La Halle aux sucres, le Gymnase ou le Bazaar Saint‐So ont connu une forte activité ces derniers jours… Les candidats et candidates à la mairie de Lille ont tous donné rendez‐vous à leurs soutiens, mais aussi aux derniers curieux indécis pour se donner un coup de boost dans la dernière ligne droite de la campagne. Déceptions pour les uns, pic de confiance pour les autres : Mediacités y était.
Déceptions, sagesse et saucisson au menu de la dernière semaine de campagne de Louis Delemer
Il tente de le masquer, mais sur le plateau de France 3, le 4 mars, Louis Delemer est déçu. Les résultats de deux sondages récents placent le candidat LR (et UDI) à moins de 10 % au soir du premier tour. Un score synonyme d’impossibilité de se maintenir et d’envisager un retour de la droite dans l’opposition. Sans se démonter, le candidat continue néanmoins de dérouler ses arguments face à ses concurrents, et reprend les actions sur le terrain aussitôt, comme si de rien n’était.
La journée du 6 mars, il la passe aux côtés de Michel Barnier, premier ministre éphémère devenu député de Paris, « très heureux de voir cette nouvelle génération prendre le relais avec enthousiasme ». L’occasion pour Xavier Bertrand de passer une tête dans son local de campagne – le patron de la région dont Louis Delemer dit se sentir très proche sur le plan des idées a tardé à apporter publiquement son soutien au candidat. « Cette campagne est difficile, on connaît les différents maires [socialistes] qui se sont succédé. Mais aujourd’hui il y a aussi une prime à ceux qui ont envie. Et pour donner un nouvel élan à Lille, il n’y a pas meilleur candidat », soutient Xavier Bertrand.
Après avoir partagé du saucisson, des chips et s’être vu offrir des chaussettes à l’effigie du jeune candidat, Michel Barnier poursuit la soirée par un « grand meeting pour l’alternance », à la Halle aux sucres. Mais, là aussi, les soutiens de Louis Delemer semblent déçus, et se font plus rares que d’habitude. Les rangs étant clairsemés, les militants sont appelés à s’avancer pour boucher les trous. Finalement, une centaine de personnes aura franchi le perron au plus fort de la soirée, sans mettre beaucoup d’ambiance.
En prenant la parole, Louis Delemer tente, là encore, de raviver les espoirs : « nous avons sillonné chaque quartier. Rien n’est jamais écrit d’avance. » Celui qui se montre habituellement peu virulent envers ses concurrents choisit cette fois des mots plus durs pour attaquer la majorité en place, « enrayée par des années de renoncements successifs » et selon lui coupable de dilapider l’argent public. Avant de peindre le funeste portrait d’une ville « sale », où pullulent « les voyous » et où se côtoient « des quartiers ségrégués où les misères s’accumulent ».
Michel Barnier enchaîne, sur un ton plus nostalgique : « je me suis revu il y a quelques années », se souvient‐il, rappelant que personne ne misait sur lui quand il s’est lancé dans la course à la députation… en 1978. « J’ai même eu du mal à trouver un suppléant », appuie‐t‐il. Il est pourtant devenu, à 27 ans, le plus jeune député de l’Assemblée nationale.
L’ancien premier ministre (septembre/décembre 2024) salue un programme de « qualité, chiffré et précis » avant d’aborder brièvement les enjeux nationaux et de regarder sa montre. « J’ai mon train dans vingt minutes. Je reviendrai à Lille pour la braderie, avec votre nouveau maire », sourit‐il avant de s’éclipser. Aux militants, il confie : « vous n’avez rien à perdre, et vous pourrez gagner, avec de la patience, du temps. Je …