Sous la couche de neige fraîche qui ouate la vallée de la Maurienne, Federica panse discrètement ses plaies. La colossale machine baptisée d’un prénom féminin italien excave la montagne entre France et Italie pour forer le tunnel de la future ligne ferroviaire Lyon-Turin. Ou plutôt, excavait : déjà immobilisée quatre mois l’hiver dernier, la chenille géante – 11,3 mètres de diamètre, 138 mètres de long – est de nouveau à l’arrêt. Entrée en action en octobre 2016, elle s’était embourbée dès la mi-décembre et jusqu’en avril 2017 dans une zone géologique instable. Depuis fin octobre, elle est cette fois-ci « en maintenance », selon Tunnel euralpin Lyon-Turin (Telt), le promoteur public chargé de la réalisation de la section transfrontalière de la liaison.

Le tunnelier doit forer d’ici 2019 une galerie de reconnaissance de neuf kilomètres, en direction de l’Italie, depuis Saint-Martin-La-Porte, près de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie). A terme, ce tube sera un tronçon des 57,5 kilomètres de tunnel franco-italien. Mais l’usine souterraine de 2300 tonnes a été très secouée par la traversée d’un « front houiller, une faille remplie de charbon et d’eau », décrit Alain Chabert, directeur France de Telt.

Convergence des roches

Un vrai cauchemar : dans cette zone meuble et friable, le tunnelier extrayait quinze fois plus de matériaux que prévu, qui venaient s’engouffrer dans sa roue de coupe et la bloquaient. La convergence des roches, cette tendance du terrain à se refermer sur lui-même après l’excavation, déformait les voussoirs en béton que . . .

Cet article est réservé à nos abonnés, pour lire la suite de l'article :
Découvrez Mediacités gratuitement pendant 24h !
Abonnez vous à partir de 1€/mois.
Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.