«Les personnels vivent depuis trop longtemps avec le mépris qu’éprouve Serge Dorny pour presque tout ce qui n’est pas lui. » La charge est lourde. En 2014, les artistes, techniciens, agents d’accueil et de l’administration de l’opéra de Lyon tombent de leur chaise : leur directeur, sur le départ depuis des mois pour l’opéra de Dresde, en Allemagne, ne part finalement plus. Ils publient alors une lettre ouverte et anonyme adressée à la ministre de la Culture, au maire de Lyon et aux membres du conseil d’administration de l’opéra. Leur plume est trempée au vitriol. « Frustrations », « souffrances », « autoritarisme » : ils dénoncent « un climat social profondément détérioré » et pointent la responsabilité de leur patron « incapable d’instaurer des relations humaines saines et fructueuses ».

Trois ans plus tard, la fronde est passée. Pas le malaise. « Après l’épisode de Dresde, Serge Dorny s’est rapproché des gens, a reçu tous les employés. Mais ses efforts se sont vite arrêtés. Il est redevenu autoritaire, enfermé dans sa tour d’ivoire », déplore le contrebasson Nicolas Cardoze, délégué Snam-CGT (syndicat national des artistes musiciens). « Il règne plus qu’il ne dirige », renchérit un cadre de l’institution qui préfère taire son nom. Le directeur – qui n’a pas souhaité répondre aux questions de Mediacités – a bien mis en place, ces dernières années, un dispositif baptisé « Bien travailler ensemble », qui consistait en des ateliers de travail destinés notamment à ce que les services se connaissent mieux entre eux. « Sincèrement, tout cela n’a pas été très loin », confie un membre du CHSCT (comité d’hygiène, de . . .

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Nicolas Barriquand
Cofondateur de Mediacités et rédacteur-en-chef de l'édition lyonnaise. Avant de retrouver les bords du Rhône et de la Saône, j'ai travaillé comme correspondant au Vietnam (pour Libération, le Temps, le Soir) et ai sillonné la France six années durant pour les éditions locales de L'Express.