Comment l’ex‐directeur Pierre Castéras a pillé Soliha en Occitanie

La Cour régionale des comptes a contrôlé trois branches occitanes de l’association Soliha, dont l’objectif est de favoriser l’accès et le maintien dans l’habitat des personnes défavorisées, fragiles et vulnérables. Publié vendredi 2 octobre, le rapport révèle la manière dont Pierre Castéras, le directeur général, en a méthodiquement vidé les caisses, à son profit et à celui de son entourage. Deux associations sur trois ont été liquidées en juillet.

La chambre régionale des comptes dénonce "l'utilisation intéressée" de l'association par son ex-directeur Pierre Castéras. / Illustration Mediacités

Une dépense de 197 euros pour du « petit mobilier pour le dispositif Ukraine », justifiée par un ticket de caisse d’un coiffeur. 300 euros pour un « achat de tables et de chaises pour un habitat inclusif à Limoux »… chez un opticien. 290 euros dépensés dans une paire de chaussures pour un cadeau de départ qui n’est jamais arrivé aux mains de sa destinataire.  Tout comme les réfugiés ukrainiens n’ont jamais reçu les maillots de rugby du Stade toulousain que Pierre Castéras, directeur des associations Soliha Méditerranée, Haute‐Garonne et Tarn‐et‐Garonne disait avoir acheté pour eux. 

Le cynisme de ces justifications de dépenses suinte tout le long rapport que la Cour des comptes d’Occitanie a publié vendredi 2 octobre sur ces trois associations subventionnées et le GIE qui les coiffait. Un « contrôle coordonné » permis récemment par une innovation du code des juridictions financières, et qui a permis, selon ses auteurs, de mettre au jour « un système global ». 
427 450 euros de salaire pour le directeur et la secrétaire générale
En soulignant « l’utilisation intéressée des associations » par le directeur général de Soliha, les magistrates de l’institution excellent dans l’art de l’euphémisme. Directeur de Soliha Méditerranée depuis 2015, Pierre Castéras est recruté comme directeur de Soliha Haute‐Garonne en août 2022, puis devient directeur de Soliha Tarn‐et‐Garonne le 1er janvier 2023. À cette date, il cumule donc trois contrats de travail.

Le rapport de la Cour indique qu’entre 2021 et 2023, sa rémunération a augmenté de 54 %. Le coût salarial des directions, qui semble réunir les salaires du directeur général et de la secrétaire générale – la Cour se refuse à préciser cette information – est passé de 333 737 euros en 2022 à 427 450 euros en 2024.

Interrogé, Pierre Castéras n’a pas répondu aux questions de Mediacités Toulouse.
50 000 euros de frais de bouche injustifiés
Entre 2020 et 2025, seuls Pierre Castéras et Florence Cahuzac, son attachée de direction, disposent de la carte bleue de l’association Soliha Méditerranée, et cumulent un total de 325 000 euros de retraits, dont 158 000 euros pour le seul directeur. 

Près de 50 000 euros sont engloutis dans des frais de bouche que le directeur peine à justifier. Une somme d’autant plus étonnante, qu’il complète ces dépenses avec des tickets restaurant. Ainsi, sur la seule année 2024, il facture, tickets restaurant et carte bleue compris, 400 repas …

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Temps de lecture : 8 minutes

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Par Elsa Sabado