L’analyse de Mediacités

Mis à jour le 30/01/2026
Partager
Réaménager les friches, c’est permettre de créer sur de l’ancien sans artificialiser les sols, pallier la crise du logement ou encore aménager un espace laissé à l’abandon. Celles de Lille sont nombreuses, à l’image de l’iconique friche Saint-Sauveur dont l’avenir fait encore l’objet d’une grande bataille entre les associatifs et les collectivités.

Dans son programme, Martine Aubry en a ciblé deux : d'abord le site des Pyramides, qu’occupait autrefois une cinquantaine de personnes. Il a été évacué en janvier 2023, sur demande de la préfecture du Nord. Depuis, la mairie l'a transformé en plaine sportive, avec un terrain de basket, un city-stade, un skatepark, et un funtrack. Le site inauguré en septembre 2024 a également été verdi, et des arbres plantés. 

Toujours dans son programme, Martine Aubry écrit : "la friche Lestiboudois, requalifiée pour y accueillir de l'habitat et un jardin public, sera intégrée dans le projet du Boulevard de la Lorraine (...). A terme, le lien sera fait avec le nord du Port de Lille s'il est enfin reconquis par la cité". La friche Lestiboudois correspond à l'ancien site EDF-Transpole (qui abritait un site industriel et des entrepôts de bus).

Une première phase de travaux a été engagée en 2024. Il a d'abord fallu procéder au curage des bâtiments, au désamiantage et à la déconstruction. Depuis l'été 2025, il s'agit désormais de traiter la pollution du site. Après ces travaux, "des études de pollution complémentaires seront nécessaires avant d'entamer un projet d'aménagement", précise la Ville. Nous sommes encore donc loin d'avoir une friche complètement réaménagée à la fin du mandat. 

A noter également que pour le moment, aucun lien n'est fait avec le Port de Lille, qui n'a pas été "reconquis par la cité" au cours du mandat. 

L’actualité de cette promesse

Recevoir des alertes par e-mail sur l'actualité de cette promesse
Vous avez une information à nous partager sur cette promesse ?
Voir les actualités précédentes

Renforcer la présence humaine au pied des immeubles

Mairie Sécurité
Promesse abandonnée/non tenue
Mis à jour le : 09/02/2026
Dans le programme qu’elle a présenté aux Lillois lors des dernières élections municipales, Martine Aubry a promis de « renforcer les présences humaines rassurantes au pied des immeubles touchés par les trafics ».

Interrogée, la Ville de Lille explique que les effectifs des agents de liaison et de médiation sociale (les médiateurs municipaux) ont augmenté de deux personnes depuis 2020, passant de 14 agents à 16 agents (11 agents titulaires, 3 adultes relais, un coordinateur et un coordinateur adjoint). La Ville de Lille ajoute qu'elle finance également chaque année via le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) des associations de prévention, à hauteur d'environ un demi-million d'euros par an. Parmi les associations soutenues par la Ville, les clubs de prévention tels qu'Itinéraires, permettent d'accentuer la prévention sur le terrain. Ceux-ci sont néanmoins touchés de plein fouet par le recul des financements de l'Etat et du Département ces derniers mois et contraints à des réorganisations internes de leurs effectifs.

Des moyens qui restent nettement insuffisants pour mailler le territoire jour et nuit afin de lutter contre le trafic de stupéfiant, qui reste préoccupant à Lille. Le manque d'effectif a notamment animé le Grand débat des municipales organisé par des associations étudiantes le 21 janvier 2026. Arnaud Deslandes a lui-même concédé qu'il fallait déployer davantage de médiateurs de rue « notamment la nuit ». La candidate insoumise, Lahouaria Addouche, qui a elle-même travaillé dans un club de prévention lillois regrette également que les postes de médiateurs sociaux soient globalement « des contrats précaires de trois ans qui ne permettent pas de créer du lien avec les habitants ». 

Au vu de ce constat, nous considérons cette promesse comme non tenue. 

Contrôle renforcé de la location type AirBnB

Mairie Logement
Promesse tenue
Mis à jour le : 06/02/2026
Comme beaucoup de grandes villes françaises, Lille est touchée par la prolifération de logements en location sur Airbnb, ce qui aggrave la pénurie de logements en location longue-durée. En conséquence, Martine Aubry promettait lors de la campagne municipale 2020 un « contrôle renforcé de la location touristique de type Airbnb afin qu’elle n’amenuise pas l’offre de logements familiaux disponibles et préserve la qualité de vie dans les résidences ».

Depuis l’été 2020, trois agents municipaux sont spécifiquement dédiés à une mission de contrôle des logements sur Airbnb, comme l’expliquait Mediacités dans un décryptage paru en 2022. « Vu la masse de données à analyser, ce n’est pas facile », reconnaissait l’adjointe à l’Habitat Anissa Baderi ».

Depuis le 1er avril 2024, les propriétaires souhaitant proposer une résidence secondaire sur une plateforme de location à courte durée doivent formuler une démarche visant à obtenir le changement d'usage de leur logement, et « justifier la compensation de cette mutation par la création d'un logement équivalent », indique la Ville. Quand il s'agit d'une résidence principale, le propriétaire doit également s'enregistrer auprès de la mairie de Lille et peut louer ce logement dans la limite de 120 jours par an. En 2024, plus de 2500 logements avaient été proposés à la location comme meublés de tourisme en ligne. 

Fort de ces nouvelles règles, la Ville a fait condamner, pour la première fois, le 21 octobre 2025, le propriétaire d'un logement Airbnb à une amende de 33 000 euros reversée à la commune. Il avait été traduit en justice après avoir été contrôlé par les services municipaux, qui avaient constaté que le bien était abusivement loué. A cette occasion, la municipalité précisait avoir mené 600 vérifications d'adresse et 200 contrôles sur un an (dont une soixantaine de logements visités). « Dès qu'une infraction est constatée, la Ville saisit systématiquement la justice sur la base des procès-verbaux qu'elle dresse », indique le service presse. 

Pour aller plus loin

Vous aimeriez lire toutes nos enquêtes collaboratives ?

Faites vivre l’investigation locale, soutenez Mediacités

1 / ?