Attirante, effrayante, elle a le mérite de ne laisser personne indifférent. A Lyon, on l'adore ou on l'abhorre ; on en parle au féminin, or il s'agit d'un quartier : la Guillotière est l'un des territoires de la capitale des Gaules qui polarise le plus les avis... et les clichés. Elle reste difficilement saisissable, car complexe et mouvante. Etendard d'un métissage urbain talentueux pour les uns, elle fait figure pour d'autres de coupe-gorge nocturne, de tête de pont de l'islamisme radical et/ou de l'impérialisme bobo. Chacune des étiquettes accolées à la "Guill'" porte une part de vérité, aussi infime soit-elle. Mais les 1001 visages de ce quartier prolifique, aux frontières aléatoires, se révèlent au visiteur comme à l'habitant selon l'humeur.

Cette identité versatile, la Guillotière la doit à sa position historique de carrefour, de point de passage et de lieu de rencontre. Jusqu'en 1775 et l'ouverture du pont Morand, celui de la Guillotière est le seul accès possible à la presqu’île depuis la rive gauche du Rhône. Dès le XIIe siècle, un faubourg se développe autour du noyau que constitue « la place du pont ». C'est là que les voyageurs font une dernière halte avant de passer les portes de la ville, que les malades sont mis en quarantaine en attendant d'accéder à l'Hôtel-Dieu.

Quartier des Canuts avant la Croix-Rousse

Le quartier se peuple de cabarets et d’auberges – en témoignent les cours intérieures pavées, qui servaient à parquer les chevaux. Ballotée entre les départements du Rhône et de l'Isère, la commune de . . .

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