Monsieur Huyghe,

Nous avons découvert avec effarement votre intervention et vos arguments contre l’obligation de justification des frais engagés par les députés avec l’IRFM (indemnité représentative de frais de mandat).

Vous dites qu’il y a une foultitude de choses pour lesquelles on ne peut pas avoir de justificatif (sic) et vous citez : la chambre d’hôtel réservée pour une femme qui dort dans la rue ou le panier de la ménagère que l’on remplit pour donner à manger aux enfants…

Bien que nous n’ayons pas bien compris que cela soit la finalité et l’utilisation de l’IRFM, nous ne doutons pas un instant de votre engagement au service des autres et de votre volonté de leur rendre la vie meilleure. Nous ne nous permettrions pas d’en juger. Néanmoins il nous a paru utile de vous apporter notre point de vue de citoyen quelconque.

Il y a des millions de citoyens qui sont engagés à titre personnel, dans des associations ou au sein d’organisme publics ou privés au service des autres. Comment font-ils face aux cas que vous évoquez ?

Quand ils aident directement quelqu’un dans le besoin en donnant quelques pièces, en offrant des habits ou des jouets inutilisés, en achetant un sandwich, un repas… c’est avec leur argent personnel, pas celui de leur entreprise.

Quand ils veulent donner plus, ils se tournent vers des associations, ils donnent aux restos du cœur, à ATD Quar Monde… et déduisent 66% de leurs impôts dans un processus clair et réglementé mais néanmoins mettent de leur poche le tiers restant.

Quand ils sont avec leurs proches, leurs amis, dans une fête de village, dans la soirée de leur club de foot ou avec l’amicale des coulonneux et qu’ils payent une tournée c’est aussi avec leurs deniers personnels, sinon cela s’appelle de l’abus de biens sociaux.

Quand ils le font avec des clients pour entretenir de bonnes relations, c’est très contrôlé et avec des limites. Sauf si le chef d’entreprise est un piètre gestionnaire et qu’il n’a pas conscience des risques fiscaux qu’il prend, mais comme l’Urssaf veille, le redressement n’est jamais bien loin dans ce cas.

Alors sachez qu’il n’y a aucune raison, aucune, pour que les parlementaires, qui sont d’abord des citoyens, ne soient pas soumis aux mêmes règles, aux mêmes contraintes que tout un chacun.

Le statut de représentant de vos administrés ou de votre circonscription vous engage à encore plus de transparence, pas à plus de liberté ou d’opacité. Il n’y a que comme cela que nous rétablirons la confiance des citoyens dans leurs élus et dans la république.

Il est bien dommage que vous ne sembliez pas l’avoir compris, mais peut être avez-vous d’autres solutions qui nous ont échappé et dans ce cas nous nous ferions un plaisir de les relayer et de faire amende honorable.

Veuillez agréer, monsieur le député, nos meilleures salutations.

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