Vue du ciel, l’empreinte de la « civilisation du loisir » sur Nantes et la Loire-Atlantique

[4/6] Pendant tout l'été, Mediacités brosse le portrait du département de Loire-Atlantique, à base d'images d'archive et de photos satellites. Du Puy du Fou au Hellfest en passant par les ports de la côte et les grandes infrastructures, découvrez cette semaine les impacts sur le territoire de la démocratisation des loisirs et du tourisme ces cinquante dernières années.

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Au début du XXe siècle en Europe, les hommes consacraient 40 % de leur existence au travail. Un peu plus de 120 ans plus tard, ce chiffre est tombé à 14 %. Les responsables ? La hausse de l’espérance de vie, d’abord, la fin du travail des enfants, bien sûr, mais aussi la baisse de la durée de travail hebdomadaire et l’augmentation du nombre de jours de congés. Une évolution majeure que le sociologue Joffre Dumazedier analysait dès 1962, en se demandant, dans son ouvrage le plus célèbre, si nous ne nous acheminions pas Vers une civilisation du loisir ?

Nous n’en sommes pas encore tout à fait là. En 2020, selon les chiffres de l’Observatoire des inégalités, 42 % des Français ne partaient pas en vacances. Faute de moyens le plus souvent, la pauvreté et la précarité constituant toujours la principale barrière à l’accès aux loisirs, qu’il s’agisse de partir à l’autre bout de la France ou de s’acheter une place de cinéma. Pour autant, comme le notait Dumazedier, « le loisir des masses est un phénomène central de la civilisation contemporaine ». Un phénomène qui produit des effets sur tous les éléments de notre vie quotidienne : le travail, bien sûr, mais aussi la vie familiale, sociale, politique et économique. Et qui, fatalement, structure profondément le territoire.

C’est particulièrement vrai en Loire-Atlantique. Avec ses 68 kilomètres de plage pour 133 kilomètres de littoral, ses 8 186 emplacements pour bateaux de plaisance, ses 26 sites Natura 2000, ses 127 000 lits touristiques marchands (campings, hôtels, etc) et 10,5 % de ses logements qui sont en r . . .

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Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer le débat public.
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