Trois rapports sur les finances de la ville (2002, 2013 et 2018), un rapport spécial sur la politique municipale en faveur de la petite enfance en 2012 et un rapport sur le centre communal d'action sociale en 2013. Les magistrats de la Chambre régionale des comptes (CRC) des Hauts-de-France n'ont sans doute plus besoin de consulter le GPS pour venir à Wattrelos. Ils connaissent le chemin. Cette vigilance envers la commune de 41 500 habitants - cinquième par la population au sein de la métropole lilloise - s'explique facilement. La ville ne tient pas du tout compte des avertissements successifs qui lui ont été adressés. Elle avance à petite vitesse, vers le gouffre, sous la conduite d'un capitaine paradoxalement très expérimenté.

Le maire (PS) Dominique Baert, 59 ans, était déjà conseiller municipal en... 1983. Il est devenu premier adjoint aux finances à partir de 1999, puis maire en 2001. Les questions d'argent lui parlent. Directeur adjoint à la Banque de France, il a enseigné les finances publiques à l'IEP de Lille et à l'Institut régional d'administration. Il a siégé à la commission des finances de l'Assemblée nationale quand il était député (de 2007 à 2017), étant même rapporteur spécial sur la dette pendant la 13e législature (2007-2012). Et il a occupé pendant 11 ans le siège de premier vice-président aux finances de la métropole de Lille, au temps de la communauté urbaine LMCU (2001-2012). Autant dire que la sévérité du rapport d'observations de la Chambre régionale des comptes publié le 18 juin 2018 ne pouvait lui échapper.

Les auditeurs déplorent n'avoir trouvé « aucune prévision, ni aucun éclairage prospectif, que ce soit en fonctionnement ou en investissement » et « aucun plan pluriannuel d’investissement ». Autrement dit, Wattrelos navigue à vue. Problème, les récifs ne sont pas loin. La capacité de désendettement, qui indique le nombre d’années dont aurait besoin théoriquement la collectivité pour rembourser sa dette, si elle y affectait toutes ses ressources disponibles, atteint 33 ans en 2017, alors que la prudence recommande de rester aux alentours de 10 ans. Des pointes à 15 ans sont envisageables, pour absorber de gros investissements. Mais ils font cruellement défaut à Wattrelos, dont le patrimoine part à vau-l'eau, à cause de la situation financière tendue. La piscine municipale Beaulieu a fermé définitivement en 2016 : elle avait besoin d'une rénovation que la ville ne pouvait pas se permettre . . .

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