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Le Vinatier paie la facture de l’austérité  

Qui va soigner les soignants ? Dans un rapport publié lundi, la Chambre régionale des comptes s’est penchée sur la situation de l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Bron. L’occasion de faire le bilan de la cure de désendettement et de la réorganisation menées au pas de charge à partir de 2010, date de la signature d’un « contrat de retour à l’équilibre financier » avec l’Agence régionale de santé (ARS).

Le rapport confirme – sans surprise – l’existence d’un mal-être persistant au sein du personnel du centre hospitalier, déjà documenté par Mediacités il y a deux ans (lire notre enquête). Les magistrats soulignent que le Vinatier ne s’est pas doté d’un projet médical, ni d’un projet d’établissement, des feuilles de route pourtant obligatoires.

Une « défaillance de pilotage », doublée d’une profonde réorganisation des services, qui « peuvent expliquer que le CHV est aujourd’hui particulièrement sujet aux risques psychosociaux », pointe le rapport. Le nombre d’heures supplémentaires par agent est ainsi deux fois plus important que la moyenne des établissements publics de santé, tandis que les visites médicales liées à une situation de souffrance au travail sont en hausse, notamment chez les médecins. Un personnel particulièrement « exposé aux violences », près d’un tiers des accidents du travail étant causé par une « contention-agression de malade » en 2016.

L’origine du malaise est clairement identifiée : « Le redressement budgétaire de l’établissement s’appuie classiquement sur l’augmentation des recettes et la maîtrise des charges », rappellent les magistrats. Avec un effort concentré « sur les seules dépenses de personnel », en particulier non médical. Faute d’un pilotage clair, « les économies sont réparties au prorata entre les pôles, à charge pour eux de les appliquer, ce qui met progressivement tous les secteurs en tension », résume la Chambre régionale des comptes, pour qui « la prévention des risques psycho-sociaux » est insuffisante au sein de l’hôpital.

Signe d’une tension persistante, une centaine de salariés de l’hôpital ont envahi mercredi 10 avril les locaux où devait se tenir le conseil de surveillance de l’établissement. Une partie du personnel s’était déjà mise en grève le 4 février pour protester contre un nouveau plan d’économies de 10 millions d’euros sur cinq ans annoncé par la direction. 


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Un Collomb s’accroche, l’autre s’en va 

Elections LyonA défaut d’être une surprise, c’est officiel. Le maire de Lyon Gérard Collomb souhaite reconquérir, l’an prochain, la présidence de la Métropole. « Oui, je serai candidat », a-t-il annoncé dans Le Progrès de ce dimanche. Fin du faux suspens, donc, et suite des hostilités entre le baron et son ancien dauphin David Kimelfeld, actuel occupant du poste et bien décidé à le rester. Matois, Gérard Collomb continue de tendre la main à son rival : « J’ai vu par le passé beaucoup d’élus qui n’étaient pas en accord avec mes positions et qui, in fine, s’y sont ralliés. »

Sur les dossiers, aucune annonce. Collomb fait du Collomb en ressortant les grands projets – gare souterraine à la Part-Dieu pour répondre au « nœud ferroviaire », périph' ouest (baptisé « Anneau des Sciences »), Lyon-Turin… Et sur le plan environnemental, il se montre toujours aussi timoré. Piétonniser la Presqu’île ? C’est non. La carte de Greenpeace sur la pollution dans les écoles et les crèches, que nous reproduisions dans l’Œil de la semaine dernière ? « Je ne suis pas sûr que Lyon soit le plus en retard. »      

Pendant ce temps-là, on apprenait vendredi dernier que l’épouse du maire de Lyon, Caroline Collomb, était suspendue de sa fonction de référente départementale de La République en marche (LREM). Officiellement, pendant la campagne des élections européennes, cette fonction n’est pas compatible avec le devoir de réserve qu’elle doit observer en tant que juge du tribunal administratif de Paris. C’est peu dire que la nouvelle a été accueillie avec soulagement dans les rangs des « marcheurs ». Depuis sa nomination, en octobre 2017, l’ex-patronne du mouvement dans le Rhône avait braqué de nombreux militants et un certain nombre de députés par ses méthodes jugées « autoritaires ».

Annoncé pour le 27 mai (au lendemain du scrutin), son retour est soudain devenu beaucoup plus hypothétique depuis dimanche. « Elle reviendra si nos amis le souhaitent…, a commenté son maire de mari dans Le Progrès, sans préciser à quelles personnes il faisait allusion. Elle n’est pas arc-boutée à cette fonction contrairement aux idées qu’on veut faire circuler. »


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A droite, l’union par étape  

Pendant ce temps-là (bis), le maire du 6e arrondissement Pascal Blache, qui rêvait de l’hôtel de ville de Lyon, a rangé au frigo ses ambitions au profit d’Etienne Blanc (lire le portrait que nous lui avions consacré en février dernier), investi par Les Républicains. « Ce n’est pas un deal, c’est une addition », d’après le candidat LR interrogé par France 3. Il soutiendra toutefois son nouvel ami, candidat à sa succession dans le 6e, où il est chahuté par une partie de sa majorité : « Je n’y vois que des avantages ». 

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Etienne Blanc et Pascal Blache. Image : capture France 3.

Toute la droite est désormais unie ? Que nenni ! De ce côté-là du jeu politique local aussi, le rassemblement n’est pour l’instant qu’une incantation. Etienne Blanc doit encore calmer les potentielles velléités du maire du 2e arrondissement Denis Broliquier. Enfin et surtout, le parti se divise sur le nom de celui qui mènera la bataille des élections métropolitaines, qui se dérouleront en 2020 pour la première fois au suffrage universel direct. D’un côté, le tempétueux maire de Rillieux-la-Pape Alexandre Vincendet ; de l’autre le placide sénateur François-Noël Buffet. « Il y a une différence de caractère et de comportement », résumait le second, lundi, sur LyonMag.com et Jazz Radio. La commission nationale d’investiture des Républicains pourrait trancher d’ici à la fin du mois.     


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Les Lyonnais, particulièrement généreux avec Macron  

Somme campagne MacronC’est la somme récoltée par Emmanuel Macron à Lyon pour le financement de sa campagne présidentielle entre le 17 mars 2016 et le 7 mai 2017. Soit, rapporté à la population, une moyenne de 45 centimes par habitant. Le chiffre est tiré d’une enquête du Monde consacrée à la chasse aux grands donateurs menée par les stratèges d’En Marche. La ville de Gérard Collomb – premier des soutiens de celui qui allait devenir Président de la République – arrive loin derrière Paris (plus de 5,6 millions d’euros) mais fait figure d’exception parmi les capitales régionales. Marseille ou Toulouse n’ont contribué à la campagne macroniste qu’à hauteur de 80 000 euros environ, Nantes à 52 000 euros.

Macron dons
Source : Le Monde

L’enquête du Monde révèle par ailleurs le poids de la diaspora française dans les finances macronistes. Les expatriés au Royaume-Uni ont ainsi versé 970 400 euros au candidat, ceux des Etats-Unis 340 600 euros.


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Dopage : arrestations musclées dans un laboratoire du Rhône

Que cachaient ses gros biceps ? Eric Favre, le fondateur d’un laboratoire des monts du Lyonnais et dix-neuf autres personnes ont été interpellés mardi 9 avril dans une affaire de trafic de produits dopants et de blanchiment d’argent. Huit ont été mis en examen par un juge d’instruction de Lyon.

Patron bodybuildé et médiatique du groupe éponyme, Eric Favre est « un poids lourd dans le milieu du culturisme français », précise L’Equipe. Son entreprise, le laboratoire Les Trois Chênes, basé à Villechenève (Rhône), est spécialisée dans les compléments alimentaires destinés aux sportifs et emploie près de 165 salariés. Le coup de filet a donné lieu à des interpellations dans le Rhône, mais aussi en région parisienne, à Bordeaux, à Nice, à Mulhouse, au Luxembourg et en Belgique, dont celle du PDG du laboratoire Hubert Jaricot.

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Eric Favre. Source : capture d'écran YouTube

La justice les soupçonne d’avoir mis en place un trafic international d’anabolisants, notamment au profit des athlètes de la « Team Eric Favre », la marque qui sponsorise de nombreux champions de culturisme, mais aussi de VTT, de trail, de rugby ou de MMA (arts martiaux mixtes). Plusieurs athlètes figurent parmi les personnes interpellées. Au cours des perquisitions, 134 000 euros en liquide et des produits anabolisants (stéroïdes, hormones de croissance…) ont été saisis et 200 000 euros bloqués sur des comptes bancaires. Les enquêteurs soupçonnent l’existence d’un système d’évasion fiscale, via deux holdings luxembourgeoises. De la gonflette financière en quelque sorte.


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Commerces : les restos ont la cote, pas les marchands de journaux

Le chiffre confortera sa réputation de capitale de la gastronomie. En 2017, l’aire urbaine de Lyon comptait 1084 restaurants de plus qu’en 2012. C’est l’un des enseignements du travail effectué par la cellule datajournalisme du Figaro, publié au début du mois. Sur la base des statistiques de l’Insee, le quotidien documente les ouvertures et fermetures de commerces, catégorie par catégorie, sur cette période de cinq ans pour l’ensemble de la France.

Dans l’agglomération lyonnaise, les restaurants (+23,5%) ne sont pas les seuls à se multiplier. C’est le cas aussi des supérettes (27,9%), à un rythme beaucoup plus élevé que la moyenne nationale, ou des coiffeurs (+13,1%). A l’inverse, 51 « librairies–papeteries–marchands de journaux » ont disparu ainsi qu’une quinzaine de bureaux de poste. Le nombre de poissonneries augmente. Mais, avec 31 adresses, reste très largement distancé par les boucheries (496 adresses).

Chiffres commerces
Source : Le Figaro 


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Post-scriptum : à Vénissieux, Pierre-Alain Millet fâché contre Mediacités 

C’est peu de le dire : Pierre-Alain Millet n’a pas apprécié notre récente enquête sur la Sacoviv, le bailleur social contrôlé par la ville de Vénissieux. L’élu communiste, deuxième adjoint de la maire Michèle Picard et président de la Sacoviv, a vivement réagi lors d’un conseil municipal la semaine dernière, s’en prenant nommément à notre journaliste. La retranscription de son intervention a été mise en ligne sur son blog.

Que nous reproche-t-il ?  « Un titre racoleur digne de Détective » – rien que ça ! –  et « de tirer sur l’ambulance ». Pierre-Alain Millet consacre une bonne partie de son propos à répondre aux critiques concernant l’état des appartements du bailleur, alors même que notre article n’abordait que succinctement ce point-là pour se concentrer sur le fonctionnement même de cette institution et ses (nombreuses) situations de conflit d’intérêts. « Le seul exemple de l’article [concernant] un marché dont un candidat était actionnaire de la Sacoviv, ce candidat a été perdant ! », affirme aussi l’élu en référence à l’entreprise Dalkia.

On ne saurait que trop conseiller à Pierre-Alain Millet de (re)lire Mediacités. Le marché qu’il mentionne (l’exploitation du réseau de chauffage secondaire) n’a été perdu qu’il y a quelques semaines après des années de conflit d’intérêts. Et les liens entre la Sacoviv et Dalkia ne sont pas les seuls à poser question comme nous l’avons longuement expliqué. A noter que le président de la Sacoviv ne conteste aucune de nos informations. C’est bien là l’essentiel, camarade !      

https://www.mediacites.fr/enquete/2019/04/03/a-venissieux-affaires-entre-camarades-episode-1-bailleur-social-coco-conflits-dinterets-a-gogo/