Les pics de pollution ont une nouvelle fois émaillé l’hiver dernier et, à coup sûr, ils ne manqueront pas de refaire la Une pendant l’été. A chaque fois, ils relancent les débats sur la piètre qualité de l’air dans la métropole et sur les mauvaises habitudes des Lillois, pas assez enclins, selon les autorités, à laisser leur guimbardes au garage et à abandonner la coupable flambée du dimanche soir… Reléguant dans l’ombre la pollution industrielle. Celle-ci est pourtant loin d’être anodine sur notre territoire et, comme l’a découvert Mediacités, loin d’être dans les clous réglementaires.

Pour connaître l'impact des industries sur la qualité de l’air, direction les bureaux d’Atmo, juste en face de l’office du tourisme, place Rihour à Lille. L’association est l’organisme « officiel » agréé en matière de surveillance de la qualité de l’air. Gage de son indépendance, elle est financée à la fois par des fonds publics (l’État, la région, les collectivités) et privés (des entreprises), et sa gouvernance intègre des associations de protection de l’environnement. Ses mesures, qui font consensus, ne sont pas vraiment rassurantes…

En 2015 – les chiffres de 2016 ne sont pas encore disponibles –, sur la métropole lilloise, Atmo a ainsi relevé des résultats médiocres, mauvais ou très mauvais de son indice quotidien de qualité de l’air plus d’un jour sur quatre. La catégorie« très mauvais » a tout de même concerné 12 journées. « Ces mesures sont réalisées par près de 60 stations fixes réparties sur l’ensemble de la région, dont 8 sur la métropole lilloise »,  détaille Céline Derosiaux, la porte-parole de l’organisme. Résultat, la capitale des Flandres se classe parmi les plus mauvais élèves de la région. Elle partage le bonnet d’âne de bon dernier à quasi-égalité avec Dunkerque, connue pour sa forte densité en industries lourdes (sidérurgie, chimie…).

Le 4e émetteur de particules de la région à six kilomètres de la Grand Place

Ces mauvais scores sont-ils imputables aux usines ? En partie, oui. Toujours selon Atmo, et toujours sur la métropole, les émissions de particules PM 10, critiques dans le calcul de l'indice Atmo . . .

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Pierre-Yves Bocquet
Après avoir étudié les sciences à Lille 1 et le Journalisme Scientifique à l'ESJ Lille, j'ai passé 10 ans dans la presse technique et économique (à l'Usine Nouvelle notamment). Aujourd'hui indépendant, je travaille pour plusieurs titres, dont Mediacités et Science & Vie. Je m'intéresse toujours en priorité aux sujets économiques, techniques et scientifiques, pour décrypter l'impact des technologies et de l'industrie sur la société et la vie quotidienne.