Il y a quelques mois encore, certains de ses camarades n’auraient pas misé « un kopeck » sur lui. Aujourd’hui, François Briançon surprend. Le candidat socialiste à la mairie de Toulouse, longtemps perçu, comme un homme de coulisses un peu « mollasson », a opéré une métamorphose que personne dans son entourage n’avait véritablement anticipée.
Nouvelles lunettes rondes à monture imitation bois, style vestimentaire revu, présence renforcée sur les réseaux sociaux : l’homme s’est transformé. « Il cherche vraiment à rentrer dans la peau du maire. Aujourd’hui, il détonne, il a la rage de vaincre », glisse un colistier tenant à garder son anonymat.
Pour comprendre cette métamorphose, il faut remonter loin, avant même l’adolescent de quinze ans qui adhère au Parti socialiste quelques semaines avant la victoire de François Mitterrand, le 10 mai 1981.
L’héritier discret d’une famille de militants
François Briançon est né dans une famille où l’engagement politique ne se discute pas, il se respire. Son père, Antoine Briançon, dit « Tony », a dirigé la chambre d’agriculture de la Haute‐Garonne avant d’occuper le poste de premier secrétaire fédéral du Parti socialiste entre 1978 et 1986. Sa mère, Lolita, fille d’un Républicain andalou devenu mineur à Carmaux, est enseignante et élue à Colomiers.
Son frère Philippe y siège lui aussi comme adjoint socialiste et jouerait aujourd’hui, auprès de son frère, un rôle de passerelle discret, mais précieux auprès des partisans de Carole Delga.
Cet héritage familiale porte aussi des blessures. En 1986, Antoine Briançon est contraint de quitter la tête de la fédération socialiste à la suite d’une crise interne. Le socialiste Alex Raymond, battu par Dominique Baudis dans la course à la présidence du conseil régional, avaient noué des contacts avec le Front national. Convoqué par les instances nationale du PS pour éclaircir son rôle dans la compromission, Antoine Briançon démissionne pour éteindre la pol …