Alain Pérelstein est responsable audit et contrôle de gestion dans une grande collectivité, qu'il ne nommera pas par devoir de réserve. Il fut aussi contrôleur de gestion publique à la Métropole Européenne de Lille (MEL) pendant 10 ans.

Votre mission consiste à vérifier la performance de l'usage des fonds publics et celle des services publics. Le métier de contrôleur est-il bien implanté dans les collectivités ?

Alain Pérelstein : Lorsque j'ai commencé ma carrière il y a 30 ans, nous étions entre 10 et 20 contrôleurs de gestion publique en France. Aujourd'hui, nous devons être plusieurs centaines. Il y a donc une progression mais elle n'est pas linéaire, cela dépend vraiment des collectivités. Parfois, vous n'avez toujours qu'un seul agent dans une agglomération pour contrôler l'usage de centaines de millions d'euros. Le caractère systématique des contrôles fait encore défaut.

C'est-à-dire que l'usage qui est fait de l'argent public par une collectivité n'est pas systématiquement contrôlé ?

Il y a encore une vision très juridique et administrative de la gestion des fonds publics. Avec l'idée que tant que l'argent est dépensé légalement tout va bien. Tant que les finances publiques seront un domaine du droit, il manquera cette nécessaire recherche de performance. L'idée selon laquelle il y a plusieurs façons d'utiliser l'argent public d'une collectivité locale est nouvelle. Pourtant un meilleur contrôle peut améliorer la qualité et la durabilité des équipements et du service public, pour le même coût.

Pourquoi le contrôle . . .

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