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Mineurs étrangers isolés : l'Etat met la main à la poche

chiffreMNA C’est, en euros, le financement exceptionnel que l’Etat doit verser à la Métropole de Lyon pour la prise en charge des jeunes migrants arrivés en France sans parent, ceux qu’on appelle, dans le jargon administratif, « les mineurs non accompagnés » (MNA). La somme – 2 454 000 euros précisément – a été fixée par un arrêté du 27 août dernier, repéré au Journal officiel par Mediacités [voir le document ci-dessous]. Elle est calculée sur la base de l’augmentation, entre 2017 et 2018, du nombre de jeunes étrangers bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance, synonyme pour la plupart d'entre eux d'une solution de logement et d'une scolarisation. Soit 409 mineurs pour la Métropole de Lyon. Ce chiffre recoupe, à une cinquantaine près, les effectifs que le Grand Lyon nous avait communiqués à l’occasion d’un précédent article : un peu plus de 1500 « MNA » pris en charge en 2018 contre 1064 en 2017.

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En valeur absolue, cette augmentation est la plus élevée de France, tous départements confondus (le Grand Lyon exerce sur son territoire les compétences d’un département). Et de loin. A titre de comparaison, dans les Bouches-du-Rhône (Marseille), ils n’étaient que 164 mineurs isolés supplémentaires, 179 en Seine-Saint-Denis ou encore 154 à Paris… trois fois moins qu’à Lyon. La somme débloquée par l’Etat pour aider la Métropole dans sa mission de protection de ces jeunes est loin d’être négligeable. Elle correspond à près de 70% de l’accord-cadre annuel (3,56 millions d’euros) qui lie la collectivité à son prestataire Forum réfugiés. Comme nous vous l’avions raconté au printemps, depuis avril 2018, l’association a été chargée par le Grand Lyon d’évaluer – non sans s’attirer un certain nombre de critiques – l’âge des jeunes migrants isolés présents dans l'agglomération.  


Bidule_carre_512pxPollution de l’air : le tribunal administratif de Lyon reconnaît une « faute de l’Etat »

bidule pollution 1Les juges lyonnais se mettent-ils au vert ? Mi-septembre, le tribunal correctionnel avait déjà rendu un jugement historique en relaxant deux « décrocheurs de Macron », estimant que l’urgence climatique invoquée par les prévenus était un motif légitime à leur action (voir L’Œil du 17 septembre). Dans un autre registre, le tribunal – administratif cette fois – de Lyon a reconnu le 26 septembre dernier « une faute de l’Etat » en matière de pollution de l’air (lire le jugement ici).

Le tribunal avait été saisi par une famille de Villeurbanne résidant à proximité du périphérique, dont le fils de 9 ans souffre d’épisodes de bronchites aiguës, d’asthme ou de toux grasses. Si le jugement reconnaît une amélioration de la qualité de l’air dans l’agglomération ces dernières années, il souligne néanmoins que des pics de pollutions, parfois longs, ont eu lieu régulièrement sur la même période. Ce sont ces pics qui démontrent, selon le tribunal, l’insuffisance des moyens mis en œuvre par l’Etat pour réduire les émissions de particules fines et de dioxyde d’azote, contrairement à ce que prévoient les directives européennes transposées dans le droit français. Le jugement a en revanche rejeté la demande d’indemnisation financière formulée par la famille, faute de pouvoir prouver un lien direct entre les troubles de santé de l’enfant et l’insuffisance de l’action de l’Etat.


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Prix du logement : la Métropole lance un office foncier solidaire

« Je ne veux pas être le président des 10 000 euros le mètre carré », prévient David Kimelfeld. Le président du Grand Lyon a encore un peu de marge : actuellement le mètre carré s’achète en moyenne un peu plus de 5000 euros à Lyon ou à Villeurbanne. Mais la question demeure : comment endiguer le prix du logement ? La Métropole a voté lundi la création d’un office foncier solidaire. Son principe est simple : il s’agit de « déconnecter le prix du logement de celui du foncier », revendique le Grand Lyon. Ce modèle a été mis en place à Lille depuis 2017 [lire l’article de Mediacités à ce sujet]

Concrètement, les bénéficiaires du dispositif ne devront pas dépasser un seuil de revenu, identique à celui du prêt social location-accession, déjà existant. Les ménages achèteront le bâti, mais paieront un « loyer foncier » (d’un montant maximum de 2 euros par mètre carré) au nouvel office, qui en restera propriétaire. Objectif : proposer un logement à 2780 euros le mètre carré, soit presque deux fois moins que le prix du marché.

La Métropole souhaite construire 450 logements par an via ce dispositif. Autant dire que la mesure ne résoudra pas à elle seule la tension de l’immobilier lyonnais. Une partie des élus écologistes et socialistes souhaiterait aller plus loin en instaurant l’encadrement des loyers, relancé à Paris depuis le début du mois de septembre. David Kimelfeld et ses équipes ont déjà fait savoir qu’ils y étaient opposés. « Les loyers restent raisonnables sur notre territoire », estime ainsi Michel Le Faou, vice-président à l’urbanisme et au logement du Grand Lyon.


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Plus de quatre sorties ciné par an et par Lyonnais

bidule-cinema cultureAlors que débutera le 12 octobre prochain la 11e édition du Festival Lumière, ce rapport tombe à pic. Le Centre national du cinéma (CNC) vient de publier « une géographie du cinéma 2018 », étude qui fourmille de chiffres sur la santé des salles obscures en France. On y apprend que la région Auvergne-Rhône-Alpes se distingue en matière d’Art et essai, avec 181 établissements classés dans cette catégorie, davantage qu’en Île-de-France (151 établissements). En 2018, les Lyonnais se sont rendus en moyenne 4,36 fois au cinéma, fréquentation sensiblement au-dessus de la moyenne nationale (3,13). Ces dix dernières années, dans l’agglomération des frères Lumières, 18 nouveaux écrans ont été mis en service, portant leur nombre total à 117. Enfin, signe d’une certaine vitalité du réseau, 604 films ont été présentés en avant-première l’an dernier à Lyon. C’est moins qu’à Paris (683 films), mais de peu, alors que la capitale compte plus de trois fois plus d'écrans (417).


Bidule_carre_512pxPrix de l’eau : Canol en route pour une nouvelle guérilla judiciaire

Bataille de l’eau, suite. Dans L'œil de Mediacités de la semaine dernière, nous vous racontions que Canol ouvrait un nouveau front avec la Métropole de Lyon, après celui de la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM). L’association de contribuables reproche à la collectivité les prix pratiqués par Eau du Grand Lyon (filiale de Véolia, délégataire de la gestion de l’eau pour le territoire). Elle réclame le remboursement aux usagers de 109,7 millions d’euros, somme qui correspond, selon elle, à un trop-perçu pour la période 2014-2018 [pour les amateurs du genre, voir le décorticage du dossier sur le site de Canol].

« Calculs erronés », lui réplique le Grand Lyon. Selon la rue du Lac, l’association ne prendrait pas en compte « l’intégralité de la section investissement ». La Métropole conteste aussi l’addition des budgets de l’eau potable et de l’assainissement. Pas de quoi désarmer Canol qui revient à la charge en ce début de semaine et réplique point par point. Son argument massue : sa démonstration sur le prix de l'eau repose, en partie, sur un arrêt du conseil d’Etat qui a servi de base à la justice administrative pour annuler les taux 2015 et 2016 de la TEOM. « On tient quelque chose et il est très probable qu’on porte l'affaire en justice, commente Dominique Gaillot, membre actif de Canol. Ce dossier pourrait prendre le même itinéraire que celui de la taxe sur les ordures ménagères… » A suivre.