Son téléphone chauffe tellement qu’elle prévoit de le changer à la fin du confinement. Conseillère municipale à Lille depuis 1989, adjointe déléguée aux personnes âgées, à l’hébergement d’urgence et… aux élections, Marie-Christine Staniec-Wavrant se retrouve en première ligne depuis deux semaines dans la lutte contre le coronavirus. A 64 ans, l’ex-cadre administratif du CHU, désormais à la retraite, s’exprime sans fard pour Mediacités sur la situation des Ehpad lillois, des personnes âgées confinées à domicile, mais aussi… sur l’organisation d’un premier tour d’élections municipales qui aujourd’hui paraît bien loin.

Plus de deux semaines après le début du confinement, qu’est-ce qui vous préoccupe le plus ?

Je suis inquiète pour les Ehpad. A Lille, nous avons quelques cas de Covid déclarés. Nous ne déplorons aucun décès pour le moment, mais il manque du matériel de protection, à commencer par les masques et les surblouses. Dans un premier temps, les Ehpad ont été les grands oubliés de cette crise : ils se sont retrouvés seuls, sans équipements et avec moins de personnel. Ça a été la débrouille.

Comment expliquez-vous un tel oubli ?

Parce qu’on estime que les employés des Ehpad ne sont pas des soignants ! C’est très énervant. L’Etat considère toujours les Ehpad comme des maisons de retraite, alors que ce sont des établissements de santé.

La situation est-elle plus enviable pour les personnes âgées soignées à domicile ?

Pas du tout ! Dès les premiers jours du confinement, les associations d’aide à domicile nous ont alertés. Elles n’avaient plus suffisamment de . . .

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