Jean‐Michel Baylet, un élu sous perfusion atomique

Depuis plus de quarante ans, Jean-Michel Baylet contrôle les retombées financières de la centrale nucléaire de Golfech. Une rente qui a permis à l’élu de se maintenir à la tête d’un territoire captif et d’une clientèle reconnaissante. Un « système » aujourd’hui menacé par l’endettement et les réformes fiscales.

La « dernière féodalité du Midi » s’est-elle maintenue grâce à l’argent du nucléaire ? C’est la question que Mediacités s’est posée après avoir retracé le revirement spectaculaire de Jean‐Michel Baylet sur le nucléaire. Chef de file de l’opposition locale à la centrale de Golfech entre 1975 et 1981, le patron de La Dépêche du Midi a manifesté, écrit au président Giscard et déchiré le registre d’enquête publique. Avant, en septembre 1981, de voter à l’Assemblée nationale pour le programme nucléaire de Mitterrand et de poursuivre sa carrière dans les gouvernements socialistes.

Cette trahison – disent certains – a fait de Jean‐Michel Baylet le principal bénéficiaire de la manne d’EDF pour les quatre décennies suivantes. À partir de 1982, la reprise du chantier des deux réacteurs a irrigué l’économie locale. Après leur mise en service en 1991, des dizaines de millions d’euros de taxes ont gonflé les budgets du département du Tarn‐et‐Garonne et des communes concernées. De quoi renforcer le pouvoir politique déjà démesuré d’une famille qui a cumulé mandats d’élus et monopole sur la presse locale.
L’intercommunalité la plus riche du Tarn‐et‐Garonne
Président de la Communauté de communes des Deux Rives (CC2R) et maire de Valence d’Agen, Jean‐Michel Baylet administre l’intercommunalité la plus riche du département depuis plus de trente ans. La CC2R, qui réunit 19 000 habitants au sein de 28 communes, dont Golfech et Valence d’Agen, affiche un budget annuel de plus de 42 millions d’euros. C’est quatre fois plus que celui de communautés de communes de même taille.

Depuis sa création en 1984, sous le nom de District des Deux Rives, la CC2R a pour raison d’être de mutualiser « les conséquences du chantier de Golfech », selon sa propre présentation sur son site internet. Cela inclut surtout les recettes de la centrale qui, sinon, reviendraient pour la plupart à la mairie de Golfech.

Dans un rapport de 2023, la chambre régionale des comptes constatait que l’existence de cette intercommunalité est « un élément déterminant pour Valence d’Agen », fief des Baylet, puisque le partage de cette manne constitue « la principale recette » de ce bourg de 5 400 habitants. Il a reçu 3,6 millions d’euros de retombées nucléaires en 2024.

Jean‐Michel Baylet n’est pas étranger à la réforme qui l’a placé aux commandes de ces budgets. La loi sur l’Aménagement du territoire de la République (1992), qui permet aux intercommunalités de communautariser la taxe professionnelle, a été préparée entre 1988 et …

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Par Celia Izoard

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