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Métropolitaine : Kim enterre l’Anneau

Elections 2020Non, il ne s’agit pas d’un chapitre inédit de la saga de Tolkien mais du dernier épisode de la campagne métropolitaine. Après des mois (des années) d’hésitation, David Kimelfeld a tranché : il ne fera pas « l’Anneau des sciences » (ADS), le périph’ ouest. « Un projet d’une autre époque », considère désormais le président sortant du Grand Lyon, candidat à sa réélection, dans un entretien avec Lyon Capitale. Il y a trois semaines, le même tergiversait devant le Medef local [lire L’Œil de Mediacités du 19 novembre] : « L’Anneau ne se fera peut-être pas… ou alors très partiellement », évoquant la portion entre les portes du Valvert et d’Alaï.

Que s’est-il passé ces derniers jours pour précipiter la prise de position de David Kimelfeld ? « J’ai toujours dit que je me prononcerai quand j’aurais tous les éléments à ma disposition sur le financement ou sur la possibilité de créer des voies réservées aux bus, une fausse bonne idée », a-t-il avancé en conférence de presse ce lundi. Il était temps ! Son annonce intervient deux jours après celle de son adversaire François-Noël Buffet. Le sénateur LR qui brigue aussi la présidence du Grand Lyon plaide, dans les colonnes du Progrès, pour « un moratoire » : « Le principe de l’ADS est nécessaire, mais il me semble que l’existant n’est plus acceptable ». L’ancien maire d’Oullins prône notamment « un tracé plus large ».

« Kim » reprend donc la main sur le dossier, mouchant au passage, dans Lyon Capitale, son ex-mentor « qui pense prendre un temps d’avance avec une infrastructure qui a déjà 30 ans de retard ». « Gérard Collomb est aujourd’hui le seul candidat qui veut l’ADS », enfonce-t-il le clou. Et d'obliger ses soutiens, piochés dans les rangs de la Collombie, à renier ce qu’ils défendaient… « L’ADS a vécu, l’époque a changé », tentait ainsi de convaincre, ce lundi, Jean-Luc Da Passano, vice-président aux grandes infrastructures.

bidule metroLa question du périph’ bouclée (façon de parler), David Kimelfeld en a profité pour dégainer son plan transports en commun. Et il y en a pour tout le monde : prolongement du métro A jusqu’à Meyzieu, de la ligne B jusqu’à à Rillieux-la-Pape au nord et à Feyzin (en passant par la commune d’Irigny chère à Jean-Luc Da Passano) au sud, de la D jusqu’à Limonest, etc., etc. Ses propositions recoupent en partie « les projets secrets » du Sytral (le syndicat des transports en commun) dévoilés le matin même par sa présidente (pro-Collomb) Fouziya Bouzerda dans Le Progrès. Le candidat Kimelfeld propose de doubler, et même plus, le nombre de kilomètres du réseau de métro sur trois mandats – « Ce qui ne veut pas dire que je veux faire trois mandats », ironise-t-il. Bref, du lourd. Mais « la santé financière excessivement bonne » du Sytral, dixit le vice-président du Grand Lyon Michel Le Faou, autoriserait le recours à l’endettement. La note globale est estimée à 10 milliards d’euros. Deux fois et demi le coût de l'Anneau des sciences.


Bidule_carre_512pxMunicipales : Képénékian, prof de yoga

Elections 2020

À la rentrée 2018, il s’était empressé de lui « repasser le mistigri », selon ses propres termes. Quinze mois plus tard, le voici en lice pour le récupérer. L’intérimaire Georges Képékian, qui a remplacé Gérard Collomb pendant son bail gouvernemental à l'hôtel de ville, brigue le poste de maire de Lyon. Contre l’avis de son patron dont il est… le Premier adjoint. Voire contre son patron tout court si celui-ci officialise sa candidature à l’élection municipale en parallèle de la métropolitaine. Les subtilités de la vie politique lyonnaise…

La semaine dernière, « Képé » présentait à la presse, non pas ses listes, ni même ses têtes de liste dans les neuf arrondissements (ce sera pour janvier), mais son équipe pour mener la bataille. L’adjoint à la Culture Loïc Graber fera office de directeur de campagne, Anne Brugnera, de coordinatrice du programme. La députée LREM qui s’était rêvée maire de Lyon – elle avait candidaté à l’investiture de son parti avant d’y renoncer après la déclaration de candidature de Georges Képénékian – se retrouve au cœur du dispositif. Signe que son ambition municipale reste intacte, son discours (« notre projet », « nos listes ») sera aussi long que celui du capitaine. Enfin, au « pôle budget », on trouve Michaël Cazarian, le mari de la députée LREM du Rhône Danielle Cazarian.

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Georges Képénékian, candidat à la mairie de Lyon. Photo : NB/Mediacités

A 70 ans, l’ancien chirurgien urologue compte faire « respirer » cette ville qu’il « porte au cœur ». « Respirati()ns », avec des parenthèses à la place du « o » comme deux poumons, sera d’ailleurs le gimmick de sa campagne. Respirer « pour reprendre son souffle », « pour, chacun, aller à son rythme », « pour calmer les tensions », énumère le candidat. Un véritable manuel de yoga ! Mais il s’agit là d’une campagne électorale, donc concrètement ? Les propositions du candidat se limitent à des « directions » : environnement, créativité, hospitalité et renouveau démocratique. Pour le reste, prière de patienter. Et c’est logique, assume Georges Képénékian : il veut encourager chaque Lyonnais à participer à l’élaboration de son programme. « Il faut changer de méthode, partager le pouvoir », assène l’ancien lieutenant de Gérard Collomb.

Restera-t-il premier adjoint jusqu’en mars prochain ? « Oui, je n’ai aucun problème avec cela, on verra si le maire en a un », rétorque-t-il. Même si l’ancien ministre de l’Intérieur conduit les listes municipales ? « Ce ne serait pas très honnête – Gérard Collomb ne pense qu’à la Métropole – et ça ne clarifierait pas le débat, cingle Képé. Jouer la confusion… On voit bien quelle est la manip’ ! » Respirer…  


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Municipales : Broliquier, caillou dans la chaussure de Blanc

Elections 2020

Les vieux réflexes ont la vie dure. La droite se présentera finalement divisée à l’élection municipale de Lyon. Ainsi en a décidé Denis Broliquier. L’indéboulonnable maire du 2e – il tient la mairie d’arrondissement depuis 2001 – se lance dans la course et promet d’aligner des candidats dans les neuf arrondissements. « Mon expérience m'a donné une connaissance et un lien intime avec la ville de Lyon », a-t-il justifié, la semaine dernière, en dévoilant ses intentions. Comprendre : ce n’est pas le cas de son désormais adversaire Etienne Blanc, en provenance de Divonne-les-Bains.

L’union de la droite rêvée par ce dernier a vécu. Pendant des mois, le candidat LR a tenté de désamorcer la menace Broliquier. Pour exfiltrer l’ancien partisan de Charles Millon (un point commun avec lui), passé par l’UDI, il lui avait fait miroiter la tête de liste d’une circonscription métropolitaine. « Je n’en ai pas fini avec la ville de Lyon », avait rétorqué, piqué, Denis Broliquier, début octobre. « Le rassemblement », prôné jusqu’alors, à longueur d’entretiens, par le maire centriste, semblait compromis. C’est donc confirmé.

Pour 2020, le nouveau candidat déclaré compte se placer en dehors du clivage gauche-droite (« Aux élections locales, ça n’a plus de sens ») et mettre l’accent sur l’environnement, les transports ou « le développement à taille humaine ». Il promet enfin « une nouvelle gouvernance ». Ça, c’est pour Gérard Collomb. Aux précédentes élections municipales (en 2014), rappelle 20 Minutes, Denis Broliquier l’avait emporté dans son arrondissement avec 53 % des voix dans le cadre d’une triangulaire. C’était avec le soutien de l’UMP et de l’UDI. À voir, désormais, ce que pèse le maire du 2e sans étiquette.


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Municipales : à Vénissieux, grand écart de Blein et clash au PS

Elections 2020Les ennemis de mon ennemie sont mes amis. Pour déloger Michèle Picard de l’hôtel de ville de Vénissieux – et mettre fin à 85 ans de pouvoir communiste – Yves Blein opte pour la stratégie du grand écart. Le député LREM, ancien maire de Feyzin, désormais candidat dans la troisième ville du Rhône, a réuni derrière lui un attelage hétéroclite, de Mustapha Ghouila, représentant de Libres! (le parti de Valérie Pécresse) au socialiste Lotfi Ben Khelifa, en passant par l’UDI Maurice Iacovella. La démarche est assumée, voire revendiquée : « Nous n’oublions ni nos valeurs, ni nos convictions, mais nous considérons que le moment exige que nous nous réunissions pour rendre Vénissieux aux Vénissians et donner un nouvel élan à notre ville », affiche le site de campagne.

La démarche n’est pas du goût du Parti socialiste. La fédération départementale du parti a enclenché une procédure d’exclusion de Lotfi Ben Khelifa et mis la section vénissiane sous tutelle. Sur son blog, celui qui passe pour l’opposant le plus résolu à Michèle Picard n’a pas tardé à répliquer : « Notre ville n’est pas une variable d’ajustement ». Il y déballe l’arrière-boutique socialiste : « On m’a expliqué les règles subtiles des alliances, on m’a dit qu’il fallait à tout prix "sauver Villeurbanne" et pour ça,  sacrifier sans états d’âme Vénissieux par le biais d’une alliance parfaitement illogique » (à Villeurbanne, les communistes soutiennent le candidat PS Cédric Van Styvendael). Et de brocarder des « magouilles politiciennes ». Reste à savoir maintenant comment le petit monde réunit par Yves Blein cohabitera.   


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Précarité étudiante : le Cnous gèle les loyers

Après la tentative d’immolation d’un étudiant de Lyon-II et plusieurs manifestations pour dénoncer « la précarité étudiante », le Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires) consent à geler les loyers de ses résidences. Le geste restera symbolique pour une écrasante majorité d’étudiants. Comme nous l’avons documenté sur Mediacités dernièrement, à Lyon, moins de cinq d’entre eux sur 100 peuvent espérer décrocher un appartement dans une résidence du Crous.

« Ce gel des loyers va seulement empêcher que la situation s’aggrave en 2020 », réagit, dans Le Monde, Mélanie Luce, à la tête de l’Union nationale des étudiants de France (Unef). Le syndicat réclame une revalorisation des bourses à hauteur de 20 %, ce qu’exclut pour le moment la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal. De son côté, la Métropole a annoncé qu’elle proposera aux bailleurs sociaux du Grand Lyon d’appliquer ce gel à leurs logements étudiants, soit 3 600 places.


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Post-scriptum : sur l'hébergement d'urgence, la préfecture recadrée

Nous vous en parlions dans L'Œil de la semaine dernière : les professionnels de l'hébergement d'urgence s'alarmaient des nouvelles directives de la préfecture du Rhône, qui remettaient en cause, selon eux, l'accueil inconditionnel des sans-abris. Ils ont été entendus. Comme le relate Le Progrès ce mardi, le ministre du Logement Julien Denormandie a suspendu les mesures de restriction prises par le préfet Pascal Mailhos. « Nous demeurons vigilants. Les mesures sont seulement suspendues. Nous restons en attente d'une concertation », nuance toutefois le membre d'un collectif mobilisé sur le sujet.