L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 30/01/2026
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Avec près de 30 % de part modale, la marche est le deuxième mode de déplacement le plus utilisé dans la métropole lilloise. Fort de ce constat et face à l’émergence des « modes doux » - de plus en plus populaires depuis le Covid-19 - Martine Aubry a promis, dans son programme, de doubler l’espace réservé aux piétons dans le réaménagement de l’espace public.

Plusieurs projets portés par la mairie durant le mandat laissent visiblement la part belle aux piétons - mais aussi aux cyclistes après travaux. Rue du Molinel, Boulevard Carnot, Rue Solférino... : les trottoirs réhabilités dans les rues qui ont connu des métamorphoses paysagères récentes sont désormais plus larges, et la place accordée à la voiture moins importante. La piétonnisation de la Grand Place, décidée par le nouveau maire Arnaud Deslandes en fin de mandat a également permis aux piétons de transiter sur un espace plus apaisé. 

Interrogée, la Ville de Lille nous a fourni des chiffres pour pouvoir comparer les situations avant et après travaux et vérifier cette promesse :

  • Rue du Molinel : 
    Avant travaux, la part dévolue aux piétons était de 39 %, la part dévolue aux cyclistes de 4 % et la part dévolue aux automobilistes de 56 %. Après travaux, la part dévolue aux piétons est de 52 %, la part dévolue aux cyclistes de 10 %, aux bus de 12 % et aux automobilistes de 15 % (10 % sont occupés par des espaces verts). La place accordée aux piétons a donc augmenté de 33 %.

  • Rue Pierre Mauroy : 
    Avant travaux, la part dévolue aux piétons était de 35 %, la part dévolue aux cyclistes était de 2 % et la part dévolue aux automobilistes de 55 %. Après travaux, la part dévolue aux piétons est de 49 %, la part dévolue aux cyclistes est de 5 % et la part dévolue aux automobilistes est de 19 %. La municipalité précise que les piétons ont également accès aux espaces verts qui constituent 27 % de la surface de la rue. La place accordée aux piétons a donc augmenté de 240 %.

  • Rue Solférino :
    Avant travaux, la part dévolue aux piétons était de 36 % et la part dévolue aux automobilistes et aux cyclistes était de 64 %. Après travaux, la part dévolue aux "piétons, plantations et vélo" est de 59 % et celle dévolue aux automobilistes de 41 %. Nous ne pouvons pas comparer ces chiffres puisque la part des cyclistes est d'abord comprise avec les automobilistes puis avec les piétons. 

  • Boulevard Carnot :
    Avant travaux, la part dévolue aux piétons était de 12 %, celle dévolue aux cyclistes de 7 % et celle dédiée aux automobilistes de 70 %. Après travaux, la part dévolue aux piétons est de 28 %, celle accessible aux cyclistes 15 % et celle dévolue aux automobilistes 35 % (avec 22 % d'espaces verts). La place accordée aux piétons a donc augmenté de 130 %.

  • Place Jeanne d'arc :
    La place dévolue aux piétons est passé de 14 à 29 %, celle dévolue aux vélos de 5 à 15 % et celle de la voiture de 74 à 29 % (avec 27 % d'espaces verts). La place accordée aux piétons a donc augmenté de 107 %.

  • Place Philippe Lebon :
    La place dévolue aux piétons est passée de 31 à 43 %, celle dévolue aux vélos de 5 à 10 %, et celle de la voiture de 58 à 12 % (avec 35 % d'espaces verts accessibles aux piétons). La place accordée aux piétons a donc augmenté de 151 %.


Globalement, nous pouvons dire que la Ville de Lille a respecté sa promesse d'élargir les trottoirs et de laisser plus d'espace aux piétons. 

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Construction de 8000 logements

Mairie + Métropole Logement
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 02/02/2026
En annonçant 8000 logements à construire au cours des six prochaines années, Martine Aubry reste dans la lignée de ses deux derniers mandats (23 400 logements construits, dont 30 % sociaux, entre 2008 et 2020). Ce chiffre de 8000 logements à bâtir répond à un besoin de 1 200 nouveaux logements par an. La maire de Lille, longtemps adepte de la « ville dense », doit désormais concilier la nécessité de construire avec la nouvelle priorité donnée à la « métamorphose paysagère » de la commune.

Entre 2015 et 2020 - soit quasiment la durée du précédent mandat de Martine Aubry - ce sont plus de 9 000 logements qui ont été construits à Lille.

Dans son programme local de l'habitat (PLH), publié en 2022, la ville de Lille (en prenant en compte Hellemmes et Lomme) prévoyait la construction de 141 nouveaux projets d'habitat d'ici 2028, pour un total de 8 788 logements. Un nombre qui reste inférieur aux nécessités du terrain : "sur le territoire lillois, les besoins sont estimés à 10 850 logements", précise le document. 

Dans son bilan sur le logement présenté lors du conseil municipal du 12 décembre 2025, Anissa Baderi, adjointe en charge du dossier, alertait : "les besoins sont toujours croissants et il nous faut pouvoir y répondre". Elle explique que la production a été fortement impactée par la crise sanitaire et l'explosion des coûts de construction, mais aussi le recours contre le projet Saint-Sauveur. "2000 logements ont cruellement manqué aux Lillois en cette crise du logement", regrette l'élue. 

D'ici à mars 2026, la Ville assure qu'elle aura inauguré 6560 nouveaux logements dont 34% abordables. Parmi ces logements, 1200 logements sont destinés aux étudiants, 300 issus de transformation de bureaux. "Rien n'est jamais simple en matière de logement mais ce fut particulièrement difficile dans ce mandat (...) Nous sommes a 80% de l'objectif, c'est un beau résultat [dans ce contexte]", appuie Anissa Baderi.

L'écologiste Stéphane Baly conteste ces chiffres. Se fiant aux données ministérielles de la base Sitadel, qui recense les permis de construire, il a noté seulement 3500 nouveaux logements construits sur le mandat. 

Puisque la mairie de Lille n'a pas atteint l'objectif chiffré qu'elle s'était fixé, nous classons cette promesse comme non tenue. 

Valorisation du transport fluvial pour particuliers et marchandises

Mairie Mobilités
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 02/02/2026
Exploiter la Deûle et en faire une véritable voie pour les transports en commun, c’est l’idée émise par Damien Castelain dans son projet métropolitain. Il souhaite créer des navettes fluviales sur la Deûle pour les trajets du quotidien ou touristiques, « notamment dans les secteurs des Weppes entre Don et Lille ».

En 2020, le président de la métropole et les représentants des Voies navigables de France avaient estimé un investissement de 200 à 250 000 euros pour mettre les navettes sur l’eau. La principale difficulté résidait à l’époque en la vitesse des bateaux. Aujourd’hui cependant, le projet ne figure pas dans le plan de mobilités de la MEL à l’horizon 2035, et semble avoir disparu des radars.

La ville de Lille a cependant terminé un autre chantier important : la construction de sa gare d’eau, en collaboration avec la MEL. Achevée en 2023 et située aux Bois-Blancs, elle constitue la première halte nautique sur la Deûle, accessible aux bateaux de plaisance.

Une nouvelle jetée de 113 mètres de long et de 5 mètres de large a été construite. Elle permet l’amarrage de 17 péniches destinées au logement et d’un bateau recevant du public.

Néanmoins, le transport fluvial pour particuliers et marchandises n'a pas connu un boum au cours de ce mandat, nous classons donc cette promesse comme non tenue. 

Verdir les entrées de villes et faciliter leur franchissement à pied ou à vélo

Mairie Urbanisme
Promesse en partie appliquée
Mis à jour le : 02/02/2026
Depuis le début du mandat actuel de Martine Aubry, plusieurs aménagements cyclables ont été réalisés aux entrées de la ville, comme sur le boulevard de Strasbourg, par exemple. Le pont de Tournai, à Fives, a aussi fait l’objet de travaux, ainsi que la porte d'Arras ou encore la rue de Cambrai (entre JB Lebas et porte de Valenciennes.

Certains trottoirs ont été élargis pour favoriser la marche à pied, comme sur le boulevard Carnot ou la rue de Jussieu (Moulins).

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