national (Min) où il écoulait 80 % de ses produits. Il s’est dans le même temps diversifié, en cultivant des légumes, en plus des herbes aromatiques et de la mâche.      

Mais en 2019, alors qu’il lui manquait des adhérents pour écouler ses quelque 250 paniers hebdomadaires, le maraîcher décide de retourner au marché de gros trois fois par semaine. « La directrice créait un carreau bio et m’a dit qu’elle avait besoin de maraîchers comme nous », se souvient-il. Il a toutefois jeté l’éponge en juillet dernier. « On ne vendait pas assez et pas assez cher. Les pros marchandent tout de suite, ce jeu-là est destructeur », déplore Alain Gatti, qui a dégagé 31 000 euros de bénéfice sur le Min en 2020, soit 11 % de son chiffre d’affaires.

Au moment du premier confinement, le maraîcher avait opté pour la livraison de toute sa production à Bio Cash. Mais le grossiste a fait faillite

Bio Cash a été repris l'été dernier sous le nom . . .

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Temps de lecture : 12 minutes

Par Armelle Parion