Bidule_carre_512pxVilleurbanne passé à l’insecticide

 Fallait-il asperger Villeurbanne d’insecticide ? La question se pose quelques jours après une opération de démoustication dans la partie sud des Gratte-ciel (entre les rues Louis Becker, du 4 août 1789 et Racine, ainsi qu’au square Jacques-Prévert). Après un cas de dengue relevé dans le quartier (maladie transmise par le moustique-tigre), l’Agence régionale de santé (ARS) a sorti les grands moyens : dans la nuit du 3 au 4 septembre, elle a missionné les équipes de l’Entente interdépartementale Rhône-Alpes pour la démoustication (EIRAD). Celles-ci ont vaporisé de l’Aqua-K-Othrine entre les immeubles.

bidule pesticide

Consignes avaient été passées auprès de la population du périmètre concerné de rester à l’intérieur jusqu’à une demi-heure après l’opération, de fermer les fenêtres, de rentrer mobilier de jardin et jeux d’enfants. Il faut dire que l’insecticide en question, commercialisé par le groupe Bayer, n’est pas sans conséquences. D’après la « fiche de données de sécurité » du produit, que Mediacités reproduit ci-dessous, l’Aqua-K-Othrine « peut être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires », « provoquer une allergie cutanée » et se révèle « très toxique pour les organismes aquatiques », entraînant des « effets néfastes à long terme ». Autrement dit : il nuit autant à la santé qu’à l’environnement. Il contient de la deltaméthrine, un composé chimique que l’on retrouve dans plusieurs pesticides utilisés dans l’agriculture, à « la toxicité élevée » selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) – voir ici la fiche du composé.

FDS - AquaK-Othrine

Du côté de la ville de Villeurbanne, citée par Le Progrès, on fait savoir que le seul établissement scolaire de la zone décontaminée, l’école Sainte-Thérèse, a été nettoyée ainsi que les squares Jacques-Prévert et des Anciens-combattants d’AFN. Pas de quoi rassurer tout le monde… Reprenant les caractéristiques de l’Aqua-K-Othrine, Bruno Charles et Béatrice Vessiller, conseillers métropolitains EEVL (la seconde est élue à Villeurbanne) ont interpellé par courrier l’ARS et la préfecture. « Les populations à risque, telles que les enfants et les femmes enceintes, ont-elles été prévenues spécifiquement ? », interrogent-ils. Les deux écologistes suggèrent aussi que des méthodes alternatives soient étudiées. Leur missive est pour l’instant restée sans réponse.


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Les gilets jaunes de Dentressangle

Il a investi les ronds-points, les discussions et l’agenda politique pendant des mois et des mois. Le gilet jaune, accoutrement imposé (sur les chantiers, dans les boîtes à gants des voitures, etc.) est devenu fait de société. Mais quel est cet objet ? D’où vient-il ? Qui le fabrique ? Qui enrichit-il ? C’est à ces questions que répond une passionnante enquête publiée dans le dernier numéro de la revue XXI (été 2019), écrite à la première personne – le gilet jaune s’adresse au lecteur. Les trois journalistes qui la signent ont tiré les fils du vêtement flashy des boutiques des zones commerciales françaises où on le vend à « 2,90 euros » aux usines du centre de la Chine, en passant par quelques paradis fiscaux et des fonds de pension.

XXI-gilet jauneSurprise : on croise dans ce périple un certain Norbert Dentressangle. Ce grand patron lyonnais secret – il s’exprime rarement dans la presse – est connu pour son ancienne flotte de camions rouges (quelque 8000 véhicules) floqués de son nom. En 2016, il revend sa florissante entreprise de transport à l’américain XPO Logistics pour 3,53 milliards de dollars, raconte XXI. La même année, il investit dans Worldwide Euro Protection, multinationale de commercialisation « d’équipements de protection individuelle », basée au Luxembourg – un paradis fiscal. Avec sa filiale française Euro Protection, elle se présente comme « un acteur majeur » de son secteur et vend, donc, des gilets jaunes, dont ceux de Norauto. Via deux holdings (Dentressangle Initiatives et Capextens), Norbert Dentressangle contrôle 58% de son capital. Autrement dit, la contestation sociale, synonyme de ventes de gilets, a fait les bonnes affaires de l’ancien transporteur, 55e fortune de France, selon Challenges. Ce n’est pas là le seul paradoxe soulevé par l’article de XXI. Egalement patron de l’institut de sondages Ifop, Norbert Dentressangle a vendu de multiples études d’opinion sur le mouvement. Gagnant sur les deux tableaux.   


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Kimelfeld, Villani : même combat ?

Elections 2020« Rien n’est réglé. » Aux commentateurs qui voient enterrée un peu trop vite la hache de guerre entre Gérard Collomb et David Kimelfeld depuis leur visite de rentrée côte à côte [lire l’œil de Mediacités du 27 août dernier], le second répond sans ambages dans une interview publiée ce lundi par L’Opinion. Le baron et son ancien dauphin, qui aspirent tous les deux à la présidence de la Métropole de Lyon pour après 2020, ont renoué le contact – « nous nous sommes rencontrés deux fois », confie au quotidien l’actuel patron du Grand Lyon – mais sans trouver d’accord. De nouveau, David Kimelfeld exhorte la commission nationale d’investiture (CNI) de La République en marche de trancher une bonne fois pour toutes le casse-tête lyonnais. « Je coche toutes les cases », avance-t-il pour plaider sa cause : « Une politique écologique » et un profil différent – « j’étais infirmier puis chef d’entreprise ». Que faire alors de Gérard Collomb ? Le cadet laisse entendre qu’il pourrait lui confier une sorte de poste de « ministre des affaires étrangères » du Grand Lyon, dédié au « rayonnement » et à « l'international », cher au maire de Lyon : « Cela fait partie des discussions que nous avons ».

Et si la CNI lui préfère, au final, l’ancien locataire de la place Beauvau ? « Je suis candidat à la présidence de la métropole pour poursuivre mon travail. Je ne veux pas croire que la décision sera différente. Si c’est le cas, il faudra alors peut-être écrire une autre histoire », rétorque « Kim ». Comme s’il « esquiss[ait] la menace d’une dissidence », interprète L’Opinion. Après Cédric Villani à Paris, David Kimelfeld, future épine dans le pied des Macronistes ?  

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David Kimelfeld et Gérard Collomb, le 27 août 2019. Photo : NB/Mediacités.


Bidule_carre_512pxCollomb a « une pensée » pour Barbarin

Avant l’interview dans L’Opinion, les deux frères ennemis de LREM ont partagé une messe. C’était dimanche dernier, à la basilique de Fourvière pour l’incontournable vœu des Échevins, tradition toute lyonnaise où se pressent le ban et l’arrière-ban des politiques du cru, au grand désespoir des défenseurs de la laïcité républicaine. David Kimelfeld et Gérard Collomb – qui s’est fait attendre, note Le Progrès – donc, mais aussi Laurent Wauquiez, les députés LREM Thomas Rudigoz et Anne Brugnera, le Premier adjoint Georges Képénékian ou encore le maire de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, Marc Grivel : une brochette d’élus ont assisté à la bénédiction de la ville par Monseigneur Michel Dubost.

« Pour la première fois depuis 2001, ce [n’était] pas le cardinal Barbarin » qui officiait pour l’occasion, souligne BFM Lyon Métropole. Celui qui reste archevêque de Lyon, mais s’est mis en retrait de la conduite du diocèse, attend, pour la fin de novembre, son procès en appel pour non-dénonciation d’agression sexuelle. « Vous ne pouvez pas passer autant d’années sans avoir une pensée [pour Philippe Barbarin] au moment où il se trouve dans la difficulté », a déclaré sur la chaîne d’infos en continu Gérard Collomb. 


Bidule_carre_512pxVinci plante sa tour à la Part-Dieu

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To-Lyon. Image Vinci Immobilier.

Après l’aéroport Saint-Exupéry ou la navette ferrée Rhônexpress, Vinci continue d’étendre son emprise sur Lyon en plantant un monolithe de 170 mètres au cœur de la Part-Dieu. D’ici à la fin de l’année 2023, la filiale immobilier du groupe, associée à Européquipement, construira la tour « To-Lyon ». Collomb, Kimelfeld et consorts en ont posé la première pierre ce lundi 9 septembre. Elle deviendra la deuxième plus haute de l’agglomération après Incity. Initialement, le projet baptisé « Two-Lyon » prévoyait la construction de tours jumelles à l’aplomb de la gare, sur l’emplacement de l’hôtel Athena. Dans sa version définitive, et avec un « w » en moins, il se limitera à un bâtiment de 43 étages, soit 66 000 mètres carrés de bureaux. Le groupe de protection sociale Apicil investira les lieux sur 20 000 mètres carrés. Mais, via l’acquisition de 60% de la société propriétaire de To-Lyon, il a pris le contrôle l’ensemble des surfaces. « Une démarche qui n’est pas sans rappeler celle de la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes à la fois propriétaire et occupant d’une partie de la tour Incity », relève Lyon Entreprises.