Ils ont mitonné un dispositif aux petits oignons : là, des tracteurs armés de bras à vapeur pour désinfecter les sols ; ici, une ruche de bourdons pour remplacer la pollinisation manuelle des tomates… Cette année, les maraîchers nantais ont rejoint la programmation des MuscaDétours, manifestation habituellement dévolue à la mise en valeur du vignoble. Avec une promesse : montrer au public les techniques alternatives de production. « C’est une formidable opportunité de réconcilier les citadins avec les maraîchers », explique le directeur de la Fédération, Antoine Thiberge. Et le voilà, sous les serres de La Chapelle-Basse-Mer, qui égrène les performances du département. Leader national pour la production de mâche, de radis ou de poireaux primeurs, le secteur emploie 2500 équivalents temps plein. Ce qu’Antoine Thiberge dit moins, en revanche, c’est que le maraîchage, comme la vigne qui s’étire plus à l’ouest, est particulièrement gourmand en produits chimiques comparé à sa très faible emprise (1 % de la surface agricole du département). Dans ces communes du sud-Loire, entre les serres et les rangées de ceps, les pesticides font toujours partie du décor. De ses coulisses, tout du moins.

C’est ce que démontrent les données de la Banque nationale des ventes distributeurs (BNV-d) que révèle Mediacités. En apparence, l’évolution des ventes de pesticides agricoles dans le département est flatteuse : de 2008 à 2016, elle a connu une baisse de 19 % en moyenne lissée. Un signe positif. Sauf que la Loire-Atlantique reste en haut du classement des départements les plus gourmands en produits phytosanitaires. Que cette baisse masque de fortes irrégularités. Et qu’elle est liée à la diminution considérable d’une seule substance : le metam-sodium. Sans elle, la baisse, dans le département, n’est plus que de 6 %, en moyenne lissée. Loin, très loin des objectifs de réduction de 50 % à l’horizon 2018, fixés par le plan gouvernemental Ecophyto en 2008.
 
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Des substances dangereuses remplacées par d’autres substances dangereuses
 
Le gouffre entre ces objectifs et la réalité est d’autant plus béant que, pour remplacer le metam-sodium, les maraîchers ont recours à d’autres substances, moins pondéreuses, c’est-à-dire moins lourdes et moins denses, mais tout aussi dangereuses : le dazomet ou la napropamide, des herbicides dont l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a reconnu la forte écotoxicité, ou encore le metobromuron, classé cancérogène par ce même organisme. « Le metam-sodium est un gaz qui nettoie tout, explique un maraîcher converti en bio. Pour le remplacer, ils sont obligés de mettre plusieurs types de produits, qui sont parfois encore plus nocifs. » Plus nocifs, mais moins pondéreux, et donc moins visibles… Les chiffres de la BNV-d révèlent aussi que les ventes de plusieurs molécules à la toxicité établie ont fortement augmenté. Les quantités vendues de prothioconazole et de chlorothalonil, qui entrent dans la composition de produits « susceptibles de provoquer le cancer », ont été multipliées par trois et par cinq entre 2008 et 2016. Autre augmentation notable : celle du boscalid ou du chlortoluron, deux substances . . .

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