Rarement un tel déploiement de forces de l’ordre n’avait été constaté dans la région : le 2 octobre dernier, à 6 heures du matin, quelque 200 policiers, CRS et gendarmes perquisitionnent onze lieux au premier rang desquels le Centre Zahra de Grande-Synthe, dans la banlieue de Dunkerque. Depuis, ce lieu de culte a été fermé pour six mois sur décret préfectoral. Ses responsables sont soupçonnés d’y promouvoir un islam radical. Le 24 octobre, Bachir Gouasmi, le trésorier du Centre Zahra, est condamné, pour détention d’armes non-déclarées, à 18 mois de prison (dont 12 mois avec sursis) et 15 ans d’interdiction de porter ou détenir une arme.

Derrière Bachir Gouasmi figure son père, Yahia, 68 ans. « Le boss », comme l’appellent parfois ses enfants. Fiché « S » d’après nos sources, Yahia Gouasmi est le personnage central de cette histoire. Un individu rond et affable, actif politiquement et religieusement depuis les années 70 dans le nord de la France. Dirigeant du Centre Zahra, il est aussi le président du Parti Antisioniste et de la Fédération chiite de France. Yahia Gouasmi est dans l’œil du cyclone. Également perquisitionné le 2 octobre, l’homme se félicite que le procès-verbal mentionne que les policiers n’ont rien trouvé qui soit en rapport avec du terrorisme. Les associations et sociétés qu’il dirige ont pourtant fait l’objet d’un gel d’avoirs pour six mois.

« Nous sommes une maison de verre, prêche-t-il dans les jardins du centre Zahra entouré de hauts peupliers verts. Tout est transparent ici. Nous sommes des gens de paix. » Mediacités a cherché à savoir ce qu’il y avait derrière la bonhomie de Yahia Gouasmi. Un « clerc-obscur » qui se revendique de la religion mais qui, en réalité, fait beaucoup de politique.
D’admirateur de Kadhafi à fervent militant de Khomeiny
Yahia Gouasmi arrive en France à l’adolescence au milieu des années 60. Calaisien dans les années 70, il est marié et père d’une petite fille et d’un jeune garçon, Bachir. Son épouse est la fille d’un boucher calaisien établi près de la place d’Armes. Le couple, qui vit dans un appartement voisin de la boucherie, fait déjà parler de lui. « Yahia avait mis des hauts-parleurs à ses fenêtres, au second étage, et lançait régulièrement l’appel à la prière ! C’était un admirateur de Kadhafi qu’il appelait le grand K », raconte Pierre . . .

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