Près de la moitié de la population mondiale est confinée depuis le déferlement de la pandémie de Covid-19 sur la planète. Accusés d’avoir accéléré la propagation de ce coronavirus, le libre-échange et la libre-circulation des personnes ont été mis entre parenthèses. L'économie mondiale est à l'arrêt. Les États ont soudainement redécouvert leurs frontières nationales, et remisé leurs dogmes de rigueur budgétaire au placard.

La mondialisation néolibérale redémarrera-t-elle une fois la tempête passée ou cette pause forcée marquera-t-elle une rupture vers un nouveau monde ? Gabriel Colletis y voit, en tout cas, l'« opportunité » de remettre à plat notre système économique.                     

En tant qu’économiste, que vous inspire la crise actuelle ?

De la peur. Cette période recèle beaucoup de dangers. Outre une inquiétude sur l’évolution de nos libertés publiques à moyen-terme, je redoute, comme tout citoyen, une hécatombe sanitaire en Europe – se payant en dizaines de milliers de vies humaines – mais encore plus dans les pays n’ayant pas d’infrastructures hospitalières dignes de ce nom.

L’autre risque évident que je perçois, c’est que le système économique actuel demeure inchangé. Car cette crise sanitaire, aussi dramatique soit-elle, représente malgré tout une opportunité rêvée pour réorienter le capitalisme sur de nouvelles bases, plus vertes, plus sociales. 

Vous plaidez pour un « Grand soir ». Mais quels éléments tangibles vous font croire que cette pandémie changera le cours de l’histoire ?

Je préfère rester prudent quant à l’avènement d’un « Grand soir ». Le capitalisme excelle dans . . .

Plus que jamais, votre ville a besoin d'un média indépendant.

Abonnez-vous dès 5€ par mois

ou lisez nos derniers articles librement pendant 24h