L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 28/11/2025
Partager
C’était l’un des objectifs du « plan Canopée » défendu par Martine Aubry, qui se veut « au service de la nature en ville et de la biodiversité ». La maire de Lille veut renforcer la présence végétale dans l’espace public en créant, entre autres, des mini-forêts, et en plantant 20 000 arbres d’ici 2026. Ils viendront s’ajouter aux 35 000 arbres aujourd’hui présents dans la ville de Lille.

Dès 2020, 3 200 arbres ont été introduits à Lille, dont 2 200 dans des mini-forêts. Des plantations citoyennes étaient aussi réalisées dans sept écoles du territoire. Selon une étude de l’Institut Montaigne publiée lors des élections municipales de 2020, la promesse de planter 20 000 arbres coûterait 37,6 millions d’euros. La mairie de Lille, quant à elle, avance le chiffre de cinq millions d’euros par an, soit un total de 30 millions d’euros.

En 2023, dans le magazine de la ville de Lille "LilleMag", la majorité municipale affirmait que l'objectif de 20 000 arbres était atteint.  Dans leur bilan de fin de mandat, Martine Aubry et Arnaud Deslandes affirment même que les résultats ont été plus que doublés, avec 49 000 arbres plantés au cours du mandat. 

« La nature en ville n’est pas uniquement une question arithmétique », nuance néanmoins l’élu municipal écologiste Stéphane Baly. En effet, tous les arbres ne se valent pas et n’ont pas le même potentiel d’absorption de dioxyde de carbone.

De plus, l’impact de forêts urbaines ne fait pas consensus entre les scientifiques comme l’écrivait Mediacités en décembre 2021. « Aucune étude sérieuse n’a encore démontré leurs éventuels bénéfices ou conséquences sur la biodiversité des alentours », expliquait notamment Annabel Porté, chercheuse en écologie forestière à l’Inrae de Bordeaux (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). 

 

L’actualité de cette promesse

Recevoir des alertes par e-mail sur l'actualité de cette promesse
Vous avez une information à nous partager sur cette promesse ?
Voir les actualités précédentes

Contrôle renforcé de la location type AirBnB

Mairie Logement
Promesse tenue
Mis à jour le : 06/02/2026
Comme beaucoup de grandes villes françaises, Lille est touchée par la prolifération de logements en location sur Airbnb, ce qui aggrave la pénurie de logements en location longue-durée. En conséquence, Martine Aubry promettait lors de la campagne municipale 2020 un « contrôle renforcé de la location touristique de type Airbnb afin qu’elle n’amenuise pas l’offre de logements familiaux disponibles et préserve la qualité de vie dans les résidences ».

Depuis l’été 2020, trois agents municipaux sont spécifiquement dédiés à une mission de contrôle des logements sur Airbnb, comme l’expliquait Mediacités dans un décryptage paru en 2022. « Vu la masse de données à analyser, ce n’est pas facile », reconnaissait l’adjointe à l’Habitat Anissa Baderi ».

Depuis le 1er avril 2024, les propriétaires souhaitant proposer une résidence secondaire sur une plateforme de location à courte durée doivent formuler une démarche visant à obtenir le changement d'usage de leur logement, et « justifier la compensation de cette mutation par la création d'un logement équivalent », indique la Ville. Quand il s'agit d'une résidence principale, le propriétaire doit également s'enregistrer auprès de la mairie de Lille et peut louer ce logement dans la limite de 120 jours par an. En 2024, plus de 2500 logements avaient été proposés à la location comme meublés de tourisme en ligne. 

Fort de ces nouvelles règles, la Ville a fait condamner, pour la première fois, le 21 octobre 2025, le propriétaire d'un logement Airbnb à une amende de 33 000 euros reversée à la commune. Il avait été traduit en justice après avoir été contrôlé par les services municipaux, qui avaient constaté que le bien était abusivement loué. A cette occasion, la municipalité précisait avoir mené 600 vérifications d'adresse et 200 contrôles sur un an (dont une soixantaine de logements visités). « Dès qu'une infraction est constatée, la Ville saisit systématiquement la justice sur la base des procès-verbaux qu'elle dresse », indique le service presse. 

Achat d’engins de nettoyage plus performants et écologiques

Mairie Urbanisme
Promesse en partie appliquée
Mis à jour le : 05/02/2026
Sur son site, la Ville de Lille explique que ses services dédiés à la propreté assurent le "nettoyage des espaces publics, l'effacement des tags (confiés à un prestataire privé), le traitement des animaux liminaires, le salage hivernal et le ramassage des feuilles". Ces tâches sont confiées à la société Lilébo (filiale de Véolia) pour les quartiers de Lille-Centre, Moulins, Vieux-Lille, Vauban et Wazemmes. Pour les autres quartiers, le noyage est assuré en régie.

La Ville explique utiliser plus de 100 engins à cet effet. Interrogée, elle ajoute que depuis le début du mandat, en cumulant ses véhicules et celle du prestataire Lilébo, ont été acquis : 

-9 bennes à ordures pour la collecte de déchets qui fonctionnent au gaz naturel de ville

-2 bennes à ordures pour la collecte des déchets électriques

-1 camion grue qui fonctionne au gaz 

-14 véhicules plateau électriques

-2 balayeuses électriques 

-3 véhicules B100 fonctionnant au colza

-5 laveuses électriques ou au gaz

-7 balayeuses fonctionnant au gaz 

-10 gluttons (aspirateurs de trottoirs) électriques

-33 vélos triporteurs électriques

A ces véhicules, s'ajoutent quelques véhicules légers (type kangoo) électriques pour le transport des encadrants du service. 

La Ville de Lille explique que le Plan de mobilité employeur (PDME) adopté entre 2022 et 2026 prévoit bien un verdissement progressif de la flotte municipale, et qu'en 2024, 58,6% des véhicules achetés sont des véhicules peu polluants. Selon le rapport de développement durable 2025, 19,% des véhicules du parc municipale sont des engins à faibles ou très faibles émission. 80 % sont donc encore considérés comme polluants. En ce qui concerne son service de nettoyage en particulier, la Ville a donc acquis majoritairement des véhicules électriques et au gaz. Elle se justifie en expliquant que le passage à une flotte moins polluante "est plus difficile pour les engins techniques". Le gaz étant une énergie fossile, nous classons cette promesse comme en partie appliquée. 

 

Pour aller plus loin

Vous aimeriez lire toutes nos enquêtes collaboratives ?

Faites vivre l’investigation locale, soutenez Mediacités

1 / ?