À Toulouse, les avions volent haut, le débat politique un peu moins. Pour conserver les commandes du Capitole qu’il pilote depuis 2014 et affronter les turbulences d’une campagne municipale à l’issue incertaine, Jean‐Luc Moudenc use de toutes les ficelles. Même les plus épaisses.
Le hic, c’est qu’à quelques jours du premier tour, les langues, à commencer par les mauvaises, se délient. Et jettent une lumière crue sur la boîte noire de celui qui brigue un troisième mandat sur l’air de « Protégeons l’avenir de Toulouse », en référence au nom de sa liste.
« Ce sont ses lendemains à lui qu’il veut préserver, pas ceux de la Ville, égratigne un vieux briscard du paysage politique local. Face à la poussée conjuguée de la gauche socialiste emmenée par François Briançon et de LFI incarnée par François Piquemal, Moudenc doit élargir sa base électorale : pour y parvenir, il ratisse très large et très à droite sans se boucher le nez ».
Des textos compromettants
Sans prendre surtout les précautions qu’imposent les alliances a priori contre‐nature. Selon des documents que Mediacités a pu consulter et à en croire nombre de témoignages, celui qui, en 2022, a divorcé de LR au motif que « le parti se recroquevillait trop à droite » a choisi de pactiser en coulisses avec les Zemmouristes toulousains. Il a même facilité la constitution de la liste Reconquête conduite par l’identitaire Arthur Cottrel.
« Il faut aider cet Arthur à boucler sa liste », a suggéré l’édile à l’un de ses interlocuteurs dans un SMS envoyé le 19 janvier dernier. Et d’ajouter dans la foulée : « il faut lui trouver des colistiers anonymes. »
Dépos …