Lopez et sa société française, tensions LR-UDI

Revue de presse du 20 janvier : quatre infos sur la région lilloise repérées par la rédaction de Mediacités.

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Revue de presse du 20 janvier : quatre infos sur la région lilloise repérées par la rédaction de Mediacités.

La DNCG accorde un délai à Lopez pour sa société française

Conséquence des révélations de Mediacités, Mediapart et France 3 sur les montages offshore de Gérard Lopez ? Le repreneur du Losc a obtenu in extremis de la DNCG – le gendarme financier du foot français – de ne pas présenter le 17 janvier comme prévu son plan de reprise du club nordiste. Rendez-vous a été pris une semaine plus tard. « Officieusement, il s’agit de (lui) donner (…) le temps de travailler sur la création d’une société française qui détiendrait le Losc » croit savoir L’Équipe, à l’origine de l’info. Car notre enquête a révélé que la société britannique initialement choisie pour acheter le club, Victory Soccer Limited, était « détenue à 100% par Chimera Consulting Limited, enregistrée à Hong Kong et elle-même détenue à 100% par Incredible Wealth (« incroyable richesse ») domiciliée à Tortola, aux Iles Vierges britanniques ».

Reste que la décision précipitée de créer une société repreneuse française ne règle pas le problème puisqu’elle sera contrôlée à 100% par… Victory Soccer Limited. Une « réponse ubuesque » écrivions-nous mardi. France 3 a confirmé jeudi le dispositif après avoir retrouvé les documents enregistrant la création de cette fameuse société française. Baptisée L Holding, elle a été immatriculée le 13 janvier à Paris et son capital constitué le 9 janvier. Soit une semaine avant nos révélations… qui ne sont donc pas à l’origine de cette création. Il n’y en a pas moins eu prise de conscience tardive d’un problème – à 11 jours de la date limite pour conclure l’opération (le 20 janvier) -, ce qui étonne 20 minutes: « Bizarre de s’en rendre compte maintenant alors que les discussions sur le rachat ont démarré il y a trois mois », note ainsi le site lillois.

Polémique sur le plan social à La Voix du Nord (suite) 

Les décodeurs du Monde passent au crible les arguments sur le rôle éventuel joué par la loi Travail dans le projet de suppression de 178 emplois à La Voix du Nord. Une polémique symbolisée par l’opposition entre Benoît Hamon et Myriam El-Kohmri, la ministre porteuse de la loi. Le Monde ne tranche pas vraiment sur le fait de savoir si le PSE a bien été retardé pour pouvoir bénéficier de l’entrée en vigueur de la loi Travail, le 1er décembre 2016. Mais il confirme que oui, la loi Travail permet désormais à une entreprise bénéficiaire – comme l’est le quotidien régional – de licencier. Une nouvelle disposition l’autorise à condition de pouvoir justifier d’une baisse du chiffre d’affaires durant au moins quatre trimestres consécutifs, ce qui est justement le cas de La Voix du Nord.

Cela dit, Le Monde rappelle aussi qu’une jurisprudence ouvre depuis une vingtaine d’années la possibilité de licencier sans pertes dans le but de « sauvegarder la compétitivité ». Sauf qu’elle n’offre aucune garantie d’être jugée applicable à La Voix du Nord. Quoi qu’il en soit, pour les salariés du quotidien régional, l’heure est désormais au rapport de force pour tenter de limiter au maximum le plan social. Une manifestation réunissant quelque 200 salariés s’est déroulée mercredi 18 janvier afin de « marquer le coup pour le début des négociations », selon une déléguée du personnel CGT citée par l’AFP.

Législatives : tensions à droite sur les investitures

La publication de la liste des investitures des Républicains pour les législatives de juin a mis l’UDI Hauts-de-France en émoi, raconte La Voix du Nord. A l’occasion d’un point de presse lundi, Valérie Létard, la patronne locale du parti centriste, a dénoncé  la « portion congrue » accordée à ses troupes (8 circonscriptions dont 2 reconductions). Et surtout la méthode qui voit les Républicains « dire qui est le bon candidat centriste dans les circonscriptions réservées ». Avec en plus des points durs comme à Roubaix « où l’investiture est promise à Léonard Delcourt, issu de l’UDI… à condition qu’il prenne sa carte LR », détaille La Voix. Décidée à « ne pas être des supplétifs désignés sur un coin de table », la vice-présidente de la région menace donc de dégainer sa propre liste si les Républicains maintiennent la leur en l’état. Un ultimatum dans lequel Gérald Darmanin ne veut voir « qu’un peu de théâtre, un peu de pression », tout à fait classique à quatre mois des législatives. Mais tout en laissant ouverte la porte des négociations, le maire de Tourcoing appelle l’UDI à faire le ménage chez lui : « Entre ceux qui vont voir Macron et ceux qui veulent une circonscription, on s’y perd », balance-t-il.

Une centaine de nordistes jihadistes

La Voix du Nord a publié cette semaine une enquête exceptionnelle en trois volets « pour prendre la mesure du phénomène djihadiste » dans la région. Une dizaine de journalistes a travaillé pendant plusieurs semaines, ce qui a permis d’identifier environ 70 individus, dont une quinzaine de femmes. Sachant qu’on estime à une centaine le nombre de nordistes partis combattre en Syrie (sur un total de 1100 en France). Bien que très peuplé, « le Nord ne fait pas partie des cinq départements français ayant “envoyé” le plus de ressortissants combattre », note le quotidien. La Voix du Nord a questionné la justice et rencontré des familles, permettant de dresser ou d’esquisser le portrait de ces jihadistes.

Parmi les chiffres de la délinquance et de l’insécurité en 2016 qui sont également tombés ces derniers jours, France 3 Nord Pas-de-Calais a par ailleurs sorti les statistiques d’apologie du terrorisme. Avec 4% des dossiers, le Nord arrive en 4e position, au même rang que la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine et le Rhône, mais derrière Paris (9%), les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône (5 %).

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Par Yves Adaken