Prisons : « Je n’ai oublié aucun des douze pendus que j’ai décrochés pendant ma carrière »

Maton pendant trente ans dans les prisons lyonnaises, Gilbert Fetet a tout vu et tout connu. Des suicides de détenus à la surpopulation ou à la déshumanisation des maisons d’arrêt modernes comme celle de Corbas, il livre un témoignage poignant sur une réalité trop méconnue et souvent caricaturée.

Corbas (69) : Gardiens de prison au centre penitentiaire de Lyon-Corbas.
A la maison d’arrêt de Corbas, près de Lyon. Photo : Andia.

Certains l’appellent encore « surveillant », quand d’autres le hèlent par son prénom. En bas de chez lui, dans le quartier de la Guillotière, Gilbert Fetet croise de temps en temps d’anciens détenus. D’anciens de « ses » détenus. Beaucoup se contentent d'un grand salut et de quelques blagues. Quelques-uns vident leurs sacs sur l’enfer carcéral qu'ils devaient taire derrière les barreaux. « Un jour, un gars libéré depuis peu m'a dit : "Vous savez, le pire, c'est que lorsqu'on se fait violer, on ne peut pas vous le dire", confie-t-il. J'ai vécu et vieilli avec certains. Je les ai vus sortir, revenir, ressortir, revenir... »

Saint-Paul et Saint-Joseph puis Corbas : pendant trente ans, Gilbert Fetet a écumé les prisons lyonnaises. Il y a gagné un surnom : « le

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Publié le

Temps de lecture : 6 minutes

Par Robin Bouctot