Ce n’est pas de « 3 ou 4 points de PIB de plus » dont la France a besoin

Les pouvoirs publics et les citoyens ne doivent pas subir la dépression économique qui s’annonce, mais en profiter pour repenser et relocaliser l’industrie française. L’économiste Gabriel Colletis suggère d'utiliser les plans de relance pour inventer un nouveau modèle de développement, faisant la part belle à la transition écologique.

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L’économiste toulousain Gabriel Colletis voit dans la crise actuelle une « opportunité » de remettre à plat notre système économique. / DR

Une fois la tempête sanitaire passée, la France comme un certain nombre d’autres pays devra affronter une grave crise économique et sociale. Gare à ce que les économistes et autres experts néo-libéraux ne succèdent pas aussitôt aux blouses blanches, nous met en garde Gabriel Colletis. Après avoir souligné les défaillances de l’appareil productif français et les pénuries de matériels stratégiques en découlant, il a accepté de se pencher sur « le monde d'après ».

Pour cet économiste toulousain héterodoxe, notre pays, nos régions et nos métropoles ne peuvent plus miser uniquement sur les grands groupes tertiaires et les start-ups innovantes spécialisées dans le numérique, sans se soucier de l’avenir de notre agriculture ni de notre industrie… Plutôt qu'un soutien aveugle aux entreprises, Gabriel Colletis préconise d'adapter le plan de relance aux exigences du XXIe siècle et de conditionner le versement des aides à l'investissement des entreprises. Deuxième partie de notre entretien sur la crise du Covid-19, ses causes et conséquences économiques.                  

Pensez-vous que la pandémie de Covid-19 débouchera sur une reprise en main de l’économie par le politique ? 

Il est encore trop tôt pour vous répondre. Le politique devrait commencer par analyser d’où viennent les difficultés françaises, puis faire éclore de nouveaux modèles viables concernant un certain nombre de secteurs industriels vitaux, d’avenir, qui r . . .

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Publié le

Modifié le

Temps de lecture : 8 minutes

Par Hugo Soutra et Gael Cérez