2020-09-lille-promesse-phare-impots
Pas d’augmentation des impôts et un endettement limité
Mairie Finances et administration
Promesse tenue
Promesse de Martine Aubry
Liste majoritaire à la mairie de Lille
Parti socialiste (PS)

L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 04/12/2025
Partager
C’est la priorité numéro 20 de Martine Aubry : « une gestion saine et efficace sans augmenter les impôts. » Mais la formulation est un peu générale. Et elle ne promet pas d’améliorer la situation.

Dans son bilan de mandat, la majorité se félicite de n'avoir procédé à « aucune augmentation des impôts communaux depuis 2018 ». Cette affirmation concerne notamment la taxe foncière (Lille est l'une des grandes villes où la taxe foncière est peu élevée : elle se classe 40e ville de plus de 100 000 habitants sur 42). De quoi considérer cet aspect de la promesse comme tenu.

Les plus critiques de la gestion municipale pourront en revanche relever que l'extension du stationnement payant dans plusieurs quartiers de la capitale des Flandres peut être considéré comme une sorte de nouvel impôt local.

Concernant l’endettement, en baisse constante depuis plusieurs années (tombé à 339 millions d’euros en 2022, soit 14 millions d’euros de moins qu’en 2020), il a finalement repris en 2025, dans un contexte budgétaire fortement contraint par les décisions de l'État. Un léger retour à l'emprunt a en effet été décidé, une première depuis 2018.

Pour 2026, la ville prévoit un endettement à hauteur de 414 millions d'euros pour poursuivre ses investissements, contre 388 millions d'euros en 2025. À ce niveau d'emprunt, il faudra 9,9 années à la ville de Lille pour apurer sa dette, contre environ 6,4 ans en 2024 et 8 ans en 2025 (le seuil d'alerte est à 12 ans). En ce sens, on peut dire que l'endettement reste "contenu". À noter toutefois que d’après le site des collectivités locales du ministère de l’Intérieur, l’endettement par habitant des Lillois est plus important que la moyenne nationale : il s’élevait à 1486 euros en 2021 contre 1111 euros pour les villes de la même strate de la population.

L’actualité de cette promesse

Recevoir des alertes par e-mail sur l'actualité de cette promesse
Vous avez une information à nous partager sur cette promesse ?
Voir les actualités précédentes

Achat d’engins de nettoyage plus performants et écologiques

Mairie Urbanisme
Promesse en partie appliquée
Mis à jour le : 05/02/2026
Sur son site, la Ville de Lille explique que ses services dédiés à la propreté assurent le "nettoyage des espaces publics, l'effacement des tags (confiés à un prestataire privé), le traitement des animaux liminaires, le salage hivernal et le ramassage des feuilles". Ces tâches sont confiées à la société Lilébo (filiale de Véolia) pour les quartiers de Lille-Centre, Moulins, Vieux-Lille, Vauban et Wazemmes. Pour les autres quartiers, le noyage est assuré en régie.

La Ville explique utiliser plus de 100 engins à cet effet. Interrogée, elle ajoute que depuis le début du mandat, en cumulant ses véhicules et celle du prestataire Lilébo, ont été acquis : 

-9 bennes à ordures pour la collecte de déchets qui fonctionnent au gaz naturel de ville

-2 bennes à ordures pour la collecte des déchets électriques

-1 camion grue qui fonctionne au gaz 

-14 véhicules plateau électriques

-2 balayeuses électriques 

-3 véhicules B100 fonctionnant au colza

-5 laveuses électriques ou au gaz

-7 balayeuses fonctionnant au gaz 

-10 gluttons (aspirateurs de trottoirs) électriques

-33 vélos triporteurs électriques

A ces véhicules, s'ajoutent quelques véhicules légers (type kangoo) électriques pour le transport des encadrants du service. 

La Ville de Lille explique que le Plan de mobilité employeur (PDME) adopté entre 2022 et 2026 prévoit bien un verdissement progressif de la flotte municipale, et qu'en 2024, 58,6% des véhicules achetés sont des véhicules peu polluants. Selon le rapport de développement durable 2025, 19,% des véhicules du parc municipale sont des engins à faibles ou très faibles émission. 80 % sont donc encore considérés comme polluants. En ce qui concerne son service de nettoyage en particulier, la Ville a donc acquis majoritairement des véhicules électriques et au gaz. Elle se justifie en expliquant que le passage à une flotte moins polluante "est plus difficile pour les engins techniques". Le gaz étant une énergie fossile, nous classons cette promesse comme en partie appliquée. 

 

Inauguration d'un démonstrateur de l'agriculture urbaine au Palais Rameau en 2021

Mairie Environnement
Promesse en partie appliquée
Mis à jour le : 05/02/2026
Le 23 septembre 2021, la ville de Lille, propriétaire du palais Rameau, a signé un bail de 25 ans avec l’école d’ingénieur Junia, afin d'en faire «  un démonstrateur des agricultures et de l’alimentation de demain », selon le site internet du projet. Le lieu a finalement été inauguré après travaux le 28 janvier 2025, avec quatre ans de retard. 

La Ville de Lille explique que ce retard est dû à « des raisons notamment techniques compte tenu de l'ampleur de la restauration bâtimentaire », mais précise qu'il remplit bien aujourd'hui sa vocation dédiée à l'innovation et l'enseignement. 

 

Mise en place de Zones à Faibles Émissions à la rentrée 2020

Mairie Mobilités
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 05/02/2026
C'était d’abord oui. Ça a ensuite été « oui mais pas de suite », puis « oui mais pas tout de suite et pas trop restrictif », et c’est finalement… « tout ça pour ça », résumions-nous à l'automne 2025. 

La zone à faible émissions, ZFE, c'est en effet l'un des principaux feuilletons - et l'un des principal échec - de ce mandat. Le projet, prévu en 2020, a finalement été repoussé au 1er janvier 2025 en raison des grandes difficultés rencontrées pour accompagner les habitants dans leur changement de leurs pratiques de mobilité. Aussi, la ZFE lilloise se distingue par le minimalisme de ces restrictions. Si tous les véhicules doivent désormais arborer la fameuse vignette Crit'air, seuls ceux qui sont non classés sont interdits de circulation. Ainsi, au final, cette mesure concerne un peu plus de 6000 véhicules... et de nombreuses dérogations existent : faire moins de 8000 km par an, posséder une carte Pass pass ou un abonnement TER, être un professionnel ou un commerçant ambulant, avoir une voiture de collection...

L'avis de l'ensemble des communes de la MEL avait été sollicité entre le printemps et l’été 2024. Sur les 95 communes de la métropole, 38 ont émis un avis défavorable, 33 un avis favorable, 9 se sont abstenus et 15 n’avaient même pas pris la peine de répondre.  « Les résultats de cette consultation amènent à conclure à l’absence d’acceptabilité à ce stade de la ZFE‑m initialement envisagée », avait conclu l’exécutif métropolitain.

Dernier épisode, national celui-ci, au printemps 2025, un amendement porté par Les Républicains et le Rassemblement national dans le cadre du projet de loi "simplification" visait à supprimer les dispositifs ZFE partout en France. Mais, en raison des turbulences gouvernementales, le vote final du texte n'a toujours pas été mis à l'ordre du jour de l'Assemblée. De nombreux observateurs alertent d'ailleurs sur la fragilité juridique de cet amendement, qui pourrait être censuré par le Conseil constitutionnel s'il le considérait comme "cavalier législatif", autrement dit hors-sujet. La loi "simplification de la vie économique" vise en effet à "alléger la charge administrative des entreprises". 

A ce sujet, la Ville de Lille explique à Mediacités qu' "alors que la MEL s'était engagée en 2019 à créer une ZFE dont il ne restait que le cadre opérationnel à définir, le comité ministériel Qualité de l'air en ville du 10 juillet 2023 a requalifié la MEL en territoire de vigilance. La restriction imposée par la loi qui concernait les véhicules de Crit'Air 4 et 5 s'est ainsi restreinte aux seuls véhicules non classés (avant 1997)". 

La MEL a décidé de rouvrir le débat considérant ce nouveau cadre légal. "Au cours de cette consultation, en 2024, la Ville de Lille a réitéré son soutien au scénario du maintien de la ZFE dans les conditions initialement prévues par la loi et Résilience, considérant les bénéfices attendus en termes de qualité de l'air et de transition écologique", précisent les services, qui expliquent que La Ville de Lille a alors soutenu la mise en place progressive de cette restriction, assorties de mesures d'accompagnement renforcées de la part de la MEL et de l'Etat afin de favoriser son acceptabilité. Mais la MEL a finalement adopté un autre scénario plus léger, "contre l'avis de la Ville de Lille", regrettent-ils. 

Pour aller plus loin

Vous aimeriez lire toutes nos enquêtes collaboratives ?

Faites vivre l’investigation locale, soutenez Mediacités

1 / ?