« À Riaumont, c’était une violence systémique, instaurée »

Ixchel Delaporte, autrice d’une enquête remarquable sur les enfants martyrs de Riaumont, revient sur les coulisses de son travail, le mur du silence auquel elle s’est heurtée et les nouvelles plaintes pour viols et violences déposées par des anciens pensionnaires de ce foyer intégriste situé à Liévin.

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Portrait de groupe des garçons du foyer de semi-liberté Godefroy de Bouillon à Riaumont. Photo DR.

Votre livre, c’est l’aboutissement de deux années de travail pour resituer le plus fidèlement possible le quotidien du Village d'enfants de Riaumont… 

Ixchel Delaporte : Effectivement, ce fut une enquête longue et difficile, avec notamment de très longues heures à chercher sur Internet pour essayer de retrouver les enfants passés par le village de Riaumont, ce pensionnat intégriste situé à Liévin (Pas-de-Calais). Mais une fois le contact établi, certains m’ont tout de suite raconté ce qu’ils avaient vécu. C’était comme un éboulement. Ils ne s’arrêtaient plus de parler durant des heures au téléphone. C’était comme s’ils attendaient ce coup de fil.

Vous écrivez que certains anciens sont peu à peu passés, grâce à vos échanges, d’un statut d’anonymes à celui de victimes. Qu'entendez-vous par là ?

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Publié le

Temps de lecture : 7 minutes

Par Jacques Trentesaux