Le 14 novembre 2025, Jean‐Luc Moudenc présentait à la presse Guillaume Duval, son premier colistier aux prochaines élections municipales. Ce « commerçant dans l’âme », selon les mots de l’actuel maire de Toulouse, a dirigé plusieurs cafés et boulangeries avant de devenir directeur de la fédération des associations de commerçants toulousains, entre 2021 et 2023.
Nommé président de cette fédération entre 2023 et 2025, c’est dans un autre secteur qu’il est alors allé gagner sa vie : l’économie sociale et solidaire et l’aide au logement. En septembre 2023, Guillaume Duval a en effet été recruté comme responsable du développement chez Soliha Haute‐Garonne, une association nationale aidant les personnes défavorisées à accéder à un logement.
Deux ans plus tard, l’association a été placée en redressement judiciaire. Et pour de nombreux salariés de Soliha dont l’emploi est aujourd’hui menacé, le colistier de Jean‐Luc Moudenc est l’un des symboles de la gestion financière hasardeuse de la structure depuis l’arrivée de Pierre Castéras aux manettes, en août 2022.
Sous sa responsabilité, la masse salariale de Soliha Haute‐Garonne a bondi de 19 % entre 2023 et 2024. Selon la présentation des principaux indicateurs financiers de 2024, réalisée par le cabinet Générations, le « taux de charges sociales » est passé de 42 à 46 %. « Cet indicateur montre que l’augmentation de la masse salariale est due à celle des hauts salaires. C’est un niveau très haut pour une association », témoigne un dirigeant du secteur.
De fait, le directeur de Soliha 31 a multiplié les recrutements et créations de postes de cadres destinés à ses amis et camarades. Interrogé sur sa politique RH, Pierre Castéras s’est contenté de répondre que « l’association fait l’objet d’accompagnement, d’évaluation, d’audit et de contrôle qui ont donné quitus à la gouvernance et à la direction. Quant à la procédure de redressement judiciaire, elle constitue – nul ne l’ignore – un cadre de protection qui impose des droits et des devoirs ; l’administrateur et la mandataire en sont les garants ». Il n’a pas donné suite aux autres questions envoyées par Mediacités.
Un eldorado macroniste
Et pourtant, certains hasards intriguent – et agacent – au sein de l’association. En 2023, quand Guillaume Duval pose ses valises à Soliha Haute‐Garonne, c’est Sandrine Rossignol, l’épouse de Pierre Castéras, qui succède au poste de directeur de la fédération des commerçants.
Guillaume Duval réfute tout arrangement. « Madame Rossignol avait déjà postulé au poste de directeur lorsque j’ai été recruté en 2021, elle a naturellement repostulé lorsque nous avons réouvert le poste, et été recrutée par une commission de recrutement dont je ne faisais pas partie », assure celui qui, en tant que président de la fédération des commerçants – et devenu le patron de la femme de son propre patron.
Pourquoi avoir rejoint Soliha, alors qu’il n’avait jusqu’ici jamais montré d’appétence pour le secteur social ? « J’ai eu l’opportunité de me mettre au service d’un mouvement associatif d’accompagnement de personnes vulnérables vers et dans le logement, grâce à mes compétences professionnelles, notamment dans l’immobilier », détaille‐t‐il, avant de poursuivre : « Et c’est fort de mes expériences que j’ai …