Mercredi 21 octobre, à la Commission des Lois de l’Assemblée nationale, Eric Dupond-Moretti a sa tête des mauvais jours. Ugo Bernalicis parle et ça l’horripile ! Il faut dire que l’Insoumis vient de déposer un signalement contre le ministre de la Justice pour « prise illégale d’intérêts » et « intimidation de magistrats ». Furieux, Dupond-Moretti refuse de répondre à ses questions sur le budget 2021 et fait mine de passer à autre chose. « Vous énervez pas, monsieur le ministre ! » lui lance le jeune insolent, l’œil rieur. « Je suis très calme... Oui oui, M. Bernalicis, vous pouvez prendre mon pouls, mon cœur bat lentement », fulmine l’ancien ténor du barreau.

Cette prise de bec n’aura pas fait avancer d’un pouce le débat sur le budget de la Justice. La vidéo est pourtant aussitôt publiée sur les réseaux sociaux par le député. Qui twitte : « @EDupondM boude mes questions parce que j'ai déposé plainte contre lui ! » Et déclenche illico une salve de commentaires louangeurs : « Bravo Ugo, belle maîtrise », « Merci quand même pour le boulot fourni monsieur le député ! ». Le fan club France insoumise applaudit, ravi. Son héros a fait sortir le ministre de ses gonds !

Les perquisitions, « c’est parti en cacahuètes »

Depuis la rentrée, Ugo Bernalicis multiplie les coups d’éclat et court les studios télé et radio. Une stratégie pensée pour prendre un maximum de lumière. Le début du quinquennat a été marqué par l’ascension de ses collègues Adrien Quatennens et François Ruffin ? Cette fois, c’est son tour ! En janvier, le jeune député a pris la présidence d’une commission d’enquête au sujet très sensible : l’indépendance de la justice. Cette commission, il la voit comme un moyen de « sortir par le haut » de la séquence désastreuse des perquisitions au siège de La France insoumise, le 16 octobre 2018.

Au moment où Jean-Luc Mélenchon tente de forcer la porte des locaux de La France insoumise, où les policiers mènent leur perquisition, et hurle les célèbres « La République, c’est moi ! » ou encore « Ma personne est sacrée », Bernalicis n’est pas sur place. Il revient d’une interview à France Info lorsqu’il découvre l’étendue des dégâts. « A ce moment-là, je me dis que ça va vraiment être compliqué pour la suite », confie-t-il, lors d’un long entretien avec Mediacités. « Je vois que c’est parti en cacahuètes… Je me dis merde, fait chier, parce que sur le fond on avait mieux à faire que d’enfoncer la porte : on avait des tas d’arguments pour dénoncer l’instrumentalisation de la justice par le gouvernement ».

Cela fait des mois que le député s’investit auprès des professionnels de la justice et de la police. Son objectif : doter son mouvement d’un programme construit et d’un réseau solide sur ces questions, dans la perspective d’une prise de pouvoir en 2022. Or ce travail de fond a été « réduit à néant » par le pétage de plomb de Mélenchon. Fait rare à La France insoumise, Bernalicis ne se prive pas de critiquer son patron. « A posteriori, on peut se dire que ce n’était pas la meilleure chose à faire. A ce moment-là, Jean-Luc n’est pas dans le calcul politique mais dans la réaction. Je ne peux pas lui en vouloir… »

Tableau de chasse

Pour remonter la pente, Ugo Bernalicis prend donc la tête d’une commission d’enquête parlementaire sur « les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire ». Pendant six mois, de janvier à juillet 2020, il interroge des magistrats, avocats, policiers, gendarmes, préfets, tous hauts gradés, et même trois anciens gardes des Sceaux, Christiane Taubira, Nicole Belloubet et Jean-Jacques Urvoas. « Un travail titanesque », apprécie l’autre député LFI du Nord, Adrien Quatennens. Pendant les auditions, Ugo Bernalicis se montre aussi incisif que méthodique. Il pousse dans ses retranchements Eliane Houlette, l’ancienne patronne du Parquet national financier, qui laisse entendre qu’elle a subi “des pressions” de sa hiérarchie dans le cadre de l’affaire Fillon. Redresseur de torts, il accuse ensuite six personnalités de “parjures” devant la commission. Parmi ces menteurs présumés, le préfet de police de Paris Didier Lallement et le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux. Du beau gibier !

Didier Paris, député LREM de la Côte d’Or, était le rapporteur de la commission d’enquête. « Pour LFI, cette commission avait pour objectif politique de démontrer que la justice était aux ordres, estime-t-il. Manque de chance, le rapport montre que la justice est indépendante, malgré quelques dysfonctionnements. » A vrai dire, l’ancien magistrat s’est plutôt bien entendu avec ce président deux fois plus jeune que lui. « Ugo est quelqu’un de tout à fait agréable à vivre, reconnaît-il. Il a un regard pas inintéressant sur les questions de justice, même s’il n’a pas réellement l’expertise ». Pourtant, Didier Paris ne cache pas son agacement devant les “débordements” du député du Nord. « A chaque fois qu’il s’exprime en commission ou dans l’hémicycle, il s’arrange pour être filmé. Son but n’est pas de discuter avec les autres parlementaires mais de s’adresser aux électeurs de la France insoumise !»

Il imite Sarkozy à l’Assemblée

Très présent à l’Assemblée nationale, Ugo Bernalicis s’y sent comme un poisson dans l’eau. A la tribune, il se détache souvent de ses fiches pour donner plus de vie à son propos. Toujours détendu, Bernalicis n’hésite pas à multiplier les « blagounettes » pour réveiller ses collègues. En mai 2019, lors d’un débat sur la réforme de la fonction publique, il imite Nicolas Sarkozy face à ses collègues médusés. Un soir d’octobre 2020, en pleine séance sur la réintroduction des néonicotinoïdes, malicieux, il demande “si on a des nouvelles de Barbara Pompili” et ose ce jeu de mots : « au-phyto-dit, au-phyto-fait, les néonicotinoïdes sont de retour dans nos assiettes !»

Le jeune député sait se montrer plus sérieux. C’est lui qui prononce le premier discours de La France insoumise à l’Assemblée en juillet 2017, sur la prolongation de l’état d’urgence. Elu pour la première fois, il n’est pas intimidé le moins du monde. « Les vieux briscards du PS n’étaient plus là… Et moi j’étais déjà un vieux militant, contrairement aux candidats LREM !»

Bernalicis Père & fils

« Vieux militant » ? Le trentenaire, dernier d’une fratrie de trois garçons, est tombé dans la politique quand il était petit. Sa mère, prof de danse, milite dans un mouvement féministe proche du PCF, l’Union des femmes françaises, et monte des spectacles autour de la Révolution, où Ugo joue le rôle de Gavroche. « Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire. Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau… » mime le môme, né l’année du bicentenaire. Son paternel s’est engagé 20 ans au PCF, passant ses dimanches à distribuer le journal Liberté Hebdo, avant de rejoindre le PS puis le Parti de gauche. Ugo Bernalicis se souvient des JT du soir « 100 % commentés » par son père mais aussi des dîners agités du dimanche midi. Son grand-père paternel, militant CGT et élu PCF à Liévin, s’y engueulait régulièrement avec son grand-père maternel, ingénieur CFE-CGC des Houillères du Nord.

Les chiens ne font pas des chats. « Un jour, Ugo est rentré du lycée en nous disant qu’il voulait devenir président de la République. On a été étonnés mais on l’a pris au sérieux. Je lui ai dit qu’il fallait commencer par le début, par militer », raconte son père, Marco Bernalicis. Ugo lit Marx, Engels, Jaurès, « tous les grands classiques ». En 2005, le délégué de classe participe à la mobilisation contre la réforme du lycée de François Fillon et adhère en ligne à l’Union nationale lycéenne. En 2006, il marche contre le CPE (contrat première embauche) de Dominique de Villepin. « Il a bloqué tous les lycées de Calais, s’enorgueillit son père. On m’avait prévenu qu’il s’était allongé sur le macadam pour empêcher les voitures de passer. Je suis arrivé le plus vite possible. Avec les copains et les copines de la FCPE, on les a encadrés. »

« Je n’ai jamais été du premier cercle de Jean-Luc »

Pour l’encadrer, il l’encadre. Marco Bernalicis veille à mettre son fils sur de bons rails. « Lutte ouvrière a essayé de l’embaucher, je suis intervenu en disant qu’il n’était pas encore majeur. Après, il a été tenté d’adhérer au PC, je lui ai dit, non Ugo ce n’est pas là que tu auras un avenir politique, raconte-t-il. Je lui ai plutôt conseillé d’adhérer au PS : il y a tellement de tendances, tu vas trouver ta voie. Puis je lui ai fait connaître le PRS, le mouvement Pour la République sociale fondé par Jean-Luc Mélenchon. D’ailleurs, vers 2005, Mélenchon a donné une conférence à Calais sur la laïcité, on a mangé avec lui ». Ce ne sera pas suffisant pour nouer une relation intime avec l’ancien ministre, sur qui Ugo garde toujours un regard critique. « Je n’ai jamais été du premier cercle de Jean-Luc, je ne cherche pas à l’être », confirme-t-il.

Après le bac, mention bien, Ugo Bernalicis tente une prépa littéraire à Arras. Une erreur d’aiguillage pour ce grand lecteur de revues scientifiques, passionné de mécanique quantique. Plutôt que de traduire Pline l’Ancien, il colle des affiches pour Ségolène Royal, la candidate du PS pour la campagne de 2007. Mais il se sent décalé aux MJS, « un vrai panier de crabes », et se fait remarquer lors des universités d’été du PS à La Rochelle. Il pose une question à François Hollande sur la compatibilité entre le socialisme et le capitalisme. « C'est fini le Grand Soir ! » lui répond le premier secrétaire, dans une déclaration qui énerve une bonne partie de la gauche.

Pour ce premier coup d’éclat, Ugo Bernalicis écope d’un blâme aux MJS. « On m’a reproché de ne pas respecter la démocratie interne en posant une question qui n’avait pas été préparée. Je me suis dit : c’est peut’êt’ pas le bon spot ! » Ugo, désormais en licence d’histoire à l’université de Lille-III, rejoint l’Unef, tendance minoritaire. Est élu vice-président étudiant au conseil d’administration du Crous. Participe au long blocage de la fac contre la loi Pécresse sur l’autonomie des universités en 2007. Lance une grève des loyers pour obtenir la rénovation des cités U. Il rejoint ensuite le Parti de gauche, y adhérant avec Papa et Maman dès sa création en février 2009 par Jean-Luc Mélenchon.

Bernalicis 1ère TV
En octobre 2009, Hugo Bernalicis fait son premier plateau télé : il croise le fer avec Daniel Fasquelle, député-maire du Touquet, qu’il retrouve aujourd’hui sur les bancs de l’Assemblée nationale.

« Totalement dévoré par le militantisme »

Le jeune homme pressé monte vite en grade, devenant co secrétaire départemental du Parti de gauche dans le Nord. En 2010, il figure sur la liste d’alliance Front de gauche aux élections régionales (10,78 % au premier tour). En 2011, il est candidat sur une liste PC/PG sur le canton de Lille Sud Est (9 %). En 2012, il perd les législatives contre Audrey Linkenheld (8,87 %). « Une déception après le bon score de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle », reconnaît-il.

Combiné à un goût prononcé pour les fêtes qui finissent tard, le militantisme pèse lourd sur le cursus scolaire. Après sa licence d’histoire, Ugo Bernalicis s’inscrit en première année de master de sciences politiques, redouble, ne rédige pas son mémoire… Pas le temps, il est candidat aux cantonales ! « J’ai le souvenir de quelqu’un qui était totalement dévoré par le militantisme, rapporte le politologue Rémi Lefebvre, qui l’a eu en cours. Il n’avait aucun doute sur le fait que son militantisme allait être payant. Et aujourd’hui, il fait partie de ces cadres LFI qui sont absolument convaincus qu’ils vont prendre le pouvoir, que ce n’est qu’une question de temps. »

Tout de même conscient qu’il a besoin d’un plan B en cas de nouvelle défaite électorale, Ugo Bernalicis passe avec succès le concours de l’IRA (Institut régional d’administration). Attaché d’administration, il entre au ministère de l’Intérieur et gère de 2013 à 2017 la comptabilité des services de police et de gendarmerie de la zone Nord depuis la Cité administrative de Lille. Il a alors 70 personnes sous ses ordres et gère un budget de plusieurs millions d’euros. Une parenthèse interrompue par sa victoire aux législatives. « Ugo a un réel talent politique mais il n’aura sans doute jamais d’expérience professionnelle », tranche une figure EELV de la région. « C’est le problème en France : ceux qui baignent dans la politique depuis tout bébé sont ceux qui réussissent le mieux. Et tant pis s’ils vivent dans un bocal et ne se sont jamais confrontés à la réalité dans leur vie. »

Consécration en 2017

Une « grosse embrouille » avec le parti communiste empêche Ugo Bernalicis de conduire une liste d’union aux municipales de 2014 à Ronchin : la fédération PCF du Nord veut avoir la tête de liste. « Je le vis très mal et pendant six mois je ne milite quasiment plus », confie le prétendant malheureux. Au point de vouloir tout arrêter ? « Non, non, jamais de la vie ! », balaye-t-il. Il tente de rebondir en 2015 en participant à la liste conduite par Sandrine Rousseau (EELV-PG) aux régionales. Le résultat, moins de 5 %, est catastrophique. On connaît la suite : seul qualifié à gauche pour le second tour, le socialiste Pierre de Saintignon décide de se désister au profit de Xavier Bertrand pour faire barrage à Marine Le Pen.

La séquence suivante sera nettement plus profitable au jeune ambitieux. En 2016, Bernalicis participe au lancement de La France insoumise et commence à se spécialiser dans les questions de sécurité, peu explorées par le candidat Mélenchon. En 2017, divine surprise pour son camp, il est élu député de la deuxième circonscription du Nord (Hellemmes, Mons-en-Barœul, Villeneuve d’Ascq), la circonscription de Pierre Mauroy (de 1973 à 1981) et Bernard Derosier (de 1988 à 2012). Il pulvérise dès le premier tour la députée socialiste, Audrey Linkenheld. Et bénéficie au second tour des faiblesses de sa rivale macroniste Houmria Berrada, condamnée en 2011 pour avoir produit un faux diplôme.

Ugo Bernalicis recueille 64 % des voix : c’est la consécration tant attendue par ses parents, l’aboutissement d’un long parcours militant ! Il rejoint le groupe des 17 députés insoumis. « Après avoir fait nos premiers pas ensemble à l’Assemblée, nous avons très vite suivi l’un et l’autre des courants porteurs, lui sur les sujets qu’il voulait creuser, moi avec un profil plus généraliste », relate Adrien Quatennens. Devenu le bras droit de Mélenchon, Adrien Quatennens court les matinales radio et les plateaux télé et joue un rôle important dans la vie interne du mouvement. Ugo Bernalicis prend le temps de se spécialiser sur les sujets abordés en Commission des Lois. Jeune papa, il essaie aussi de préserver du temps libre en famille.

Le député « vu à la télé »

Trois ans après l'élection, les élus de sa circonscription continuent à snober ce député trop radical à leur goût. « On a des cartes cognitives qui ont des difficultés à entrer en contact, constate Rudy Elegeest, maire centre gauche de Mons-en-Barœul. Il est purement un homme d’appareil, alors que je suis d’origine associative et que je n’ai jamais été carté. Il fait beaucoup de com’, sur un ton très agressif, mais je le vois peu sur le terrain. J’ai regretté par exemple qu’il se soit abstenu en juillet 2018 lors du vote d’une loi sur les rodéos urbains alors que c’est un fléau dans sa circonscription ».

« Je n’ai pas les relais dans les communes parce que les maires, qui ne sont pas de mon bord politique, ne me font absolument aucun cadeau et ne m’invitent à pas grand-chose, admet Ugo Bernalicis. On doit toujours râler pour avoir les invitations, y compris pour les commémorations officielles. » De toute façon, le député ne veut pas jouer au « maire bis ». Il dénonce les pratiques clientélistes et préfère s’investir à l’Assemblée nationale. Pour garder le contact avec ses électeurs, il mise sur un effet « Vu à la télé ». « Quand vous faites des médias nationaux, vous êtes bien plus présent dans votre circonscription que quand vous faites la kermesse d’école », assure-t-il.

Faire revenir la gauche à la région

Quand il ne tape pas sur le gouvernement à l’Assemblée nationale, Ugo Bernalicis se détend en regardant des séries télé (La Casa de Papel) ou en jouant à Civilization VI sur la plateforme Twitch. Ce grand fan de jeux vidéo y incarne un personnage, le « dépuTwitch », et dialogue, très détendu, avec des « gamers ». Le 20 mai, lors d’un « live » de 3 heures et demie, Bernalicis évoque son avenir en cas d’échec aux prochaines législatives : « Le plan A, je retourne au ministère de l’Intérieur sur un poste disponible, sinon j’irai faire de la bière par exemple ». Mais il n’a pas vraiment l’air de croire qu’il devrait vivre d’autre chose que de la politique.

Si Jean-Luc Mélenchon était élu président en 2022, Adrien Quatennens verrait bien Ugo Bernalicis « ministre de l’Intérieur ou de la Justice ». « Il a tissé sa toile et il est notre référent sur ces sujets », souligne-t-il. En attendant, l’intéressé se porte candidat pour mener une liste d’union de la gauche aux élections régionales de mars 2021 (si elles ne sont pas reportées pour cause de coronavirus). « Parce que ça me fait chier que ma région soit de droite et d’extrême droite : avec toute l’histoire de ma famille, du mouvement ouvrier, ça n’a pas de sens », explique-t-il. En toile de fond, le destin tragique de son arrière-grand-père, arrêté par les gendarmes français sous Vichy et déporté à Dachau parce qu’il était militant communiste...

« Sur le papier, on est capable de reprendre la région, qui a toujours été à gauche », estime Ugo Bernalicis, qui veut faire alliance avec EELV et le PCF. Il pose toutefois ses conditions à une éventuelle liste d’union. Primo, pas question de partir au premier tour avec Patrick Kanner, ex-ministre du quinquennat honni de François Hollande. Secundo, il faudra débattre d’un éventuel désistement au second tour pour battre Marine Le Pen. « Le Front républicain, j’ai vu ce que ça donnait à Hénin-Beaumont, à la fin c’est le Front national qui gagne, c’est juste la mort à petit feu des autres organisations politiques », justifie-t-il.

« Si La France insoumise est tête de liste, on peut faire un effort pour laisser aux autres partis la majorité des places éligibles », propose-t-il. Tous derrière et lui devant… Mais le programme ? « Le programme, ça va être vite réglé, surtout si l’objectif a minima c’est des conseillers d’opposition », répond Ugo Bernalicis. Croit-il vraiment à une défaite de Xavier Bertrand ? Pas sûr. Mais il veut « mouiller le maillot » pour aider son camp à revenir dans l’hémicycle du conseil régional. En attendant la mère des batailles : la présidentielle de 2022.

En 2017, ils ont réussi à décrocher deux circonscriptions habituellement préemptées par le PS lillois. Trois ans et demi après, que sont ces députés insoumis devenus ? Après avoir retracé le parcours d’Adrien Quatennens, devenu depuis le numéro 2 de LFI, je me suis intéressé à Ugo Bernalicis, qui vient de présider une commission d’enquête très polémique sur l’indépendance de la justice. Entre deux confinements, j’ai interviewé une dizaine de témoins, parfois en off, et passé près de 2h30 à interviewer le député dans sa permanence à Hellemmes. Ses parents ont aussi pris le temps de me raconter ses jeunes années. Résultat des courses ? Comparer les parcours de Quatennens et de Bernalicis, c’est un peu jouer au jeu des 7 différences ! Ugo ? Il est tombé dans le chaudron de la politique quand il était petit, contrairement à Adrien. Lequel Quatennens affiche en toutes circonstances un sérieux imperturbable quand Bernalicis ne cache pas son amour des « blagounettes », y compris dans l’hémicycle. Même leur lien avec Jean-Luc Mélenchon est différent : l’un est dans un rapport quasi filial, l’autre est plus critique. On vous laisse trouver les autres différences… et prendre les paris sur leurs chances d’être réélus aux prochaines élections législatives.

 

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Titulaire de la carte de presse depuis 1999, après un passage à l’école de journalisme de Lille, j’ai écrit pour le magazine Pays du Nord, les suppléments de La Voix du Nord et le groupe L’Etudiant. Journaliste pour l’agence de presse AEF depuis 2003, je couvre l’actualité de l’éducation, de la formation et de l’emploi dans les Hauts-de-France. Je réalise régulièrement des enquêtes pour Mediacités Lille.