À l’hôpital Edouard-Herriot, à Lyon : « On n’est pas des héros, on fait seulement notre métier »

Depuis le début de l’épidémie, Mediacités recueille des témoignages de personnels hospitaliers en première ligne face au coronavirus. Cette semaine, Thierry, aide-soignant à l’hôpital Edouard-Herriot, raconte son angoisse du premier jour, ses patients qui meurent seuls et sa colère…

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A l’entrée de l’hôpital Edouard-Herriot, établissement des Hospices civils de Lyon. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

Aide-soignant depuis près de quarante ans, Thierry* a connu nombre d’épidémies - « celle du HIV [le Sida], dans les 1989 et 1990, c’était aussi quelque chose d’important », se souvient-il. Mais quand, il y a cinq semaines, son unité de médecine interne post-urgence à l’hôpital Edouard-Herriot (3e arrondissement de Lyon) a commencé à recevoir des patients atteints du Covid-19, « j’ai ressenti un peu d’angoisse avant de mettre un pied dans la chambre du premier malade, lâche Thierry. Ce n’est plus le cas depuis ».         

L’unité de Thierry compte 17 lits : « Que des Covid ». A la date du 17 avril, 661 personnes ayant contracté le coronavirus étaient hospitalisées au sein des établissements des Hospices civils de Lyon (HCL), dont dépend Edouard-Herriot. « Il a fallu installer du matériel, réorganiser les chambres qui n’accueillent plus qu’un seul patient chacune et adapter nos méthodes de travail », raconte l’aide-soignant. Masque, gants et tablier par-dessus le sarrau (la blouse), « qu’on jette à chaque fois qu’on quitte la chambre d’un malade ». « Nous avons eu un rapide temps de formation au sujet de l’hygiène mais, pour tout vous dire, je n’y ai même pas assisté. J’ai souvent travaillé en bloc opératoire. Donc je suis habitué à ce genre de situation », confie Thierry, qui dit n’avoir jamais manqué de matériel de protection.

« Ce qui m’attriste, c'est de les voir mourir seuls. Sans personne pour leur tenir la main »

Paradoxalement, il juge la charge de travail « moins importante qu’en temps normal ». « C’est avant . . .

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Temps de lecture : 4 minutes

Par Nicolas Barriquand