«Dusart, y’en a marre », « Dusart au placard », « les éducs sont dans la rue »... Les éducateurs spécialisés, venus battre le pavé lillois ce 22 mai, ont tenu à personnifier leurs slogans. Leur cible ? Yves Dusart, le nouveau vice-président du département du Nord, chargé de l’enfance, de la famille et de la jeunesse, arrivé en poste au début de l'année. En fait, les tensions existaient déjà sous son prédécesseur. En cause : un budget de la prévention spécialisée raboté de 5 % chaque année depuis 2015, dont la baisse a été prolongée localement jusqu’en 2020, et qui sera désormais alloué exclusivement aux zones géographiques estampillées « quartiers prioritaires de la politique de la ville » (QPV). Autrement dit, un « rééquilibrage territorial des moyens », dans le jargon de l'exécutif départemental.

Les quartiers politique de la ville de la MEL

Pour l’heure, seuls les professionnels de la prévention spécialisée qui officient sur le versant nord-ouest de la métropole sont concernés. « Mais l’ensemble de la profession n’est pas dupe, affirme Dominique Henning, éducateur spécialisé et délégué syndical Snate. Nous sommes une sorte de zone test. Ce qui s’applique à nous le sera à court ou moyen terme aux autres acteurs de la métropole financés par le département. » Le versant nord-ouest de la métropole compte six clubs de prévention. Quatre associations - FCP, Itinéraires, Rencontre et Loisirs et Avenir et Loisirs-, réunies dans un collectif baptisé Carrefour, concentrent l’essentiel de la rigueur départementale : le montant de leurs subventions est programmé pour chuter de 5,9 millions d’euros en 2018 à un peu plus de 5 millions d’euros en 2020. Les deux autres associations de la zone, officiant à Villeneuve d’Ascq et à Mons-en-Baroeul, n’ont pas voulu s’y associer. « Elles interviennent sur des quartiers QPV et ne sont donc pas menacées directement. Cela dit, elles ne sont pas épargnées puisqu’elles subissent, elles aussi, une baisse de subvention dans la même proportion », précise Karim Belmekki, éducateur spécialisé et délégué syndical Sud.
Deux assos mettent la clé sous la porte
« On nous a déjà imposé en 2015 une réduction de 5 % par an sur trois ans, rappelle Lionel Emery, directeur de l’association FCP. Soit une baisse de subvention de 400 . . .

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