Nouvelle année, nouvelle rubrique et plus d’infos pour les lecteurs de Mediacités… Chaque semaine nous vous présenterons un condensé de ces informations lyonnaises que nous avons recueillies ou qui nous sont passées sous les yeux, mais ne nécessitent pas forcément une enquête approfondie. Pas de promesse d’exhaustivité, mais un regard et des choix, personnels, parmi ce qui nous a interpellé, intéressé, ému ou fait sourire. Et que nous souhaitons partager avec vous. Comme souvent, nous testons, nous essayons et sommes prêts à remettre l’ouvrage sur le métier. Alors faites nous part de vos remarques et de vos commentaires, nous en tiendrons compte.

Bidule_carre_512pxCampagne de Macron : le retour de la ristourne

Décidément, les équipes d’En Marche ont le sens de la négociation. On connaissait déjà les cadeaux faits par le groupe lyonnais GL Events au président de la République pendant sa campagne, documentés par Mediapart et publiés sur Mediacités. Voilà désormais la ristourne de la Plateforme, péniche amarrée sur les quais du Rhône. Selon l’hebdomadaire satirique Les Potins d’Angèle, l’équipe d’Emmanuel Macron n’a déboursé que 996 euros pour y organiser une soirée le 7 septembre 2016, avec Gérard Collomb en invité de marque.

Problème : lorsque la fédération LR du Rhône a voulu louer le même bateau pour ses vœux 2019, la même Plateforme lui a réclamé 6814 euros, précise le journal, devis à l’appui. Une remise de 68% difficile à expliquer. Et qui aurait pu pour le moins appeler une remarque de la Commission nationale des comptes de campagne, qui a validé la facture les yeux fermés.

Un joli coup pour la droite locale, déjà à l’origine de l’ouverture en juin 2018 d’une enquête préliminaire par le parquet de Lyon sur un possible financement irrégulier de la campagne d’Emmanuel Macron. La fédération LR de la Métropole estimait que les moyens de la collectivité avaient été mis à disposition du futur candidat, notamment lors d’une réception à l’Hôtel de Ville en juin 2016. Signe d’une certaine confusion entre les équipes de Gérard Collomb et celle d’Emmanuel Macron : la facture de la Plateforme avait d’abord été envoyée par erreur à la Métropole, avant d’être renvoyée à En Marche.


Bidule_carre_512pxLa démocratie selon Laurent Wauquiez

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Dimanche, Laurent Wauquiez a coupé l’herbe sous le pied d’Emmanuel Macron, en publiant sur Facebook sa « Lettre à mes compatriotes pour retrouver le calme ». Une manière de capter à son profit le mécontentement des “gilets jaunes”, et de condamner au passage l’action des casseurs en marge des manifestations. « En démocratie, s’exprimer est un droit », écrit le président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le patron des Républicains ne croit pas si bien dire : vendredi 11 janvier, le tribunal administratif de Lyon a annulé son budget régional 2017. Motif : le président n’a pas respecté le droit d’amendement de l’opposition, Laurent Wauquiez ayant rejeté en bloc leurs propositions, sans les examiner une par une, comme le détaille le journal Le Monde. Une récidive, puisque le budget 2016 avait déjà été annulé par le même tribunal, du fait de l’insuffisance des informations données aux élus avant le vote. Promis, la prochaine fois, Laurent Wauquiez leur enverra une lettre.


Bidule_carre_512pxUne clef, deux serrures pour Laurent Wauquiez

Face aux caméras de France 3, le revoilà qui brandit la grosse clef en métal que vient de lui remettre la président de la Chambre du commerce et de l’industrie. Pour un euro symbolique, la région de Laurent Wauquiez a acté lundi l’achat des 8000 mètres carrés du Musée des Tissus (Lyon 2e). La fin d’un long feuilleton, après l’échec des propositions de la ville de Lyon pour sauver ce joyau du patrimoine local. La région prévoit des investissements importants pour la « renaissance » du lieu. Une exposition Yves Saint-Laurent est déjà prévue pour 2019. Mais, pour Laurent Wauquiez, l’opération doit surtout symboliser l’action de la région face aux atermoiements de la ville de Gérard Collomb. Rappelons qu’Etienne Blanc, son bras droit à la région, a déclaré sa candidature pour les municipales en 2020. Les clefs du musée, avant celles de la Ville ?

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Le musée de Tissus, dans le 2e arrondissement de Lyon. Photo : NB/Mediacités.


Bidule_carre_512pxLes vœux pieux de David Kimelfeld

Lui aussi cherche la clef, celle qui lui permettrait de déverrouiller le système Collomb, bâti en partie sur les “petits maires” de l’ouest-lyonnais (lire notre article à ce sujet). Après avoir été empêché de prendre la parole par Gérard Collomb la semaine dernière lors des vœux au 6e arrondissement, comme le relate Tribune de Lyon, le président de la Métropole David Kimelfeld est allé samedi souhaiter la bonne année aux habitants de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. Un choix tout sauf anecdotique : il s’agit de la commune de Marc Grivel, vice-président de la Métropole et patron du groupe Synergies-Avenir au Grand Lyon (30 conseillers sur 165).

Depuis quelques mois, les deux hommes mettent en scène leur rapprochement, avec à l’esprit une possible candidature de David Kimelfeld en 2020. Certains élus Synergies ne pardonnent en effet pas à Gérard Collomb sa promesse non tenue d’une réforme du mode de scrutin pour les prochaines élections métropolitaine. Le dispositif actuel affaiblirait considérablement la représentation des petites communes, regroupées par secteurs. David Kimelfeld s’est empressé d’aller dans leur sens, même si le président de la Métropole n’a aucune influence sur le mode de scrutin, fixé par la loi. Mais qui a dit que les bonnes résolutions devaient être tenues ?


Bidule_carre_512pxA la Guillotière, un collectif contre la gentrification 

Eux non plus ne veulent pas être rayés de la carte de la Métropole. Samedi, près de 150 personnes se sont retrouvées dans la salle des Rancy (Lyon 3e) à l'appel du collectif "La Guillotière n'est pas à vendre". Objectif, lutter contre « le processus de gentrification » qui frappe ce quartier populaire historique du centre de Lyon. Un secteur en « voie de boboïsation », comme le relatait déjà Mediacités il y a plus d’un an. En cause, selon les habitants, une politique délibérée de la Métropole, visant au « remplacement d’une population précaire par une population plus riche ».

Lyon Capitale, qui a assisté au débat, liste quelques angles d’attaque développés samedi pour inverser la tendance : imposer des réglementations plus contraignantes aux promoteurs, augmenter le nombre de logements sociaux, sanctuariser les parcelles appartenant aux pouvoirs publics, encadrer les loyers, interdire les expulsions sans relogement... Reste à se structurer pour espérer peser lors des prochaines municipales.

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« Les 1001 visages de la Guillotière »