Stéphane Baly : « Il était temps que cette campagne s’arrête »

Stéphane Baly a accordé à Mediacités sa première interview depuis son échec par 227 voix aux municipales lilloises face à Martine Aubry. Fatigué mais lucide, la tête de liste écologiste se confie et esquisse la nature du combat qu’il entend mener dans l’opposition.

Stephane Baly
Stéphane Baly, candidat EELV aux élections municipales de Lille, ici sur la friche Saint-Sauveur le 6 juin dernier. / © Photo Sarah Alcalay

Dimanche dernier, quand avez-vous pensé que la victoire était à portée de main ?

A 20h03, je reçois un SMS d’Harris (un institut de sondage, ndlr) qui me met à 39,6 % contre 39,5 % pour Aubry. A 20h09, nouveau SMS : je suis à 40,1 % contre 39 %. A 20h15, France Inter m’appelle pour me proposer d’intervenir à la matinale le lendemain matin. Je leur réponds : « On va attendre la fin, chaque voix compte… »

Quand avez-vous compris que c’était perdu ?

Par un tweet de Laurie Moniez (correspondante régionale du Monde et collaboratrice de Mediacités, ndlr) vers 21 heures. Là, je sors de l’ascenseur émotionnel et je me dis « p… 227 voix ». Si près, c’est frustrant. On ressent l’amertume du goût de la victoire.

Qu’avez-vous fait ensuite ?

On a quitté le local des Verts de la rue des Meuniers avec une quinzaine de colistiers pour aller boire un verre à La Réserve à Wazemmes. C’est à ce moment-là que j’ai eu le plus d’émotion : il y avait plus de 200 personnes qui nous attendait devant le bar. Ça m’a fait chaud au cœur… Il y a beaucoup de gens pour qui l’attente était énorme, qui avaient vraiment l’espoir que ça change.

Vous avez versé votre petite larme ?

Je ne suis pas un grand émotif.

Avez-vous eu un échange avec Martine Aubry ou l’un de ses colistiers depuis dimanche ?

Non.

S’imaginer maire de Lille, n’est-ce pas vertigineux ?

Je connais la machine, le jeu d’acteurs politiques, les qualités des agents… J’étais prêt.

Prêt à gouverner . . .

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Publié le

Temps de lecture : 5 minutes

Par Alexandre Lenoir et Jacques Trentesaux