Bidule_carre_512pxMunicipales 2020 : sur la sécurité, Laurence Garnier promet du... jamais vu

Bidule municipales 2020

C’est son thème de bataille depuis déjà plusieurs mois et elle ne compte pas le lâcher. Mardi 15 octobre, au lendemain du lancement officiel de la campagne de Johanna Rolland, Laurence Garnier dévoilait son « plan d’urgence pour la sécurité » à Nantes. L’un des sujets à propos duquel la maire sortante reconnaissait justement lundi soir qu’elle aurait pu « mieux faire ». Et du « mieux », c’est justement ce que propose la candidate Les Républicains à la prochaine élection municipale. Du « mieux » ou en tout cas du « plus », puisqu’elle promet, en cas d’élection, de doubler les effectifs de la police municipale en recrutant 115 nouveaux agents en trois ans, de les armer d’armes létales plutôt que de tasers, ou encore d’installer 100 caméras de vidéo-surveillance supplémentaires. Du « plus », donc, mais aussi du « moins », puisque ces mesures (chiffrées, tout de même, à une cinquantaine de millions d’euros sur le mandat) doivent lui permettre de réduire de « 30 % la délinquance à Nantes » en six ans, si elle est élue.

Un chiffre choc, qui sera indubitablement du meilleur effet sur le programme de campagne. A condition, bien sûr, d’oublier qu’en matière de délinquance, ce genre de statistiques est à manier avec de longues pincettes, tant les facteurs à prendre en compte sont nombreux et instables. A condition aussi d’oublier qu’une telle « politique du chiffre », longtemps prônée par Nicolas Sarkozy, a plutôt fait la preuve de son inefficacité, comme le rappelait notamment cet article du JDD, en 2013.

Néanmoins, puisque ce chiffre est lancé dans la campagne, nous avons cherché à savoir à quoi il correspondait. Eh bien, si l’on s’en tient aux données publiées annuellement par la Direction centrale de la police judiciaire, il signifierait que le nombre de crimes et délits enregistrés par la police dans la zone de sécurité de Nantes passerait de 43 515 en 2018 à 30 461 en 2026, à l’issue de la prochaine mandature. Un niveau jamais vu depuis près de 15 ans, date jusqu’à laquelle on dispose de ces statistiques… Date à laquelle la ville de Nantes comptait environ 20 000 habitants de moins et la Métropole environ 50 000 de moins. Autant dire que les futurs nouveaux agents de la police municipale - qui ne sont d'ailleurs pas compétents pour s'occuper de la plupart des crimes et délits, comme les affaires de drogue, de cambriolage ou de grand banditisme - risquent d’avoir du travail…

 


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Nantes en commun, les Insoumis et la force du nombre

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Si Johanna Rolland a effectué ce que Presse-Océan appelle une « démonstration de force », en réunissant entre 500 et 700 personnes lundi soir pour son lancement de campagne (lire notre article), que dire de “Nantes en commun” ? Le week-end précédent, le mouvement agglomérant collectifs citoyens et militants de La France Insoumise rassemblait près de 800 personnes, selon l’AFP (600 d’après Presse-Océan) pour ses États généraux. « Une sacrée performance, reconnaissait un élu de la majorité municipale en début de semaine. D’autant qu’il s’agissait là de militants prêts à s’engager et à mettre les mains dans le cambouis de la campagne, contrairement au meeting de Johanna Rolland, où l’on trouvait plutôt des notables et les réseaux socialistes ou municipaux. »

La manifestation a réjoui la députée européenne La France Insoumise Manon Aubry. « Nantes est un exemple de dynamique citoyenne pour les villes de France », explique l’ancienne tête de liste (LFI) aux Européennes. Et la parfaite illustration de la stratégie adoptée par le parti mélenchoniste pour ces municipales. Comme le rappelle l’AFP, le leader des Insoumis l’expliquait à ses troupes en juin dernier : pour LFI, ces élections « ont du sens en tant que préparation à l'auto-organisation populaire que nous souhaitons dans tout le pays, jusqu'à l'élection de 2022 ». En clair, faute de solides implantations locales, elles ne représentent pas un enjeu pour le parti, mais plutôt l’occasion de mobiliser en vue de la… présidentielle. Dont acte ! A Nantes, La France Insoumise laissera la tête de liste à un représentant de la société civile et se contentera de deux places parmi les dix premières de la liste, rapporte à l'AFP Arthur Créhalet, le chef de file LFI à Nantes. Qui espère de « fructueuses discussions » avec les écologistes. Une hypothétique alliance qui pourrait causer quelques sueurs froides à Johanna Rolland, en vue du premier tour.

 


Bidule_carre_512pxMunicipales 2020 : quand Valérie Oppelt apprend à être candidate

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« Surtout, restez agiles ! » C’est le dernier conseil donné par les formateurs d’En Marche à Valérie Oppelt. Comme une petite trentaine de candidats du parti présidentiel, la députée et tête de liste LREM à Nantes s’est initiée, le 10 octobre dernier, à l’art et la manière de mener une bonne campagne municipale. Une journée complète de formation à laquelle une équipe de franceinfo.fr a pu assister partiellement (l’après-midi, réservée à l’apprentissage de la communication, était interdite à la presse). Dans une ambiance très « nouveau monde », on y apprenait donc à coup de PowerPoint comment « définir sa stratégie », « classer ses objectifs dans une matrice », « allouer au mieux ses ressources », etc. Des méthodes « très entreprenariales », explique la journaliste Margaux Duguet, qui ont eu l’heur de plaire à la députée nantaise. « On a reconnu l’esprit du mouvement avec ce côté entreprise que j’apprécie, explique-t-elle. Une campagne, cela ressemble à du management de projet, ce sont les méthodes et l’ADN d’En Marche. » Maintenant qu'on sait la candidate macroniste rompue au « management de projet », nous n’attendons plus... que le projet.

 


Bidule_carre_512pxDes pesticides dans l'eau potable à Nort-sur-Erdre

C’est Presse-Océan qui le révèle dans son édition du mardi 15 octobre : l’eau potable de Nort-sur-Erdre, à une vingtaine de kilomètres au Nord de Nantes, contient des traces de pesticides. Une concentration inférieure au seuil de risque, certes, mais tout de même de deux à quatre fois supérieure à celle autorisée par les normes européennes. Le produit mis en cause est un désherbant classé « cancérogène possible », le S-metolachlore, principalement utilisé pour venir à bout des mauvaises herbes du maïs, du tournesol ou des haricots verts. Interrogé par le quotidien, le directeur du syndicat de gestion des eaux Atlantic’Eau tempère : « Certes, la norme est dépassée, mais il n’y a aucun danger pour la population ». Avant de reconnaître qu’il y a « un débat sur un possible effet cocktail ».

Cette affaire rappelle celle que nous avions révélée il y a un an sur la pollution aux pesticides des eaux de la nappe phréatique de Campbon, qui alimente la Communauté d’agglomération de Saint-Nazaire. Une affaire qui rappelle surtout l’état parfois déplorable des eaux de la Loire-Atlantique. Celles du bassin de la Goulaine (voir L’œil de Mediacités du 10 octobre), celles des zones de Guéméné-Penfao ou de Blain, comme l’évoque Presse-Océan. Ou encore celles de Pornic, où 208 jours de dépassement des normes ont été enregistrés en 2017, comme le rappelait récemment l’UFC-Que Choisir de Nantes. En mars dernier, l’association de consommateurs s’alarmait ainsi de la dégradation de la qualité de l’eau potable dans plusieurs territoires du département, pointant non plus des « dépassements épisodiques », mais « un problème durable de qualité ».

https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2018/10/18/saint-nazaire-leau-quon-croyait-si-pure-polluee-aux-pesticides/

 


Bidule_carre_512pxBon anniversaire Ouest-France !

Il y a 75 ans, les troupes alliées libéraient progressivement la France et avec elle une bonne partie de sa presse, nationale comme régionale. Résultat, les anniversaires s’enchaînent. Après avoir fêté celui de Presse-Océan, la semaine dernière, c’est celui de Ouest-France que nous célébrons aujourd’hui. Pour l’occasion, le premier quotidien national (660 000 exemplaires diffusés chaque jour) publie une édition spéciale de huit pages, consacrée à son histoire. Un numéro collector à retrouver chez tous les marchands de journaux. Alors, encore une fois, bon anniversaire Ouest-France et vive la presse plurielle et diverse !

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer le débat public.