Bidule_carre_512pxVille de Lyon : les jardinières de la discorde

Elections 2020

Jamais pots de fleurs n’auront été si politiques… L’expérimentation menée par la ville de Lyon de « végétaliser » des rues de la Presqu’île comme Edouard-Herriot – comprendre poser des bacs géants plantés d’arbustes et de petites fleurs – tourne à l’orage. En juin, la présentation du projet avait fait bondir les associations de cyclistes : sur les vues en trois dimensions, les jardinières en question occupaient la quasi-totalité de la voie des bus et des vélos. Craintes confirmées depuis la rentrée : les amateurs de la petite reine et les autocars se retrouvent mêlés au flot de voitures de la rue Edouard-Herriot. « La Presqu’île est moins cyclable que le reste du territoire donc on demandait de véritables améliorations, au lieu de ça, on a un projet qui vient prendre notre place », tempête sur BFM Lyon Fabien Bagnon, co-président de La Ville à vélo. Pas top pour une mesure censée reverdir l’action municipale de Gérard Collomb…

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Rue Edouard-Herriot, le 23 septembre 2019. Photo : NB/Mediacités.

Ce lundi, en conseil municipal, l’opposition s’est engouffrée dans les pots de fleurs. « Le coup politique escompté s’est totalement retourné contre vous », attaque Stéphane Guilland en s’adressant au maire de Lyon. En faisant le lien avec les nuisances nocturnes, l’autre dossier polémique de la Presqu’île, le chef de file LR joue sur du velours : « Face à l’intranquillité du centre-ville, vous répondez à l’exaspération des habitants par quelques plantes vertes (…) Monsieur le maire, la colère gronde. »    

Missionné pour défendre les pots de fleurs, l’adjoint aux espaces verts Alain Giodarno réplique. Ou plutôt tente de justifier l’opération. Pour végétaliser en « milieu hostile » – comprendre quand les sous-sols sont trop encombrés pour planter en pleine terre – « les bacs sont la solution ». Mieux, la hauteur des jardinières présenterait l’avantage de protéger les végétaux des « agressions canines » – comprendre (bis) des crottes de chiens. L’avalanche de critiques contre les jardinières de Gérard Collomb n’a en tout cas pas découragé Etienne Blanc de proposer les siennes. Le candidat des Républicains à l’élection municipale de Lyon a présenté la semaine dernière son projet de « plus grande canopée urbaine végétale au monde » pour rafraîchir la ville. Comprendre (ter), d’après les visuels en trois dimensions diffusés, disposer d’immenses pots de fleurs sur les places des Terreaux ou le parvis de la Part-Dieu.


Bidule_carre_512pxNucléaire : distribution d’iode à l’Est

picto-nucleaire-1Si vous vivez à Meyzieu ou à Jonage, peut-être avez-vous déjà des pastilles d’iode dans vos tiroirs ? Depuis juin dernier, ces deux communes à l’est du Grand Lyon ont été intégrées dans le Plan particulier d’intervention (PPI) de la centrale nucléaire du Bugey, passé d’un rayon de 10 à 20 kilomètres. Cette extension est la conséquence d’une loi de 2016 [lire à ce sujet notre article de novembre 2018 : « Nucléaire : la métropole de Lyon aura son mot à dire sur la centrale du Bugey »]. Concrètement, les habitants des communes autour de la centrale reçoivent ces jours-ci un courrier avec un bon de retrait de comprimés d’iode en pharmacie. En cas d’accident nucléaire, ces pastilles sont censées protéger la glande thyroïde contre la radioactivité.

Cette distribution vient rappeler à une partie de la Métropole de Lyon la proximité de la deuxième plus vieille centrale nucléaire de France. Proximité pas franchement rassurante. Mediacités avait documenté en novembre 2017 et en octobre 2018 la fragilité du réacteur numéro 5 du site, pris en défaut d’étanchéité (l’enceinte de confinement, qui renferme le cœur du réacteur, présente une brèche, colmatée tant bien que mal par EDF). Pour les militants de Sortir du nucléaire Bugey, cités ce lundi dans Le Progrès, un PPI de 20 kilomètres demeure bien insuffisant : « Il faudrait l’étendre à 80 kilomètres. Mais cela conduirait à inclure Lyon [l’agglomération], soit deux millions de personnes en plus. (…) On imagine les problèmes de confinement, d’évacuation et de distribution d’iode qu’il faudrait résoudre ».    


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Avec Griffond, LREM prend la clef des champs

Sortir du panier de crabes lyonnais. La semaine dernière, les instances parisiennes de La République en marche (LREM) ont nommé Morgan Griffond, 28 ans, référent départemental du parti pour le Rhône. Maire de Saint-Pierre-la-Palud (2650 habitants), au sud de L’Arbresle, il succède à la très controversée Caroline Collomb, « en retrait » depuis l’élection européenne. En optant pour un élu rural d’une commune située en dehors de la Métropole de Lyon, les caciques d’En Marche ont tenté de s’extraire du duel fratricide entre le baron Collomb et son ancien dauphin Kimelfeld.

Exit donc l’adjointe au maire de Lyon Karine Dognin-Sauze, qui avait apporté son soutien à Gérard Collomb en juin dernier, ou encore Charles Florin, animateur du comité de la Part-Dieu (celui de la député Anne Brugnera qui brigue l’investiture pour l’élection municipale à Lyon), deux des six autres candidats. Charge à Morgan Griffond de recoller les morceaux d’un parti éparpillé entre différents clans avant les scrutins locaux de mars 2020. Une gageure... Le nouveau patron local de LREM est en tout cas spécialiste des noms d’oiseaux : il élève des volatiles exotiques – flamants roses, ibis rouges d’Amazonie, touracos d’Afrique (écouter ce reportage d’Europe 1) – pour les parcs et jardins zoologiques.


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Discrimination contre une avocate : la faute du bâtonnier

La décision a été prise au cœur de l’été et met en émoi les avocats lyonnais en cette rentrée 2019. Le 25 juillet dernier, le bâtonnier Farid Hamel a refusé de sanctionner un cabinet qui a annulé l’embauche d’une avocate en raison de sa grossesse, révèle Rue89Lyon. La nouvelle fait l’effet d’une bombe au sein d’un barreau qui se targue de lutter contre les discriminations et a provoqué une série de démissions parmi les responsables de l’ordre.

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A l'entrée du palais de justice de Lyon. Photo : NB/Mediacités.

Rembobinons. En décembre 2018, « une jeune avocate lyonnaise devait signer son premier contrat de collaboration », racontent nos confrères. Elle annonce, le jour de la signature, qu’elle est enceinte. En raison de « son indisponibilité », dixit les ex-futurs-employeurs, ceux-ci refusent de signer quoi que ce soit avec elle. Faute de conciliation entre les deux parties, l’avocate saisit le bâtonnier, qui « doit alors intervenir, dans ce type de situation, comme un juge prud’homme unique », écrit Rue89Lyon. Pour Farid Hamel, dans sa réponse à la plaignante, le cabinet a rompu les pourparlers en faisant « référence à un élément objectif », « l’annonce de votre indisponibilité pour une partie notable de 2019 ».

C’est peu dire que la position du bâtonnier laisse pantois. Une dizaine de membre de « la commission collaboration » (instance de conciliation du barreau), dont son président, ont annoncé leur démission pour marquer leur désapprobation. Le Syndicat des avocats de France et l’Union des jeunes avocats y vont aussi de leur communiqué : « Quel message cela fait-il passer à nos consœurs en recherche de collaboration ou en poste ? » Farid Hamel se défend en arguant qu’il n’a pas pris de position de principe mais qu'il s’est seulement prononcé sur un dossier. Inaudible pour l’avocate écartée à cause de sa grossesse. Elle a porté l’affaire devant la cour d’appel de Lyon.    


Bidule_carre_512pxTrès chère eau du Grand Lyon

Après la taxe sur les ordures ménagères, Canol, redoutable (et redoutée) association de contribuables, s’attaque au prix de l’eau dans la Métropole. Comme nous vous le racontions dans une enquête publiée en avril 2018, le Grand Lyon a confié la gestion de l’eau à une filiale de Veolia, baptisée « Eau du Grand Lyon ». En farfouillant dans les comptes administratifs, Canol s’est aperçue que la collectivité dégageait des excédents sur les budgets de l’eau et de l’assainissement. Autrement dit, la redevance payée par les usagers d’Eau du Grand Lyon est trop élevée.

L’association a sorti sa calculette et arrive au résultat suivant : depuis 2014, la Métropole a ponctionné 109,7 millions d'euros de trop aux foyers de son territoire. Rapporté à la consommation moyenne en 2018 (120 mètres cubes par an), le trop-perçu représente 67 euros par famille. A deux euros près, la somme équivaut au gain (65 euros) que pourrait espérer chaque foyer avec un retour de la gestion de l’eau dans le giron public, écrivions-nous l’an dernier. Le contrat de délégation qui lie le Grand Lyon et Veolia s’achève en 2023. En attendant, Canol réclame « le remboursement des sommes indûment perçues ».


Bidule_carre_512pxAnne Lorne à New York : Laurent Wauquiez veut « clarifier » la situation

Lundi, Lyon Mag révélait qu’Anne Lorne, conseillère régionale LR, habitait depuis peu à New York, où elle a suivi son mari. Un déménagement qui interroge sur sa capacité à mener à bien son mandat à une telle distance. D’autant que le site précise que, si l’élue s’est engagée à traverser l’Atlantique chaque mois pour les séances plénières, « ses collègues sont priés de ne pas trop compter sur elle » pour le reste des travaux assurés par les conseillers régionaux. Un peu léger pour une indemnité mensuelle de 2709 euros brut.

Laurent Wauquiez, le patron de la région, qui ne rate jamais une occasion de chanter l’exemplarité de sa collectivité, a donc dû déminer le terrain sur le plateau de BFM Lyon mardi matin. « On a des règles très précises : si un élu n’est pas présent, il n’a pas ses indemnités. Je vais avoir cet échange avec Anne, qui souhaite d’ailleurs clarifier la situation », a-t-il déclaré. Une clarification en forme d’ultimatum: « Soit elle peut nous faire un travail qui peut nous être utile pour des partenariats aux Etats-Unis et assister à toutes les séances au siège de la Région (…). Si, en revanche, elle ne peut pas le faire, il y aura une décision qui sera prise, que j’appliquerai avec la plus grande rigueur. Chaque élu doit être exemplaire et c’est son souhait à elle aussi », promet Laurent Wauquiez.

L’histoire ne dit pas si cette affaire signe la fin des ambitions politiques d’Anne Lorne au niveau local. Déléguée nationale de Sens Commun jusqu’en 2016, elle avait été candidate du mouvement politique issu de la Manif pour Tous dans la 1ère circonscription du Rhône lors des législatives de 2017. Pour 2022, on ne saurait lui conseiller la circonscription des français d’Amérique du Nord.