L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 30/01/2026
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La lutte contre les marchands de sommeil figurait déjà à l’ordre du jour du conseil municipal de Lille en 2006, signe d’un engagement au long cours.

En 2022, la cour d’Appel de Douai confirmait la condamnation d’un marchand de sommeil lillois à un an de prison et à une amende de 20 000 euros. Le couple était propriétaire de plusieurs logements indignes rue du Faubourg-des-Postes, à Lille Sud.

Dans un communiqué de presse cité par La Voix du Nord, la Ville de Lille avait tenu à souligner « le caractère inédit et la lourdeur de ces sanctions, qui font de ce jugement un signal fort en direction de tous ceux qui exploitent, à travers la difficulté pour certains de se loger, la pauvreté et le désarroi des personnes les plus fragiles. »

Au-delà de ce jugement emblématique, la Ville de Lille, qui compte une dizaine d’inspecteurs dédiés à la lutte contre l’habitat indigne, explique avoir poursuivi son action en la matière par le "mobilisation quotidienne" du Service Communal d'Hygiène et Santé. Au cours du mandat, ces agents ont suivi près de 6 000 procédures engagées au titre de l'hygiène de l'habitant. 193 arrêtés préfectoraux d'insalubrité ont été prononcés. Une partie d'entre eux a entraîné une interdiction temporaire ou définitive d'habiter. 

La Ville de Lille ajoute que 90 arrêtés préconisant des travaux afin de remédier à l'insalubrité ont été levés. Ces actions ont permis la réhabilitation de 112 logements qui ont pu être de nouveau habités. 

11 procès-verbaux et signalements ont été transmis au Parquet de Lille, donnant lieu à la condamnation de quatre marchands de sommeil au total, dont deux à de la prison. 

La Ville agit également sur le volet de la prévention grâce aux outils mis en place par la loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) adoptée en 2014. Deux dispositifs, le permis de louer (déclaration préalable à la mise en location ou autorisation de mise en location) et le permis de diviser (déclaration préalable pour travaux visant à séparer des appartements) permettent à la Ville de garder un œil sur les actions des propriétaires. 

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Renforcer la présence humaine au pied des immeubles

Mairie Sécurité
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 09/02/2026
Dans le programme qu’elle a présenté aux Lillois lors des dernières élections municipales, Martine Aubry a promis de « renforcer les présences humaines rassurantes au pied des immeubles touchés par les trafics ».

Interrogée, la Ville de Lille explique que les effectifs des agents de liaison et de médiation sociale (les médiateurs municipaux) ont augmenté de deux personnes depuis 2020, passant de 14 agents à 16 agents (11 agents titulaires, 3 adultes relais, un coordinateur et un coordinateur adjoint). La Ville de Lille ajoute qu'elle finance également chaque année via le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) des associations de prévention, à hauteur d'environ un demi-million d'euros par an. Parmi les associations soutenues par la Ville, les clubs de prévention tels qu'Itinéraires, permettent d'accentuer la prévention sur le terrain. Ceux-ci sont néanmoins touchés de plein fouet par le recul des financements de l'Etat et du Département ces derniers mois et contraints à des réorganisations internes de leurs effectifs.

Des moyens qui restent nettement insuffisants pour mailler le territoire jour et nuit afin de lutter contre le trafic de stupéfiant, qui reste préoccupant à Lille. Le manque d'effectif a notamment animé le Grand débat des municipales organisé par des associations étudiantes le 21 janvier 2026. Arnaud Deslandes a lui-même concédé qu'il fallait déployer davantage de médiateurs de rue « notamment la nuit ». La candidate insoumise, Lahouaria Addouche, qui a elle-même travaillé dans un club de prévention lillois regrette également que les postes de médiateurs sociaux soient globalement « des contrats précaires de trois ans qui ne permettent pas de créer du lien avec les habitants ». 

Au vu de ce constat, nous considérons cette promesse comme non tenue. 

Contrôle renforcé de la location type AirBnB

Mairie Logement
Promesse tenue
Mis à jour le : 06/02/2026
Comme beaucoup de grandes villes françaises, Lille est touchée par la prolifération de logements en location sur Airbnb, ce qui aggrave la pénurie de logements en location longue-durée. En conséquence, Martine Aubry promettait lors de la campagne municipale 2020 un « contrôle renforcé de la location touristique de type Airbnb afin qu’elle n’amenuise pas l’offre de logements familiaux disponibles et préserve la qualité de vie dans les résidences ».

Depuis l’été 2020, trois agents municipaux sont spécifiquement dédiés à une mission de contrôle des logements sur Airbnb, comme l’expliquait Mediacités dans un décryptage paru en 2022. « Vu la masse de données à analyser, ce n’est pas facile », reconnaissait l’adjointe à l’Habitat Anissa Baderi ».

Depuis le 1er avril 2024, les propriétaires souhaitant proposer une résidence secondaire sur une plateforme de location à courte durée doivent formuler une démarche visant à obtenir le changement d'usage de leur logement, et « justifier la compensation de cette mutation par la création d'un logement équivalent », indique la Ville. Quand il s'agit d'une résidence principale, le propriétaire doit également s'enregistrer auprès de la mairie de Lille et peut louer ce logement dans la limite de 120 jours par an. En 2024, plus de 2500 logements avaient été proposés à la location comme meublés de tourisme en ligne. 

Fort de ces nouvelles règles, la Ville a fait condamner, pour la première fois, le 21 octobre 2025, le propriétaire d'un logement Airbnb à une amende de 33 000 euros reversée à la commune. Il avait été traduit en justice après avoir été contrôlé par les services municipaux, qui avaient constaté que le bien était abusivement loué. A cette occasion, la municipalité précisait avoir mené 600 vérifications d'adresse et 200 contrôles sur un an (dont une soixantaine de logements visités). « Dès qu'une infraction est constatée, la Ville saisit systématiquement la justice sur la base des procès-verbaux qu'elle dresse », indique le service presse. 

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