INTERVIEW

Se sentir pauvre, c’est ne plus croire en l’avenir

NantesVariant selon les seuils et les critères retenus, la pauvreté reste difficile à mesurer. Le sociologue Nicolas Duvoux travaille à définir le « sentiment de pauvreté », afin d'identifier ces franges - parfois importantes - de la population qui se sentent pauvres bien que leurs revenus les placent parfois au-dessus des seuils officiels.

Les métropoles, « sources de toujours plus de ségrégation »

LyonFace à des agglomérations sans cesse plus puissantes et peuplées, et qui relèguent en périphérie les habitants les plus modestes, le géographe Guillaume Faburel prône une façon radicalement différente de vivre en ville. Entre réquisition de logements vacants et « décroissance de nos modes de vie ».

« La franc-maçonnerie a perdu toute influence réelle dans la société »

ToulouseDe plus en plus nombreux, les françs-maçons seraient paradoxalement de moins en moins puissants, estime le journaliste Jacques Molénat, qui publie un livre sur les "frères" du Midi. La grande hétérogénéité des profils et la baisse du niveau du débat intellectuel laisseraient davantage la place aux membres qui utilisent le réseau à seule fin de faire des affaires.

Un an après l’abandon de Notre-Dame-des-Landes, l’analyse d’un fiasco

NantesDouze mois jour pour jour après que le gouvernement a renoncé au projet de nouvel aéroport près de Nantes, Maurice Baslé, professeur d'économie à l'université de Rennes 1, revient sur la manière dont les pouvoirs publics ont mené le débat. Et sur les leçons qu’ils doivent tirer de leur échec.

Groupes d’intérêts : « Localement l’encadrement des lobbys reste flou » 

Scrutés à Bruxelles ou à l’Assemblée nationale, les lobbys sont moins identifiés au niveau local. Pourtant, les groupes d’intérêts jouent un rôle clef dans les collectivités territoriales, selon le chercheur Stéphane Cadiou. Des associations de riverains aux professionnels de l’influence, leur existence interroge nos démocraties locales.

La Loire-Atlantique en Bretagne ? « Le pouvoir central n’en veut pas »

NantesPlusieurs milliers de personnes dans les rues de Nantes fin septembre et bientôt 100 000 signatures sur la pétition lancée par l'association Bretagne Réunie... Après la réforme territoriale de 2015, la question du rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne continue de faire débat. Alors, Nantes est-elle une ville bretonne ? Éclairage de l'historien Dominique Le Page.

17 novembre : « le sentiment d’injustice fiscale gagne les classes populaires »

Sous ses oripeaux techniques, l’impôt est une matière fondamentalement politique. Pour le sociologue Alexis Spire, la révolte contre la fiscalité écologique prouve que les « petits contribuables » acceptent désormais encore moins bien l’impôt que les classes supérieures. Non sans raisons.

« A la faveur d’un FN en crise, les groupuscules radicaux se réactivent »

Spécialiste de l’extrême-droite radicale en France et en Europe, Caterina Froio analyse l’implantation et les actions des mouvements néofascistes dans les métropoles – à Lyon, mais aussi à Lille, Nantes ou Toulouse. La chercheuse souligne, par ailleurs, l’apparition d’un activisme transnational.

« Le pluralisme est le meilleur moyen de garder des lecteurs »

NantesLe projet de mutualisation partielle des journaux du groupe Sipa - Ouest-France et les suppressions de postes qui l'accompagne inquiètent Antoine de Tarlé. Cet ancien haut responsable de Ouest-France exprime ses doutes sur un plan qui affecte le pluralisme de l'info locale.

« La culture de l’éthique a du mal à s’imposer parmi les élus »

Aurore Granero, maîtresse de conférences en droit public et membre de l’Observatoire de l’éthique publique, propose de mettre à plat les indemnités de mandats et de créer un comité citoyen de suivi des dépenses des élus dans chaque collectivité.

“Nous avons un président jupitérien… et des hyper-présidents de collectivités”

A la tête de l’Association des élus locaux d’opposition, Clotilde Ripoull témoigne de la concentration de nombreux pouvoirs aux mains des maires. Selon cette ancienne conseillère municipale, plus de transparence permettrait aux citoyens de s'impliquer davantage dans la vie politique locale.

L’effet Macron ou le bilan désenchanté de la démocratie participative

Marion Paoletti, maîtresse de conférence en science politique, estime que l'image du chef qui tranche – véhiculée par le président – contribue à remettre en cause la démocratie participative. Elle défend l'émergence d'un droit d'interpellation citoyen pour rééquilibrer les pouvoirs entre élus et électeurs.